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GTO – Tomes 1~25

GTO – Tomes 1~25 Éditeur : Pika Édition
Titre original : GTO
Dessin : Tôru FUJISAWA
Scénario : Tôru FUJISAWA
Traduction : Ayumi MATSUSHIMA, Miki SUZUKI & Vincent ZOUZOULKOVSKY
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 22/04/2003

Ancien voyou, chef de gang, Eikichi Onizuka décide un jour de devenir prof. Sa motivation : les jeunes étudiantes du lycée où il compte travailler ! Car tout le monde le sait, les jeunes filles adorent les profs et feraient n’importe quoi pour entrer dans leurs bonnes grâces ! Mais notre professeur n’est pas au bout de ses surprises : son arrivée dans le lycée de ses rêves tient plus du cauchemar, et les jeunes étudiants face à lui tiennent plus de la grosse brute que de la jeune fille en fleur ! Ses ennuis ne font que commencer !

Alors que l’éditeur ne la réimprimait plus depuis l’arrivée de l’édition double, la version simple de GTO se refait une beauté pour les 20 ans de sa publication (la série a débuté en 1997 au Japon). C’est bien sûr l’occasion pour Manga Mag de revenir sur le manga de Tôru FUJISAWA qui a fait les beaux jours de Pika lors de sa sortie.

Qui n’a pas rêvé d’avoir un prof qui sortirait un peu des moules et permettrait aux élèves de délirer un peu plus ? Qu’on se le dise immédiatement, dans la plupart des collèges/lycées du monde entier, quelqu’un comme Onizuka se ferait virer presque instantanément. Le voeu le plus cher du sous-directeur Uchiyamada serait exaucé avec une facilité déconcertante et les folies de l’excentrique garçon de Shônan ne pourraient jamais avoir lieu.

La série se voulant assez réaliste et touchant un sujet de la vie de tous les jours majeur, il est important de rappeler que GTO est avant tout une fiction. FUJISAWA intensifie absolument tous les événements pour leur donner une tournure dramatique forte. Des choses toutes simples peuvent alors prendre une tournure épique mais la simplicité des faits ne change pas pour autant.
Ainsi, une petite excursion de rien du tout lors du voyage scolaire deviendra une expérience dangereuse, formatrice mais surtout complètement inconsciente et illégale. Un cours particulier finira aussi par un abus de pouvoir assez dérangeant…

Si Onizuka a autant de succès, c’est parce qu’il fait partie de ces personnes qui sont capables de rassembler les autres. Un peu comme Ueki de La Loi d’Ueki, il parvient à amener les gens vers lui. Il ne le fait pas consciemment mais tous finissent par l’apprécier et lui faire confiance. Ce n’est pas par les mots mais par les actions qu’il s’exprime et qu’il parvient à toucher les gens.

FUJISAWA donne à son titre un rythme effréné. Il n’y a pas de « remplissage » dans GTO et les arcs s’enchainent avec une fluidité exemplaire et même une certaines logiques puisque certaines actions ont des effets irréversibles sur certains personnages et entrainent, d’une certaine manière, les arcs suivants. On le voit avec des personnages comme Urumi mais surtout Teshigawara.

Le professeur de mathématique diplômé de Todai est névrosé à la base et l’arrivée d’un Onizuka plus « libre » dans ses méthodes va le pousser jusqu’à la crise de nerf et l’examen national le mènera au burnout complet. Sa folie, plus que sa passion pour Asuza (qui en pince sévère pour le décoloré au grand coeur) n’aidera pas à désamorcer la situation…

GTO n’aurait bien sûr pas pu être le manga que l’on connaît si FUJISAWA n’était pas aussi bon pour créer des adolescents attachants. Il n’hésite pas à les affubler de problèmes difficiles et leur donne souvent un caractère qui viendra ennuyer au départ mais au final, le lecteur finit par s’attacher à eux suite à l’action d’Onizuka.

L’exemple le plus frappant reste Mayu. Le petit-fils de la secrétaire générale est véritablement insupportable lors de ses premières apparitions. On pourrait le décrire comme un gamin pourri gâté (il est TRÈS riche) insolent, nonchalant et particulièrement prétentieux.
S’il donnera un peu de mal au héros décoloré, ce dernier parviendra quand même à trouver ses points forts et à lui permettre de passer outre son traumatisme et sa haine des adultes.

