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GTO Paradise Lost – Tomes 1 à 6

GTO Paradise Lost – Tomes 1 à 6 Éditeur : Pika Édition
Titre original : GTO Paradise Lost
Dessin : Tôru FUJISAWA
Scénario : Tôru FUJISAWA
Traduction : Xavière DAUMARIE (1 à 4) & Anne-Sophie THÈVENON (à partir du 5)
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 01/03/2017

Le nouveau challenge d’Eikichi Onizuka : la classe des stars du showbiz de l’école Kisshô ! Le prof indigne fantasme déjà sur sa vie de rêve dans un paradis peuplé de starlettes à croquer… Sans se douter que ce qui l’attend est un véritable cauchemar : la pire classe à problèmes dont la seule évocation terrifie les enseignants les plus blasés !

Pour tous les fans, la perspective de retrouver Onizuka est un vrai bonheur. Si la fin de la série régulière et (même le spin-off Shonan 14 days) laissait le lecteur sur sa faim, FUJISAWA est revenu pour la satisfaire avec Paradise Lost.
Il faut dire que ses autres titres sans le prof blondinet font souvent un gros bide… Soul Reviver, Momoider, Reverend D, ça dit quelque chose à quelqu’un ? Non ? C’est peut-être pas plus mal en fait…

On vous avait déjà parlé de Paradise Lost très brièvement lors de la sortie du premier volume mais après un peu moins de 2 ans de publication, il était temps de faire un bilan sur le retour du prof décoloré le plus débile de la planète manga.

Même si la façon de faire de FUJISAWA n’a pas changé, ses personnages principaux plaisent toujours autant. Que ce soit Onizuka ou Uchiyamada, les deux opposés fonctionnent à merveille ensemble.
Leurs running gags sont toujours là : le sous-directeur (maintenant « directeur adjoint », le même rôle mais au lycée…) et sa « voiture » (qui n’en est plus vraiment une) chérie, Onizuka et sa perversion/obsession pour les starlettes et les petites jeunettes…

Dans cette nouvelle aventure, Onizuka va devoir faire face à une menace qu’il ne connaît pas encore très bien. En effet, avec la célébrité de ses nouveaux élèves, ce n’est plus seulement des cas dramatiques qu’il doit gérer mais plutôt des abus. Les stars, comme leurs fans, n’hésitent pas à aller très loin et l’ancien zoku va vite le comprendre et en faire les frais.

Alors qu’il pouvait régler les problèmes au niveau local dans l’ex 3e-4, les choses prendront rapidement une dimension nationale dans Paradise Lost. Il y avait déjà, dans Shonan 14 days, de quoi faire monter la sauce avec la fille du préfet de police mais ici, c’est encore un cran au dessus avec les médias.

Autre point négatif, on sent une trop grande différence d’époque entre GTO et Paradise Lost alors que les deux séries sont très proches l’une de l’autre temporellement. Alors que la première aventure d’Onizuka se déroulait dans la fin des années 90, la suivante se déroule bien quinze ans plus tard.
Les mentalités des ados ont changé mais surtout, les moyens de véhiculer les idées ne sont plus du tout les mêmes. On passe donc de « les téléphones portables existent à peine » à « tout le monde utilise son portable en permanence ». Il y a donc un petit bémol à ce niveau là.

Les réseaux sociaux font bien évidemment leur apparition et changent tout à la façon de diffuser l’information et les rumeurs se répandent comme une traînée de poudre, un peu à la façon dont les anges colportaient leurs rumeurs sur le réseau intranet introduit par la nouvelle directrice Misuzu Daimon dans le dernier arc de GTO.
La seule différence, c’est qu’ici, tout passe directement au niveau du pays et les gens se bouffent beaucoup plus vite et c’est bien sûr plus difficile à stopper.
En bref, le fossé générationnel est bien présent et malheureusement un peu trop visible pour que le lecteur fan de la première heure accroche totalement.

