Horion – Tome 1

Horion – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Horion
Dessin : Enaibi
Scénario : Aienkei
Prix : 6.9 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 02/05/2018

La cité interdite est un lieu dangereux, c’est du moins ce que raconte la rumeur. Koza n’ignore pas ce danger mais il est prêt à le braver pour retrouver son grand frère. Plein d’espoir, il se lance à sa recherche sans se douter qu’il suit les traces d’un fantôme…

En 2018, Glénat met le paquet sur la création française et propose une diversité remarquable. Horion, d’Enaibi et Aienkei est le dernier shônen sorti des fourneaux (juste après Tinta Run et Versus Fighting Story) même si les auteurs font le teasing du titre depuis plusieurs mois sur Twitter.

Alors que Tinta Run faisait le choix d’une exposition en mots, Horion va plutôt le faire en images. Logique pour une bande dessinée, me direz-vous ? Pour le coup, il faut avouer que oui, c’est quelque chose qui semble naturel mais que beaucoup d’auteurs de global mangas semblent oublier.
Désireux (et c’est tout à leur honneur mais aussi peut-être lié à des contraintes éditoriales) de montrer un univers complexe dès le départ, ils ne se disent pas  que trop d’informations d’un coup est souvent difficile à digérer pour le lecteur.

Ici, l’idée, c’est plutôt de laisser les choses se développer. Les auteurs ne veulent pas trop en faire, au contraire. Ils préfèrent voir les personnages se développer naturellement et donc montrer une évolution qui servira à mettre le monde en place plutôt que de balancer des tonnes d’explications en quelques pages.

Grâce à cette décision, le rythme est bien meilleur et ce premier tome (long de 224 pages quand même) se lit très rapidement et d’une seule traite. C’est quelque chose d’assez rare pour être souligné avec de la création française.
Pour bien rythmer cette introduction, on nous montre une variété de scènes peu commune (flashbacks inclus) : action, entraînement, vie de tous les jours, sur la route… Il y a vraiment de tout pour que le lecteur s’imprègne de l’ambiance et se laisse emporter dans un style plus familier qu’il n’y paraît au premier abord…

Le découpage, très vif, aide aussi a garder le lecteur sur ses gardes. Les petites cases assez hautes sont souvent favorisées pour donner une impression de vitesse dans chacune des scènes. Ce n’est pas que tout est très rapide mais du moins, les choses ne s’éternisent pas dans le titre d’Enaibi et Aienkei. Il n’est donc pas rare de voir certaines planches avec entre 6 et 10 cases.
Si on pousse un peu, on pourrait presque imaginer que cette utilisation de petites cases est une contrainte que la dessinatrice s’est imposée pour justement limiter l’ajout de texte. Dans de trop petites cases, il est difficile d’ajouter des bulles de taille conséquente sans faire en sorte que la lisibilité en prenne un coup, n’est-ce pas ?

L’histoire n’en est qu’à ses débuts mais Aienkei a déjà réussi (sans trop forcer) à poser les bases de son récit. Les deux personnages principaux ont été présentés, avec leurs points communs mais aussi leurs différences et l’origine de l’équivalent des « pouvoirs » pour la série a aussi été montrée. Le scénariste se paye même le luxe de présenter les forces géopolitiques en présence.
Il fait vraiment les choses intelligemment et fait en sorte de dévoiler le strict minimum pour retenir l’attention des lecteurs et expliquer ce qui se passe sur les territoires visités par les protagonistes. On peut donc imaginer que rixes, différences d’opinions et secrets auront donc le beau rôle dans la série.

C’est peut-être graphiquement qu’Horion est le moins convaincant. Attention, on ne dit pas que c’est moche, loin de là, mais le trait d’Enaibi reste en dessous des productions japonaises considérées comme le standard actuel. Le positif, c’est qu’on retrouve une vraie patte graphique qui devrait rester et donner une véritable individualité à l’oeuvre.
Il y a énormément de potentiel pour une amélioration et quand on regarde les dernières pages de ce premier tome, on voit que les choses se dirigent dans la bonne direction, ce qui laisse augurer du très bon pour la suite (en espérant que l’éditeur laisse le temps à la série de bien s’installer).

L’édition, c’est celle du format shônen classique de chez Glénat de ces derniers mois. On vous en a déjà parlé de nombreuses fois et il est inutile de revenir sur sa flexibilité une fois de plus. On ne peut qu’espérer que l’éditeur revienne à quelque chose de plus rigide en silence.
Évidemment, il n’y a rien à dire sur la traduction puisque c’est une création française !

"Ne rien tenter de peur d'échouer, c'est ne rien faire pour réussir."

Graphisme - 64%
Histoire - 77%
Mise en scène - 82%
Originalité - 67%
Édition - 56%
Dans son genre - 85%

72%

Not so French

Horion réussit à faire ce que beaucoup de global mangas ratent et se détache véritablement du mode de narration à la française. Là où des titres comment Tinta Run parlent pour ne rien dire, les auteurs d'Horion ont plutôt choisi de montrer des choses et c'est pour ça que ça passe beaucoup mieux. Glénat a peut-être trouvé le moins français de tous les global mangas et force est de constater que le résultat est particulièrement bon !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. Surement l’une des critiques les plus réfléchies sur le bouquin ! Parce que bon entendre des auteurs dirent que ça marche pas parce qu’il n’y a pas vraiment d’exposition de l’univers. Que le fait de ne pas savoir grand chose des personnages ne permet pas de s’attacher à eux et par conséquent la fin du volume tombe à plat, etc etc… ça va 5 minutes X)
    Belle critique en tout cas !

  2. Tinta Run est un franga en retard. Horion est un manga en avance. Je choisis le futur.

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