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Hunter X Hunter – Tome 34

Hunter X Hunter – Tome 34 Éditeur : Kana
Titre original : Hunter X Hunter
Dessin : Yoshihiro TOGASHI
Scénario : Yoshihiro TOGASHI
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 6.85 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 17/11/2017

Hisoka et Kuroro se livrent un combat à mort dans l’arène de la tour céleste !! Kuroro déploie de nouvelles facultés et pousse Hisoka dans ses derniers retranchements. Qui sortira vainqueur de ce duel au sommet ?! De son côté, Kurapika, en compagnie des princes héritiers de Kakin, a embarqué sur le navire qui doit les conduire sur le continent caché. Mais à peine les amarres larguées, des morts suspectes sont révélées…

Quand certains se plaignent du rythme de One Piece et de ses 3-4 tomes par an, les fans d’Hunter X Hunter doivent patienter des mois voire même des années avant de pouvoir relire un tome complet. Pourtant, ces derniers reviennent toujours, inlassablement et quand on sait à quel point Yoshihiro TOGASHI est un génie, comprendre devient tout de suite beaucoup plus facile.

Après l’arc des fourmis qui aura duré plusieurs années (à cause des fameux hiatus dont l’auteur a le secret), le mangaka semble vouloir faire des arcs narratifs un peu plus courts avant d’en attaquer un bien plus long et bien plus complexes.
Ainsi, après les tribulations au conseil des hunters et avant d’entamer un (probablement très) long voyage pour le continent inconnu, il va réaliser le rêve de nombreux fans de la série en organisant un combat à mort entre Hisoka (le « clown » psychopathe inspiré de Dio, personnage clé de Jojo’s Bizarre Adventure) et Kuroro, le chef de la brigade fantôme qui avait réussi à s’attirer toute l’animosité d’un certain Kurapika.

Hunter x Hunter oblige, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de traditionnel, que ce soit au niveau de la mise en scène mais aussi du déroulement du combat. TOGASHI prend le lecteur au dépourvu en démarrant son combat par… 2 chapitres (quasiment) d’explications ! Il y a un peu d’action, il en fallait bien pour illustrer rapidement les dires de Kuroro mais il n’y a rien de vraiment fou. Certains diront que, tel un moteur diesel, le démarrage est un peu long.

C’est très mal connaître l’auteur qui adore les règles et contraintes puisqu’elles l’aident à pimenter ses combats et à limiter un peu les forces des différents ennemis.
Quiconque connaît un minimum Hunter X Hunter sait que l’une des choses les plus importantes lors d’un combat de nen, c’est la surprise liée aux pouvoirs de chacun. Un peu comme dans Jojo’s Bizarre Adventure d’Hirohiko ARAKI, connaître la capacité de l’ennemi permet de chercher une faille et donc de la contrer. Il est donc assez étonnant de voir Kuroro tout balancer aussi facilement. Il y a quelque chose qui « pue » dans l’attitude du chef de la Brigade.

Très rapidement, on comprend que c’est par suffisance qu’il n’hésite pas à divulguer autant de détails sur ce qu’il peut faire. Kuroro apparaît en permanence comme sûr de gagner. Il n’a aucun doute sur sa victoire face à Hisoka et ce, depuis les premiers instants du combat (on imagine même qu’il n’en a jamais douté avant non plus).
Il connaît aussi la capacité de base du Pansy Gum de son adversaire mais c’est justement ce qui devrait le faire douter. Le pouvoir d’Hisoka est tellement versatile que personne ne peut vraiment imaginer comment ce dernier va l’utiliser en combat.
Qu’est-ce qui lui permet d’être aussi certain de triompher ? En réalité, Kuroro a déjà tout prévu. Son plan est tellement bien huilé dans sa tête qu’il sait exactement quelles capacités utiliser, quand les utiliser et comment le lieu du combat va pouvoir lui permettre de le faire avec un taux de réussite maximum.

Le chef de la Brigade ne sous-estime pas Hisoka, il ne ferait pas une erreur aussi stupide. Au contraire, il va considérer tous les cas de figure possibles et imaginables pour savoir exactement ce dont il a besoin. Rien que ses révélations de début de combat le confirment, il connait déjà l’issue du combat sans quoi il n’aurait pas pris la peine d’expliquer (même s’il n’est pas totalement honnête) toutes ses techniques à son adversaire (ce qui, en théorie, l’aurait mis dans une situation plus défavorable que favorable).

