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Halcyon Lunch 1

Halcyon Lunch – Tomes 1~2

Halcyon Lunch – Tomes 1~2 Éditeur : Casterman
Titre original : Halcyon Lunch
Dessin : Hiroaki SAMURA
Scénario : Hiroaki SAMURA
Traduction : Aurélien ESTAGER
Prix : 12.95 €
Date de parution : 04/05/2016

La vie de Gen, chef d’entreprise quadragénaire, est retombée comme un soufflé raté. Gen a la dalle, mais il est réduit à pêcher sa pitance dans les eaux bourbeuses d’une rivière. Sa rencontre avec Hyos va changer le menu. La jeune fille est dotée d’un curieux coup de fourchette (ou de baguettes) : elle est capable d’avaler tout et n’importe quoi et de le régurgiter pêle-mêle, donnant vie à des créatures aussi monstrueuses que grotesques… Là où n’importe qui ferait la fine bouche, Gen voit en l’apparition d’Hyos une chance d’ajouter une étoile au guide de son existence. Mais il découvre très vite qu’en cuisine, une terrible menace plane sur la Terre… Bon appétit, Gen.

Casterman est un éditeur qui n’a peur de rien, ce qui lui permet de sortir des titres qui peuvent être complètement à l’ouest. Après Snegurochka, SAMURA est déjà de retour chez Casterman mais avec un titre dans lequel on ne l’attendait absolument pas puisqu’il s’agit d’une oeuvre humoristique. Amateurs de L’Habitant de l’infini, il n’y a pas de combat dans Halcyon Lunch mais on y parle nourriture et fin du monde !

L’histoire de ce nouveau titre (chez nous en tout cas) du mangaka qui nous a fait rêver avec ses combats dantesques dans L’Habitant de l’infini pourrait se résumer en quelques mots : Gen voyage et tente de donner un nouveau sens à sa vie après la faillite de son entreprise.

C’est tout ? Tout à fait. Le socle de l’intrigue est simple mais efficace et surtout, il permet à SAMURA de développer une quête initiatique qui vire très rapidement au voyage métaphorique. En lisant Halcyon Lunch, outre la partie « délire », j’ai tout de suite pensé au Candide de VOLTAIRE qui fait clairement écho aux tribulations de Gen qui, lui aussi, chercher un endroit où il pourrait être heureux.
Comme dans le classique, les personnages secondaires sont assez caricaturaux et viendront représenter des émotions exagérées particulières : Hyos sera la naïveté quand sa comparse représentera la raison, Metako sera la caution réaliste tandis que l’ancien partenaire de Gen viendra jouer la bêtise.

L’auteur part de quelque chose de très basique avec ce personnage principal qui a tout perdu mais qui va quand même attirer bon nombre d’électrons libres autour de lui. Que ce soit Hyos, Metako ou même son ancien partenaire, tous ont une part de loufoquerie qui les rendent uniques.

Dans Halcyon Lunch, l’histoire n’est que secondaire. Les déambulations des personnages n’existent que pour leur donner une raison d’agir et de leur faire faire n’importe quoi. C’est ainsi que SAMURA les développe et donc qu’il les rend attachants.
Gen, le héros, n’est qu’un raté qui n’arrive pas à trouver sa place dans une société moderne qui lui reproche son échec. Pourtant, il ne rechigne pas plus que ça quand il s’agit de prendre Hyos sous sa coupe, de s’occuper d’elle. Elle sert même de catharsis à son expérience de père raté.

L’humour est évidemment omniprésent et si vous aimez les gloutonnes et le vomi, vous allez être servis ! À chaque fois que la jeune fille mange quelque chose, elle peut le faire fusionner avec un autre élément ingurgité mais pour cela, il faut qu’il ressorte.
Attendez-vous donc à voir des scènes assez surréalistes avec une jeune fille qui s’amuse à recracher des monstres énormes, horribles et qui n’ont plus plus rien de ce qui les définissait auparavant.

Au niveau du trait, SAMURA est libéré des contraintes graphiques traditionnelles, ce qui lui permet de tester pas mal de choses différentes. Bien évidemment, qui dit test dit perte de l’unité graphique. Il y a donc des choses qui font bizarres dans le trip et on sent un peu moins de précision que d’habitude chez le mangaka.
Attention, ça ne veut pas dire que ce n’est pas beau mais ça reste inférieur à ce que l’on peut trouver dans ses deux oeuvres précédentes. Il n’y a pas cette volonté de rendre les personnages « classes » ou de faire des décors qui en jettent. Ici, le graphisme va être utilisé comme simple vecteur de l’histoire.

Pour l’édition, Casterman n’a pas changé son style habitude. Après tout, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Papier de qualité, pages en couleur, couvertures qui sortent de l’ordinaire en abandonnant le laminé pour le peau de pêche…
Bref, en ce qui concerne l’ouvrage en lui-même, c’est du beau boulot comme d’habitude.
À noter quand même une pagination un peu étrange puisque le premier volume fait 154 pages et le second 210. On comprend mieux la séparation en lisant l’histoire qui prend une nouvelle direction à la fin du tome 1.

Là où on voit qu’ESTAGER s’est fait plaisir (et probablement Wladimir LABAERE à la relecture et contrôle qualité), c’est au niveau de la traduction. Il y a tellement de références, parfois obscures et parfois complètement évidentes, que l’éditeur a jugé nécessaire de faire un lexique à la fin.
Même si ne pas connaître les titres dont parle SAMURA ne vous empêchera pas de comprendre l’histoire principale, certains traits d’humour vous échapperont sans aucun doute et ce, même si la traduction a été (bien) adaptée de sorte à ce que la perte ne soit pas trop grande.
Nous vous avions d’ailleurs parlé de l’un des titres parodiés il y a quelques semaines puisqu’il s’agit de Jojo’s Bizarre Adventure. SAMURA s’amuse à reprendre un personnage mineur (le chien) de Jonathan Joestar, héros de la première partie ainsi que quelques répliques des deux premières parties de la série, Phantom Blood et Battle Tendency.

Halcyon Lunch 1  Halcyon Lunch 2

Casterman est un éditeur qui n’a peur de rien, ce qui lui permet de sortir des titres qui peuvent être complètement à l’ouest. Après Snegurochka, SAMURA est déjà de retour chez Casterman mais avec un titre dans lequel on ne l'attendait absolument pas puisqu'il s'agit d'une oeuvre humoristique. Amateurs de L'Habitant de l'infini, il n'y a pas de combat dans Halcyon Lunch mais on y parle nourriture et fin du monde ! L'histoire de ce nouveau titre (chez nous en tout cas) du mangaka qui nous a fait rêver avec ses combats dantesques dans L'Habitant de l'infini pourrait se résumer en quelques mots : Gen voyage…

Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Graphisme - 77%
Histoire - 65%
Mise en scène - 68%
Originalité - 82%
Edition - 80%
Dans son genre - 83%

76%

Gloutonne

On est clairement en présence d'un titre fou où SAMURA ne se prive de rien. Il balance les trucs comme ils lui viennent, ce qui donne une oeuvre particulièrement folle et excitante à suivre. Plus qu'une oeuvre aboutie, Halcyon Lunch est une expérimentation et malgré ça, le mangaka réussit à facilement nous attirer dans son univers complètement barré. En seulement deux tomes, ça ne vaut peut-être pas la peine de se priver, vous ne croyez pas ?




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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