Publicité

Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Mangas / Gunnm Édition Originale – Tome 1

Publicité

GUNNM EDITION ORIGINALE T01
Gunnm - Tome 1 (2016)

Gunnm Édition Originale – Tome 1

Gunnm Édition Originale – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Gunnm
Dessin : Yukito KISHIRO
Scénario : Yukito KISHIRO
Traduction : David DELEULE
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 19/10/2016

Au cœur de la décharge dans laquelle il vit, un cybernéticien retrouve les restes d’une jeune androïde. La ramener à la vie marque le début d’une saga qui va bouleverser l’ensemble du système solaire.

Si, comme moi, vous n’êtes pas si vieux que ça, vous avez probablement raté la première édition de Gunnm chez Glénat vers la fin des années 90 (entre 95 et 98 pour être un peu plus précis). Qu’à cela ne tienne, l’éditeur tente de reproposer ce classique du manga dessiné par Yukito KISHIRO et cette fois… pas question de le louper !

Même ceux qui n’ont pas lu le manga à l’époque connaissent l’histoire de Gally. Bon, on pousse peut-être un peu mais il est très peu probable qu’un initié au manga n’ait jamais entendu parler de ce tronc de femme retrouvé dans une décharge et transformée en cyborg berserker par les soins d’Ido, cybernéticien et chasseur de prime. Ce dernier va très vite s’attacher à ce petit brin de femme qui a tout oublié de sa vie : elle ne sait plus vraiment qui elle est ni d’où elle vient.

Le postulat de base de Gunnm est très simple mais ô combien efficace. Gally est une jeune fille qui a tout de l’adolescente moderne. Elle est reconnaissante, rebelle mais surtout en proie à des sentiments qu’elle ne sait pas comment gérer. Elle n’hésite pas à tenir tête à celui qu’elle considère comme son père et son bienfaiteur alors que ce dernier ne cherche qu’à la protéger. Dans sa tête, elle veut être libre, faire ce qu’elle veut… Ça vous rappelle quelque chose, n’est-ce pas ?

En utilisant une héroïne en 1991, il a eu l’ambition de montrer que les femmes pouvaient aussi être fortes. À l’époque, les Kenshirô, Jonathan Joestar et autres gros bras trustaient les séries à succès et c’est alors que débarque la sublime Gally, aussi frêle qu’elle est dangereuse. Avec son corps de guerrière parfait pour sublimer ses techniques de panzer kunst (un art martial inventé par l’auteur pour les besoins de son histoire), elle est prête à tout pour être reconnue et pour se démarquer aux yeux d’Ido et le rendre fier.

On décèle beaucoup de subtilité dans les relations entre les personnages. Elles se développent de manière directe avec quelques discussions animées entre les différents personnages mais aussi de manière indirecte par des jeux de regard. Très souvent, on voit Gally changer d’expression presque instantanément lorsqu’elle se rend compte qu’elle a été trop loin mais qu’elle ne peut pas s’excuser de vive voix. Ses yeux vont se baisser et donc faire comprendre à Ido qu’elle a compris son erreur.

Graphiquement, le trait de KISHIRO est tout simplement magnifique et pour une série qui date de 1991, il n’a absolument rien à envier aux meilleurs productions actuelles. C’est beau, les décors fourmillent de détails et les visages ont une expressivité que l’on ne voit que très rarement dans un manga. Le regard des personnages, qu’il soit d’une violence folle comme chez Makaku ou déterminé et innocent comme chez Gally, possède, lui aussi, une force assez exceptionnelle.

Le mangaka possède un très bon sens du découpage qui lui permet d’insuffler un rythme très plaisant. Alors que ses cases sont toujours très rectangulaires lors des scènes assez calmes, elles évoluent vers une version quadrilatère avec des lignes diagonales plus prononcées. Il n’hésite pas non plus à multiplier les petites cases après quelques gros blocs pour donner un effet d’accélération et potentiellement mettre une petite claque à son lecteur qui commencerait à se complaire dans un environnement qu’il considèrerait comme acquis.

