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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Happiness 1

Happiness – Tome 1

Happiness – Tome 1 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Happiness
Dessin : Shûzô OSHIMI
Scénario : Shûzô OSHIMI
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 7.75 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 17/01/2018

Un soir, alors qu’il était sorti pour rendre des DVD au magasin de location, Makoto est agressé par une étrange jeune fille qui lui donne le choix entre mourir ou devenir comme elle. À son réveil, Makoto est pris de vertiges et d’une irrésistible soif… une soif très étrange… Le voilà désormais aux prises avec un instinct primaire qu’il ignorait jusqu’alors et contre lequel il tente de lutter. Combien de temps tiendra-t-il ?

Après Dans l’Intimité de Marie chez Akata, Les Fleurs du mal chez Ki-oon, Shûzo OSHIMI est de retour en France chez un éditeur encore différent (Pika) avec son dernier titre en date, Happiness. Le mangaka ne délaisse pas son sujet majeur, l’adolescence, mais va pousser le fantastique encore plus loin en introduisant des vampires…

Comme souvent avec OSHIMI, l’oeuvre commence avec un personnage assez banal. Ici, on découvre le quotidien de Makoto, un ado japonais tout ce qu’il y a de plus banal. Assez réservé, il ne se met pas vraiment en avant en classe et va même être victime de certaines personnes « cools » de sa classe qui vont le forcer à leur acheter à manger pendant la pause de midi.

Dans ce premier tome, tout va vite, très vite… mais en fait pas tant que ça ! Il est très difficile d’imaginer ce que le dessinateur a en tête avec les événements présentés ici. On voit beaucoup Makoto dans son quotidien et le début de sa vie en tant que « vampire » mais les questions autour de son état ne font que s’amonceler.
On ne sait rien de celle qui l’a transformé, on ne sait pas combien de temps il va pouvoir tenir sans boire de sang et en combattant ses pulsions… Le lecteur n’en sait pas plus que le personnage et cette incertitude va contribuer à l’atmosphère générale du titre. Comme d’habitude, OSHIMI soigne l’environnement dans lequel évoluent ses personnages et propose un monde moderne et réaliste dans lequel le lecteur pourra facilement trouver des repères.

Ce n’est pas sombre mais ce n’est pas édulcoré non plus. Il y a chez le mangaka, ce souci que l’on trouve chez de nombreux auteurs de seinen modernes. Il veut montrer le monde pour ce qu’il est. Son but n’est pas d’être négatif ni d’être positif, il cherche plutôt à être juste et c’est peut-être pour cette raison qu’il représente aussi bien les problèmes de l’adolescence (les interactions entre les différents lycéens sont juste délicieuses). Il ne juge pas, au contraire, il essaye de se mettre à la place de l’individu et de comprendre sa façon de penser.

Parmi les thèmes qui devraient être développés par la suite, on imagine facilement des choses comme « la place dans la société », « ce que c’est qu’être humain », « comment vivre en étant différent »… Avec une mise en place comme celle que l’on a dans ce premier volume de Happiness, les possibilités de développement sont immenses.

Il n’y a pas vraiment plus à dire sur ce premier tome puisque les choses présentées restent encore très succinctes. On retrouve cependant un OSHIMI comme on l’aime, capable de présenter des choses qui peuvent sembler toutes simples et les transformer en intrigues intéressantes avec une petite touche de fantastique.

Graphiquement, le trait du mangaka n’a pas changé. Il s’affine et utilise de plus en plus ces effets « pastel » ou « crayonné » dont l’auteur à le secret.
Le découpage paraît simple mais il s’avère très intelligent quand on regarde de plus près. En effet, même s’il n’y a pas énormément d’action, le tome se lit à une vitesse folle. On ne se rend pas compte à quel point l’auteur nous ballade avant d’arriver au bout. Sans abuser de gros plans, il se plaît à dessiner dans des cases souvent larges (il y a pas mal de double-pages) pour permettre au lecteur de contempler, de prendre un peu de temps pour réfléchir à ce qu’il vient de lire.

Pour l’édition, Pika propose son format seinen standard qui fonctionne très bien. L’ouvrage semi-rigide est agréable en main et la couverture possède un effet peau de pêche qui vient le différencier des classiques laminés.
La traduction de Thibaud DESBIEF fonctionne bien. On retrouve un vocabulaire assez moderne mais qui reste loin de l’ultra-familier que l’on peut retrouver dans certains titres de chez Delcourt/Tonkam. Pour le moment, la seule chose que l’on pourra déplorer, c’est le ton assez similaire de tous les personnages mais bon, il faut avouer qu’il n’y a pas encore énormément de diversité dans ce qui est proposé.

Twilight avec un peu plus de classe ?

Graphisme - 72%
Histoire - 67%
Mise en scène - 82%
Originalité - 69%
Édition - 75%
Dans son genre - 77%

74%

Dream within a dream

Ce premier tome de Happiness apparait comme très classique pour OSHIMI. Il est dans le même rythme que celui des Fleurs du mal (donc un peu plus lent que Dans l'intimité de Marie) au niveau de la narration. Il est donc encore difficile de voir où l'auteur veut aller. Vu la vitesse à laquelle on avale ce tome, il sera difficile d'attendre la suite !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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