Eh oui, même avec un volume de pur fan service, TOGASHI arrive à mettre une belle claque au lecteur qui s’attendait à quelque chose de traditionnel. L’avant, le pendant et l’après… Tout est tellement bien pensé qu’on oublierait presque que l’on se trouve dans un shônen, effet que peu d’auteurs parviennent à provoquer.

La traduction est l’un des points les plus importants puisque pour un shônen comme Hunter X Hunter, verbeux à souhait (mais dans le bon sens du terme), il ne faut pas passer à côté des explications données par Kuroro sur ses différentes capacités. Sachant qu’il en utilise plusieurs et qu’il n’hésite pas à tromper la vigilance d’Hisoka (et donc du lecteur) lorsqu’il décrit leur fonctionnement, il fallait vraiment que le plus grand soin soit accordé à la retranscription de ses paroles dans notre langue.

Avec le travail de Thibaud DESBIEF, on peut dire que c’est chose faite. Ce qui est intéressant, ce n’est pas la première lecture mais plutôt la seconde (ou la troisième, tout dépend de votre compréhension du fonctionnement des techniques de Kuroro basé sur les actions dessinées et ce qu’il dit). On ne peut se rendre compte des efforts du traducteur que lorsque l’on revient sur le combat après une première digestion.
Les fourberies de langage de Kuroro deviennent alors apparentes et on voit comment le personnage a pu mentir (par omission si on veut) à travers les mots utilisés pour éclaircir le fonctionnement de ses pouvoirs. Le résultat est vraiment à la hauteur de nos espérances et on ne peut que saluer cet excellent travail qui a du demander pas mal de relectures et de réécritures à DESBIEF !

Si Kana n’a jamais caché son amour pour les ouvrages souples (leurs titres adoptent cette forme depuis leurs débuts), ce tome d’Hunter X Hunter garde la même fabrication que les précédents et n’est donc pas aussi souple que les dernières productions de l’éditeur (comparez-le avec un tome de Boruto ou même un Batman & The Justice League et vous verrez la différence…).
À noter le petit bonus de fin de tome avec l’explication/analyse de l’auteur sur son propre combat qui n’apporte pas énormément mais qui vient quand même donner une bonne idée sur la façon de procéder du mangaka.

Parole de sage : "Profitons de ce volume avant la disette qui s'annonce"

Graphisme - 86%
Histoire - 80%
Mise en scène - 92%
Originalité - 86%
Édition - 70%
Dans son genre - 93%

85%

Shônen rare

Hunter X Hunter, c'est un vrai petit bijou, un shônen comme il n'y en a aucun autre. TOGASHI ose tout pour le plus grand plaisir de son lecteur et même quand il produit (presque) 200 pages de pur fan service, il réussit à faire quelque chose d'exceptionnel. Si avec ça, vous n'avez toujours pas envie de vous y mettre, il sera difficile de vous convaincre !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

5 commentaires

  1. Desbief est un guignol. Incapable de retranscrire des noms correctements, aucun travail d’adaptation apres 20 ans dans le milieu. Mikuaelku pour Michael. Jamais aucun effort. Dans Hxh les noms des personnages sont imprononçable tellement le mec s’en fou complet.

    • Ours256

      Je crois que tu sous-estimes complètement la difficulté d’une traduction mais aussi de transcription (pour les noms). Je t’invite à lire notre dossier qui te donnera une meilleure idée du niveau nécessaire pour faire ce que font des gens comme Desbief. Maintenant, si tu crois qu’il est incapable de transcrire les noms, je te conseille de jeter un oeil au Data Book d’Hunter X Hunter et tu verras comment Togashi les retranscrits (je te laisse deviner quel personnage est Qowruf). Desbief, que tu le veuilles ou non parvient à retranscrire les sons décidés par l’auteur de sorte à ce que le lecteur français puisse le lire comme il est censé être lu (ou presque).

  2. Je ne suis pas d’accord concernant la note pour les dessins : je les trouve vraiment pas terribles et brouillons (il suffit de voir brides stories qui fait beaucoup mieux). Mais bon, chacun ses gouts ^^

    • Ours256

      Pourtant, le style de Togashi est exceptionnel d’efficacité et est d’une précision assez effrayante. Regarde un peu le niveau de détail dans la foule et la gestion des mouvements. Perso, je trouve ça impressionnant 🙂

  3. Idamaru Hokiriyama

    Rien d’exceptionnel à rajouter, juste que j’ai surkiffé car comme je l’imaginais kuroro a dominé le combat sans aucune crainte de perde… Magnifique encore est ce tome. Une fois de plus Bravo Yoshihiro

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