KISHIRO est aussi très bon dans la gestion des combats. Bien entendu, c’est grâce à cette idée d’équilibre dans le rythme. Le dessinateur sait bien gérer le volume de texte pendant les affrontements de sorte à apporter des précisions intéressantes sans trop interrompre la bataille. Mention spéciale aux petits détails comme les morceaux de métal et les différences pièces de corps brisées qui sont toujours un régal pour les yeux et qui améliorent sérieusement l’immersion du lecteur.

En ce qui concerne l’édition, Glénat persiste et signe avec ses ouvrages d’une souplesse ridicule. Les pages en couleur sont plutôt jolies et le papier glacé utilisé pour mieux rendre les couleurs est plutôt bon, c’est vrai. Cependant, il reste beaucoup trop fin, ce qui est aussi vrai pour les autres pages. On retrouve donc encore un très mauvais équilibre dans la rigidité et la tenue globale de l’objet. Après une seule lecture et sans forcer sur le livre à aucun moment, on se retrouve avec un ouvrage gondolé et dont la couverture cartonnée ne semble plus vouloir restée à moins de 4 cm de la première page (comprenez qu’elle pointe vers le haut)…
Cette fabrication est d’autant plus regrettable que le travail de traduction de David DELEULE est admirable. Le texte est particulièrement fluide et on sent que de nombreux termes ont dû être adaptés et c’est quelque chose qui a été très bien fait. On aurait pu apprécier l’oeuvre dans de meilleures conditions si elle avait été imprimée sur le même modèle que Marie Antoinette par exemple.

Il va être assez difficile de patienter jusqu’en janvier 2017 pour le tome suivant. Glénat a fait le choix d’une publication un peu plus espacée entre le premier et deuxième tome dans la mesure où on enchaine la publication de cette réédition avec la sortie de Mars Chronicle (qui nous dévoile les origines de Gally) et de l’artbook Ars Magna. Il faut donc laisser le temps aux bourses de se re-remplir avant de proposer. Logique, n’est-ce pas ?

22 v'là le robot !

Graphisme - 88%
Histoire - 70%
Mise en scène - 77%
Originalité - 75%
Edition - 50%
Dans son genre - 90%

75%

de métal

Plus de 11 ans après la sortie de son premier volume en France, Gunnm revient dans une version toujours plus proche de l'originale mais toujours pas "deluxe". Alors qu'une édition définitive est sortie au Japon (grand format, etc.), on se demande un peu pourquoi Glénat n'a pas profité de l'occasion pour donner à cet excellent titre les honneurs qu'il mérite.




Acheter sur Amazon

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

4 commentaires

  1. Glénat et ses éditions livret-fascicule…

    J’ai du mal à comprendre comment un éditeur aussi expérimenté et qui connaît l’importance du catalogue qu’il détient n’est pas foutu de le mettre en valeur.

    Cela me fait craindre le pire pour la Perfect Edition de Ghost in the Shell (mais là, si l’édition par Kodansha USA se révèle de meilleure qualité que celle de Glénat, je n’aurai aucun scrupule à l’importer).

  2. Ah oui quand même, la première édition coupait un peu l’image… (mais le rabat permettait d’en avoir un peu plus peut-être ?)

    Je découvre moi aussi Gunnm avec cette nouvelle édition et je retrouve bien mes impressions à travers cette chronique ! Une série qui vieillit très bien. 🙂

  3. Je ne peux malheureusement qu’approuver cette critique, et pointer du doigt Glénat, concernant la médiocrité de ses éditions, et surtout, de ses ré-édition.

    2 mois pour sortir le second volume d’une ré-édition de qualité médiocre ? Laissez moi rire.

    Bref, il semble y avoir un concours entre Kana et Glénat, sur celui qui arrivera à utiliser le papier le plus fin sur le marché Français. Bientôt, on égalera les magazines de prépublication Japonnais ( en espèce de papier recyclé ultra fin, MAIS qui coûtent autrement moins cher )

    Bon cela dit, après Akira, on est plus surprit de rien…

  4. Franchement pour seulement 9 tomes ils auraient pu faire ça en perfect édition une bonne fois pour toute ..

Laisser un commentaire

banner