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Hawkwood – Tomes 1 & 2

Hawkwood – Tomes 1 & 2 Éditeur : Doki-Doki
Titre original : Hawkwood
Dessin : Tommy OHTSUKA
Scénario : Tommy OHTSUKA
Traduction : Sébastien LUDMANN
Prix : 8.5 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 02/03/2016

XIVe siècle, royaume de France, province de Normandie.
La petite ville de Carentan est sous la menace de l’ennemi. Devant ses murs se presse l’armée régulière anglaise, lancée à la conquête de la France. À sa tête, le prince Édouard, fils légitime du roi d’Angleterre. Pour se sortir d’une situation a priori désespérée, les assiégés font appel à la «compagnie des corbeaux blancs» de John Hawkwood, un officier audacieux dont les stratégies outrepassent les règles de la chevalerie. Le mercenaire de légende affronte le Prince Noir… quelle sera l’issue du combat ?

Pendant la Guerre de Cent Ans (1337-1453), une suite de conflits interrompue de quelques pauses (le repos des braves ?), il y a plusieurs personnages qui sortent du lot : Édouard III, Charle V, Jeanne d’Arc… mais aussi John Hawkwood. Pourquoi ce dernier est-il aussi digne d’intérêt que les autres ? Tout simplement car il est considéré comme le premier leader (il est anglais !) mercenaire des temps modernes.

On le voit dès les premières pages de la nouveauté seinen de Doki-Doki ; Hawkwood n’est pas un manga sur la guerre à proprement parler mais se focalise clairement sur cette nouveauté apportée par la Guerre de Cent Ans : l’utilisation de mercenaires pour débloquer un conflit.
Ces hommes n’ont juré allégeance à aucune couronne et ne se battent pas pour leur souverain ou pour qui que ce soit en réalité. Ils ont décidé que leurs capacités guerrières seraient bonnes à monnayer. L’argent les pousse à se surpasser mais aussi à remporter la victoire à tout prix. Sans ça, ils peuvent dire adieu à leur prime.

Tommy OHTSUKA parvient à capturer efficacement l’essence de ce qui fait un mercenaire. Au fil des chapitres, on se rend compte que, malgré l’époque, les mercenaires ne changent pas. Avec de nombreux films qui leur ont été consacrés ces derniers mois (du genre Mercenary ou encore The Expendables), la version moderne de ces combattants n’a plus de secrets pour nous.

Qu’ils agissent seuls ou en confrérie, leur principale source de motivation n’est autre que l’argent. Bien sûr, alors qu’ils agissent et luttent main dans la main, ils apprennent à se connaître et forment de véritables liens les uns avec les autres. Le mangaka se débrouille bien pour faire passer cette idée dans les actions de la Compagnie Blanche.

Les mercenaires ne sont pas dirigés d’une main de fer par Hawkwood. Ce dernier sait comment traiter ceux qui sont sous ses ordres. Il n’hésite pas à augmenter le solde des soldats les plus valeureux, à récompenser dûment ses informateurs (une charrette plein de femmes menée par un petit vieux !) et tout ça en étant le premier à sonner la charge sur le champ de bataille.

Ces chevaliers sans seigneur vont devoir évoluer dans un monde qui ne leur fait pas confiance. Quelle que soit l’armée pour laquelle ils vont combattre, les hommes d’Hawkwood seront mis à l’écart et souvent traités comme des « pions jetables », des forces dont le chef pourra disposer comme bon lui semble sans avoir à se soucier de pertes éventuelles.

L’auteur installe un climat d’insécurité permanent autour de sa troupe de personnages centraux grâce à des dialogues qui respirent la roublardise et la malice. Les luttes d’influences se déplacent facilement du champ de bataille à une salle de négociations mais à chaque fois, c’est l’intelligence des officiers supérieurs qui va déterminer le résultat qui pourra être positif comm négatif.

Dans Hawkwood, il n’y a pas vraiment de « gentils » ou de « méchants ». Les lignes sont souvent brouillés et personne n’est à l’abris de subir des pertes. Même si le protagoniste possède une certaine assurance qui se communique très bien au lecteur d’ailleurs, il ne gagne pas à chaque fois. La guerre est un « terrain de jeu » plus complexe qu’il n’y paraît où chacun doit apprendre de ses erreurs avant de se lancer dans une autre bataille.

Graphiquement, le style est assez étrange. Tommy OHTSUKA a voulu un style un peu moins manga à son oeuvre avec des personnages qui ne sont pas sans rappeler la BD franco-belge, chose qui pourra peut-être un peu gêner au départ dans la mesure où le niveau de détail des décors et le découpage est typique des mangas du même genre (c’est à dire que le nombre de cases augmente lors des combats).

On sent un vrai décalage qui s’évapore aussitôt les heaumes en place et la bataille engagée. Dans les phases de combat, c’est le découpage qui prime et l’auteur n’est pas avare en violence ou autres morceaux de corps qui volent de partout. En tout cas, ces scènes sont à la hauteur de ce qu’on attend d’un manga du genre : dynamiques, intenses et particulièrement prenantes.

En ce qui concerne l’édition, Doki-Doki a fait du bon boulot avec un ouvrage qui répond à ses critères habituels de qualité avec une petite variante non négligeable : la couverture n’est pas laminée et possède un toucher plus « rustique » et plus agréable que le classique style plastique.
Au niveau de la traduction, LUDMANN a fait du très bon boulot en utilisant un vocabulaire précis et qui retranscrit bien l’époque dans laquelle prend place l’histoire. Idem pour les tournures, certaines ont cette lourdeur du français un peu plus ancien et viennent pousser un peu plus l’immersion du lecteur dans cet univers médiéval.

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Faut-il vraiment bouter les anglais hors de France ?

Graphisme - 66%
Histoire - 76%
Mise en scène - 73%
Originalité - 71%
Edition - 75%
Dans son genre - 77%

73%

War

Hawkwood est un manga où la guerre a une place de choix et où le destin de chacun des personnages est difficile à prédire. Tommy OHTSUKA nous dépeint un monde sombre et en proie à la cupidité d'hommes qui, bien souvent, possèdent des positions de pouvoir. Avec son ambiance aux petits oignons, ses personnages interchangeables et ses complots, le nouveau seinen de Doki-Doki possède tous les éléments d'un excellent départ !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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