Si on aime le style FUJISAWA, Paradise Lost ne fonctionne qu’à moitié. Le lecteur se trouve en terrain connu avec des personnages qui n’ont pas changé et avec des défis un peu plus retords, c’est un fait.
Cependant, il n’y a plus le mélange d’humour et de sérieux qui équilibrait si bien la série. Le contraste du sérieux de la position avec le délire de l’ancien bagarreur au grand coeur. Onizuka n’a pas changé mais le monde dans lequel il évolue est plus violent et plus sombre que jamais.

Graphiquement, la série est d’une froideur… numérique (un coup d’oeil aux couvertures et vous comprendrez). FUJISAWA dessine bien, très bien et propose des planches superbes où il doit se faire bien plaisir à dessiner des tétons (alors qu’avant il pouvait pas, Shônen Magazine oblige) mais… c’est tout.
On ne retrouve plus ces planches qui fourmillaient de détails où Uchiyamada pétait un cable ou même ces sourires naturels des élèves une fois les choses résolues. Même les décors font très « statiques ». Il n’y a plus beaucoup de vie dans cette nouvelle façon de dessiner de l’auteur qui semble complètement à côté de ce qu’il faisait (super bien) avant.

Pour l’édition, Pika a fait le choix d’un format seinen (donc plus grand que celui d’origine, ce qui viendra faire rager les plus pointilleux qui ne pourront pas vraiment mettre les tomes à la suite sans tricher un peu avec leurs étagères) et on a le droit à 3/4 pages en couleur et une impression de qualité.
Avec un papier épais et une fabrication semi-rigide, les tomes restent solides et passent l’épreuve du temps avec brio.

À la traduction, on retrouve au départ Xavière DAUMARIE qui a aussi travaillé sur les spin-offs que sont GT-R et Ino-Head Gargoyle et alors qu’on commençait à se dire qu’elle comprenait de mieux en mieux la façon de parler des personnages, elle est remplacée par Anne-Sophie THÈVENON.
Difficile de comprendre pourquoi ce choix a été fait mais ce qui pose réellement problème, c’est qu’il est très visible. D’un coup, les dialogues deviennent beaucoup plus vulgaires et crus. Même si sans la version originale, on ne peut pas juger à 100%, les traductions de la version anglophone de Crunchyroll Manga n’allaient pas vraiment dans ce sens.
Il y a donc une petite dissonance dans la façon de parler des personnages, ce qui n’est pas spécialement agréable pour le lecteur et le fait douter de ce qui est dit…

(Not So) Great (Anymore) Teacher Onizuka

Graphisme - 72%
Histoire - 56%
Mise en scène - 59%
Originalité - 52%
Edition - 65%
Dans son genre - 61%

61%

Prof en détresse

GTO Paradise Lost peine à convaincre quand on connaît la série originale. FUJISAWA avait déjà amorcé son changement de style dans Shonan 14 Days mais ça continue ici avec une perte quasi intégrale de l'humour qui faisait les beaux jours de GTO (première série du nom). Pour les fans d'Onizuka, ça passera moyen et pour les autres... tout dépendra de ce que vous recherchez !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Un commentaire

  1. C’est la troisième critique que j’ai lu sur les séries de Fujisawa et je suis « rassuré » dans le sens où je ne suis pas fou. Il y avait donc bien eu un changement chez Fujisawa et à chaque nouvelle série, il perd de sa superbe (alors qu’en général, c’est censé être le contraire : s’améliorer avec le temps).

    OUI, l’humour de GTO (et Shonan Junai Gumi donc !) nous manque cruellement, oui trop de sérieux tue le sérieux, oui on reste sur notre faim, avec uniquement la satisfaction d’avoir lu le dernier tome sorti mais pas d’avoir lu du BON GTO. :/

    Hâte de lire ta critique sur Shonan Junai Gumi ! 😉

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