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Gwendoline 1
Lady !! © YOKO HANABUSA (1987)

Gwendoline – Tome 1

Gwendoline – Tome 1 Éditeur : Isan Manga
Titre original : Lady!!
Dessin : Yôko HANABUSA
Scénario : Yôko HANABUSA
Traduction : Cyril COPPINI
Prix : 29.9 €
Nombre de pages : 450
Date de parution : 10/12/2015

Après avoir perdu sa mère dans un tragique accident, la petite Gwendoline vient habiter dans le grand manoir anglais de son père, qu’elle ne connaît que très peu, le Vicomte de Marble. Elle se retrouve vite confrontée à sa demi-soeur Annie, et surtout, à la Baronne de Wibbery qui souhaite épouser son père pour s’emparer de son titre… Heureusement, ses deux jeunes voisins, Arthur et Edward, l’aideront à supporter toutes ces épreuves.

Après une première tentative d’édition ratée en 2007 par feu Digiclub (Est-ce qu’il y a un vieux qui se souvient encore d’eux ? Non ? Personne ? Oups…) avec à peine 500 exemplaires des tomes 1 et 2 vendus en convention, on n’avait pas entendu parler de Gwendoline depuis l’annonce des coffrets de l’anime par Black Box en 2012. C’est Isan Manga qui a remis la série sur le devant de la scène en avril dernier avec une annonce particulièrement bien accueillie par les fans.

Qui ne se souvient pas de la petite Gwendoline ? Peut-être tous ceux qui n’étaient pas encore nés quand le dessin animé a été diffusé en France. Même si votre serviteur ne l’a pas découvert lors de sa première diffusion en 1989 sur La Cinq, il a quand même été bercé par un générique inoubliable (et cette qualité d’image dingue) qu’il avait vu sur AB1 lors d’une énième rediffusion.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce premier volume ouvre parfaitement les hostilités en envoyant l’héroïne directement dans une fosse aux lions. Un peu comme les gladiateurs, Gwendoline va devoir se battre pour sa vie anglaise. Les adversaires ne manquent pas pour la petite fille, qui ne comprend pas tout de suite que sa mère est morte. Elle devra éviter les foudres de son grand-père qui ne la considère absolument pas comme membre de la famille tout en survivant aux méchancetés des enfants de la Baronne de Wibbery, amenée à être sa belle-mère.

Ce n’est pas la première fois que le thème des violences entre enfants (dont un adopté) est abordé dans un manga. On le retrouve même plus ou moins à la même époque (fin des années 80) dans une autre série qui aura marqué les esprits mais dans un tout autre genre : Jojo’s Bizarre Adventure ! Alors que dans l’oeuvre d’Hirohiko ARAKI, c’est l’enfant adopté (DIO) qui fait des misères à l’enfant légitime (Jonathan), c’est l’inverse que l’on retrouve dans Gwendoline.

La petite fille, tout juste débarquée du Japon, est rejetée par tout le monde : sa demi-soeur, ses voisins, son grand-père… Même quand ça va un peu s’arranger avec Annie, Arthur et Edward, elle va se trouver de nouveaux bourreaux, les rejetons de la Baronne. Psychologiquement, Mary n’hésite pas à lui retourner le cerveau en tentant de la monter contre sa soeur et physiquement, Antoine s’amuse à lui tirer dessus avec un prototype de pistolet à air comprimé. Gwendoline n’a vraiment aucun instant de répit et aura bien du mal à surmonter toutes les épreuves mises sur son chemin.

Gwendoline est un personnage complexe, vraiment bien travaillé par Yôko HANABUSA dans la mesure où ses pensées sont un excellent reflet de son âge mais aussi de son gain de maturité. La mort de sa mère l’aura profondément marquée mais l’aura aussi fait grandir un peu plus vite que prévue. Toute jeune au début de la série, elle va se retrouver perdue une fois en Angleterre, pourtant dans sa propre famille.

C’est l’isolation qui va l’endurcir et ensuite renforcer ses liens avec sa soeur Annie mais c’est aussi cette première période difficile qui lui permettra de faire un choix difficile et de retourner au Japon afin de ne pas casser le rythme de vie d’Annie et de son père. L’auteure se permet ainsi une belle ellipse en plein début d’histoire, chose que peu d’auteurs se permettaient à l’époque. L’intérêt ? Faire évoluer Gwendoline rapidement et lui permettre de gagner en charisme très rapidement.

Graphiquement, le titre n’a pas trop vieilli, shôjo oblige. Si vous avez lu Marine Blue de YAZAWA (disponible chez Delcourt) ou encore La Rose de Versailles de Riyoko IKEDA (disponible chez Kana), il ne devrait pas trop vous choquer. Si vous avez l’habitude des horreurs d’Ai MINASE (… qui se concentrent chez le même éditeur français, coïncidence ? Je ne crois pas…), vos yeux vous remercieront des personnages aussi réussis et des décors aussi détaillés.

Pour l’édition, c’est du très classique de chez Isan Manga. On retrouve le même luxe que dans leurs précédents volumes et le seul vrai problème, c’est de trouver un endroit pour les ranger. Niveau papier, hardcover, difficile de trouver mieux sur le marché. On ne peut même pas compter sur le lettrage et l’adaptation pour servir de point faible, le tout ayant été effectué avec le plus grand soin. On notera d’ailleurs le choix de termes un peu vieillots pour les personnages un peu huppés de cette Angleterre de la belle époque.

Comme Isan Manga ne fait jamais les choses à moitié, Yôko HANABUSA était de retour en France il y a quelques jours (on en reparlera très bientôt, promis) à Paris mais aussi à Lyon pour la convention Japan Touch. Elle nous avait déjà rendu visite en 2012 mais ne pouvait probablement pas rater une telle occasion de revenir dans notre beau pays.

Je ne sais pas si les Japonais ont une documentation spécifique quand ils veulent parler de l’Angleterre mais force est de constater qu’ils ont une vision très personnelle de la chose. Ces « rixes » d’enfants dans les familles riches, on en retrouve de nombreuses itérations. Le point fort de Gwendoline, c’est vraiment son héroïne qui sait particulièrement bien s’adapter et vivre avec son temps mais aussi son environnement. Pour un personnage de shôjo, c’est quand même un très gros point positif !

Après une première tentative d'édition ratée en 2007 par feu Digiclub (Est-ce qu'il y a un vieux qui se souvient encore d'eux ? Non ? Personne ? Oups...) avec à peine 500 exemplaires des tomes 1 et 2 vendus en convention, on n'avait pas entendu parler de Gwendoline depuis l'annonce des coffrets de l'anime par Black Box en 2012. C'est Isan Manga qui a remis la série sur le devant de la scène en avril dernier avec une annonce particulièrement bien accueillie par les fans. Qui ne se souvient pas de la petite Gwendoline ? Peut-être tous ceux qui n'étaient…

Dou you spiku ingürichu ?

Graphisme - 61%
Histoire - 68%
Mise en scène - 57%
Originalité - 64%
Edition - 95%
Dans son genre - 78%

71%

Fish and Chips

Avec Gwendoline, c'est la nostalgie qui revient au pas de course et qui rattrape l'adulte que l'on est devenu. On peut bien dire ce qu'on veut, l'histoire, même si elle ne brille pas par son originalité, reste bien menée et intéressante à suivre. L'avantage du graphisme shôjo, c'est que même avec le temps, il ne vieillit pas trop et pour le coup, le trait de Yôko HANABUSA reste plutôt actuel, de quoi ne pas trop décourager les nouveaux lecteurs et les nouvelles lectrices éventuelles.

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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