Dans le même genre, Urumi (probablement l’un des personnages les plus intéressants de la série) sera beaucoup plus difficile à faire évoluer, son intelligence hors du commun lui permettant de comprendre les choses différemment, plus froidement. Onizuka devra y aller de sa personne pour transformer sa mentalité et réparer des liens que sa mère n’avait pas su entretenir avec les années.

GTO, c’est aussi une plongée dans le système scolaire japonais. On y découvre (rapidement) comment fonctionne l’éducation mais aussi les problèmes qui sont nés de l’ambition des adultes.
Outre les voyages scolaires et les fameux tests de courage censés rendre les rencontres un peu plus faciles entre les collégiens, on retrouve surtout un système gangréné par des éducateurs ayant un peu perdu de vue leur objectif principal.

Il faut plus de quinze tomes et des german suplex à ne plus savoir qu’en faire pour que le sous-directeur commence à retrouver un peu de poil de la bête et surtout les idées qui l’avaient poussé à se lancer dans le monde de l’éducation.

Certains élèves y sont toujours réceptifs comme cette jeune collégienne fan de tournesols qui vient lui rendre visite pendant sa convalescence à la fin du voyage scolaire. Il y a, chez Uchiyamada, un vrai contraste entre celui qu’il voulait être et celui qu’il est devenu, comme si la profession l’avait changé.

GTO n’aurait pas été capable de toucher un aussi grand public si Tôru FUJISAWA ne possédait pas un coup de crayon digne de ce nom. Même si le graphisme ne fait pas tout dans une oeuvre, il est quand même la « caution » qui lui permettra de parler à un nombre de gens important.

Le trait du dessinateur vieillit très bien et même en 2017, les plus difficiles sauront y trouver leur bonheur. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d’oeil (même si, il faut l’avouer, certaines lycéennes se ressemblent quand même beaucoup au début de la série). Chacun possède son petit style et ses mimiques que l’auteur prend un malin plaisir à pervertir.

Le mangaka, s’il reste souvent dans un découpage assez classique pour les scènes sans réelle tension, n’hésite pas une seule seconde à complètement chambouler sa page pour faire ressortir un gros délire ou pour donner un peu de profondeur à un combat.

FUJISAWA est aussi très friand de mise en page de type « journal d’information » qu’il utilise pour représenter la peur d’Onizuka mais aussi d’Uchiyamada de perdre leur emploi ou de voir un possible scandale les impliquant être révélé.
C’est le cas notamment lorsqu’Onizuka surprend le sous-directeur en train de peloter généreusement une office lady dans le métro un matin. Ce dernier possède alors tous les éléments pour éviter un renvoi qui semblait être assuré.

Pour l’édition, à l’époque de la première parution, le nombre de références et la relative « nouveauté » de la traduction de manga ont poussé Pika a proposer un lexique en début de tome.
Pour le lecteur, ce n’était pas forcément la meilleure option puisqu’il devait revenir au début de nombreuses fois pendant sa lecture. Certains lexiques faisaient aussi références aux lexiques de tomes précédents, autant dire qu’au bout d’un moment, ça devenait fastidieux…

Même si l’éditeur sort une nouvelle édition de la série pour fêter les 20 ans du personnage, il ne propose pas de nouvelle traduction pour autant, seulement de nouvelles jaquettes (qui cherchent à unifier les séries de la saga et qui se veulent un peu plus… modernes ?), ce qui est un peu dommage.

"N'importe qui peut être enseignant !"

Graphisme - 82%
Histoire - 74%
Mise en scène - 88%
Originalité - 77%
Edition - 70%
Dans son genre - 90%

80%

Prof Sanctifié

GTO, c'est surtout une bonne dose de délire mais aussi une jolie vision de l'enseignement et la culture au Japon à la fin des années 90. Loin d'être une étude sociologique, le mangaka aborde quand même des thèmes sérieux mais sans oublier la petite touche d'humour pour fluidifier un peu la situation. Avec ses nombreux enjeux toujours d'actualité, la série se lit encore très bien aujourd'hui même si certaines références sont un peu datées. Après tout, qui se souvient encore des idoles à la mode à l'époque ?




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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