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Husk of Eden – Tomes 1~4

Husk of Eden – Tomes 1~4 Éditeur : Doki-Doki
Titre original : Husk Eden
Dessin : Yoshinori KISARAGI
Scénario : Yoshinori KISARAGI
Traduction : Virgile MACRÉ
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 07/09/2016

De grands et sombres dangers planent sur l’antique cité d’Eldorado, dominée par « Ziggurat », la tour sacrée. Pourtant protégée par ses trois rangées de rempart, cette dernière est la cible de nombreuses attaques répétées et inexpliquées par des rebelles. Le gouvernement mondial envoie des troupes à la protection de l’édifice qui semble renfermer bien des secrets… Hommes ou femmes, les jeunes soldats affectés sur place devront être prêts à tout sacrifier, au risque de voir leurs rêves d’amitié brisés.

spoilers

Plus d’un an et demi après la sortie du tome 3 (sorti en février 2015), Doki-Doki peut enfin proposer la fin de la série Husk of Eden à son public français.
Retour sur une série qui tente des choses différentes et offre une véritable réflexion sur la guerre et toutes ses séries.

Dans sa série, Yoshinori KISARAGI tente un concept particulièrement intéressant, celui d’un titre où le personnage principal change en permanence. Ainsi, chaque volume s’organise en petits arcs qui suivront l’évolution d’un personnage de la même armée.
Leur but : défendre la Ziggurat (non, ce n’est pas ce que vous pensez !), sorte de citadelle sacrée, érigée (je vous ai dit que non !) au milieu des ruines de l’ancienne capitale mondiale.

Ce concept fonctionne particulièrement bien et le lecteur est amené à créer ses repaires dans l’entourage direct du héros de chaque arc et aussi dans le contexte que l’on nous martèle sans cesse par des rappels narratifs incessants (un peu de subtilité aurait été bienvenue).
Le monde créé semble assez impitoyable et c’est logique, la guerre ne fait de cadeaux à personne et encore moins à ceux qui combattent. Tout tourne autour de la fameuse Ziggurat (mais vous allez arrêter avec votre esprit mal tourné ?!), symbole de pouvoir d’un gouvernement mondial oppresseur que les rebelles cherchent à attaquer et à détruire.

Dans une série à héros variable, l’accent est bien sûr mis sur les personnages. Prenons par exemple Lily, soldat parmi d’autres mais qui marque les esprits par son style qui ne correspond pas au lieu dans lequel elle se trouve. Ex-prostituée devenue guerrière suite à la mort de toutes ses amies, assassinées par de riches clients, son caractère enjoué dénote totalement avec le climat de guerre de la citadelle.
Un peu perdue dans cet univers qui n’est pas le sien, elle n’hésite pas à faire preuve d’humour dans ce monde impitoyable où la mort est omniprésente. Cette intégration du comique dans un contexte qui paraissait très sérieux peut rendre le lecteur dubitatif au début mais très rapidement, on se rend compte rapidement compte que le mangaka sait ce qu’il fait et le tout s’intègre plutôt bien.

Même si on se doute que le changement de personnage principal impliquera forcément quelques drames, KISARAGI réussit presque à nous faire croire que certains de ses personnages vont s’en sortir et leur trépas apparaît comme une véritable surprise.
Inutile de débuter la lecture d’un arc en se disant « Je m’attacherai pas à ce personnage, je ne me ferais pas avoir encore une fois ! » puisque l’auteur sait exactement comment créer la sympathie pour ses héros. Que ce soit par des détails ou par un background fouillé, il fait mouche à chaque fois et il est difficile de ne pas ressentir un petit pincement au coeur à la fin de chaque arc.

Le mangaka ne se concentre pas que sur les défenseurs d’Eldorado et c’est à partir du volume 3 que l’on pourra découvrir leurs ennemis : le camp de Gad Siméon. Ce dernier se montre plus sauvage que l’on aurait pu le penser en contrôlant les entrées et sorties dans son quartier général d’une main de fer… Gad Siméon est violent, froid et se montre particulièrement intransigeant lors des négociations. Impossible de raisonner avec un tel homme qui n’agira que pour l’avancement de ses idées.

À travers ses planches, l’auteur diffuse une image de la guerre particulièrement violente. Peu importe le côté duquel on se place, les cadavres s’amoncellent et les dirigeants sont aussi bornés les uns que les autres, de quoi laisser aux pions plus que les yeux pour pleurer et le champ de bataille pour mourir au service d’une cause qui leur est inconnue la plupart du temps (du moins, ils n’ont jamais vraiment de détails).

Au niveau du dessin, le trait reste globalement beau même si on peut avoir l’impression qu’il manque des éléments sur certaines planches mais ça reste très mineur. Si vous regardez bien, dans le tome 2, quand Lily prend Lam dans ses bras, la deuxième fille n’apparaît pas dans la deuxième case.
KISARAGI se rattrape avec quelques double-pages qui valent le coup d’oeil et un chara-design sympathique et ce, malgré son côté très classique.

L’édition, c’est du classique pour l’éditeur. Est-il vraiment nécessaire de revenir sur le bon travail (à tous les niveaux) proposé depuis maintenant plusieurs années ?
On retrouve ainsi un ouvrage souple et bien dosé dans le poids du papier, des pages en couleur lorsqu’elles existent, une impression nette et sans bavure et une traduction fluide (avec de nombreux termes techniques). Bref, il n’y aucun doute à avoir en ce qui concerne le travail de l’éditeur au coeur palpitant.

Husk of Eden est une série qui, au final, reste plus qu’agréable à lire grâce à son récit bien mené et à ses personnages vraiment attachants. Doki-Doki s’est vraiment trouvé une bonne série, difficile par moment mais qui dépeint la guerre et les sentiments des soldats avec talent.

Guerre et... Paix ?

Graphisme - 72%
Histoire - 64%
Mise en scène - 86%
Originalité - 72%
Edition - 75%
Dans son genre - 77%

74%

Soldat

Husk of Eden est un titre qui ne brille pas forcément par la nouveauté de son scénario mais plutôt par l'originalité apporté par son utilisation intelligente de personnage attachants et sa mise en scène peu commune. Le titre de KISARAGI est une petite série courte mais intense que l'on ne peut que vous conseiller de tester !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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