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Grimoire of Zero 1

Grimoire of Zero – Tomes 1 à 3

Grimoire of Zero – Tomes 1 à 3 Éditeur : Ankama
Titre original : Zero kara Hajimeru Mahô no Sho
Dessin : Takashi IWASAKI
Scénario : Kakeru KOBASHIRI
Traduction : Yoan GIRAUD
Prix : 6.99 €
Nombre de pages : 160
Date de parution : 15/03/2018

En l’an 526 du calendrier liturgique, la pratique de la sorcellerie reste interdite. Les sorcières sont ainsi chassées au nom de la justice à travers tout le royaume de Venius. Seul et méprisé par le reste de la population, un mercenaire mi-homme mi-bête rêve jour et nuit de briser la malédiction qui a fait de lui un être hybride depuis sa naissance… Sa rencontre avec une sorcière du nom de Zéro pourrait bien faire de ses rêves une réalité. Elle lui propose de le transformer en humain s’il accepte de l’escorter en tant que garde du corps dans sa recherche d’un livre magique qui serait capable de provoquer des ravages, voire la fin du monde. Commence alors la quête de cet atypique duo destiné à protéger les secrets de l’art de la magie afin de rassembler humains et sorcières !

On vous avait déjà parlé de Grimoire of Zero sur Manga Mag lorsque l’on avait évoqué les clichés dans de certains anime modernes. Alors que le manga sort depuis quelques mois chez Ototo, la conversion en manga signée Takashi IWASAKI fait-elle du bien aux personnages créés par Kakeru KOBASHIRI ?

Grimoire of Zero

Le monde de Grimoire of Zero est un monde où le racisme est monnaie commune. Que ce soit les bestiaux ou les sorcières, les êtres humains les mettent au banc de la société et tente de les chasser en permanence. Alors que les premiers sont de plus en plus tolérés (non sans discrimination virulente), les adeptes de la magie sont brulées sans sommation.

Autant dire qu’avec une base aussi solide, il ne tenait qu’à l’auteur de bien gérer son monde pour obtenir un titre vraiment sympathique. Malheureusement, ce n’est pas le cas et ce manga sombre dans les clichés à une vitesse folle. On retrouve la « vieille sorcière » dans le corps d’une gamine, des tenues pas forcément adaptées et un duo qui se forme malgré lui (et qui va apprendre à se connaître et s’apprécier) en moins de quelques pages.

C’est d’autant plus dommage que le scénariste avait eu une bonne idée de base quand il a voulu bien marquer la séparation entre magie et sorcellerie, rendant les dérives humaines encore plus horribles et toujours plus stupides. Malheureusement, ce n’est pas sur ce point qu’il va se focaliser mais plutôt sur la chasse aux sorcières par un traitre qui ne cherche que leur extinction.

Les personnages ne parviennent pas à sauver les meubles étant donné leur aspect limité. Ce n’est pas qu’ils sont manichéens mais leur construction est trop simpliste pour intéresser le lecteur averti.
Zéro est d’une froideur que même son côté enfantin ne permet pas de compenser. Impossible de s’attacher à elle tant elle est détachée de tout.
Le mercenaire fait office de « lecteur » et ne semble pas savoir grand chose du monde dans lequel il vit. Il se laisse un peu porter par les personnages qu’il rencontre, que ce soit Zéro, Treize ou même le loup, il avance en suivant de nouvelles personnes et sans trop réfléchir.
Pour l’instant, les autres ne sont pas encore trop développés, la relation Zéro/Mercenaire étant privilégiée mais le tome 3 commence à mettre Albus sur le devant de la scène et on espère que ça permettra de redynamiser un peu ce monde qui manque cruellement de vie.

Pour en revenir à la question posée en début de chronique, inutile de garder le suspense plus longtemps puisque non, cette adaptation manga ne peut pas corriger les problèmes inhérents à Grimoire of Zero puisqu’ils viennent du light novel quoi qu’il arrive. C’est l’histoire en elle-même qui possède des soucis que l’on avait pu pointer auparavant (comme l’attitude étrange du mercenaire suite à la tirade de Treize) et notre chroniqueur animé l’avait très bien remarqué, le scénario est très « premier degré, c’est à dire qu’il nous ressort ses éléments comme si c’était la première fois qu’on les voyait ».
Parmi ceux qui se dirigeront vers le titre d’IWASAKI, combien seront des nouveaux lecteurs entrant dans l’univers des mangas d’heroic-fantasy ? Le pourcentage est probablement très faible, ce qui va aussi desservir le titre.

Graphiquement, le trait d’IWASAKI est un peu en dessous de ce qu’on trouve généralement dans les titres publiés par Ototo. Si s les décors sont assez jolis, ils sont quand mêmes assez plats (il n’y a pas énormément de vie dans les endroits où passent Zéro et le mercenaire, même dans les villes et le château), ce qui fait qu’ils ne laissent pas un souvenir impérissable.
Les personnages, eux aussi, sont assez pauvres en traits, ce qui donne un niveau de détail assez limité. Rien que les poils sur le mercenaire auraient pu bénéficier d’un soin un peu plus important. En tant que personnage principal, on a parfois l’impression qu’il est dessiné à la va-vite et l’absence de tramage n’aide pas à renforcer la profondeur de sa fourrure.
Rien à signaler sur le découpage, l’effet light novel oblige, on retrouve des cases assez grandes pour des plans d’ensemble qui viennent montrer le plus de personnages possibles. Ça permet notamment de mettre en opposition la froideur de Zéro et les émotions des autres personnages.

L’édition d’Ototo est toujours aussi bonne : ouvrage semi-rigide au format seinen avec une ou deux pages en couleurs. Le format est efficace et permet une lecture sans aucun accroc.
La traduction de Yoan GIRAUD se défend bien. Les textes sont assez fluides et ce, malgré certains passages qui jouent énormément sur la nuance dans lesquels il était nécessaire de bien utiliser la ponctuation pour que le lecteur ne soit pas confus (lisez les passages expliquants la différence entre magie et sorcellerie et vous verrez).

Une gamine, un monstre et un petit magicien rentrent dans un café...

Graphisme - 62%
Histoire - 57%
Mise en scène - 60%
Originalité - 61%
Édition - 75%
Dans son genre - 58%

62%

Magic Book

Grimoire of Zero n'est pas un mauvais manga mais avec 3 tomes sur 6, il est toujours difficile de s'attacher aux personnages. La froideur des magiciens n'aide pas mais Albus et le Mercenaire n'ont rien qui nous pousse à vouloir continuer l'histoire. Bref, cette version manga est à réserver aux fans du light novel et/ou de l'anime, les autres n'y trouveront rien de plus qu'une histoire d'heroic-fantasy assez banale.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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