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Green Mechanic – Tome 1

Green Mechanic – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Green Mechanic
Dessin : Yami SHIN
Scénario : Yami SHIN
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 08/06/2017

Les êtres humains ont fait de leur planète un désert recouvert d’ordures. Le seul endroit habitable est la Mégapole, ville géante où s’entassent hommes et robots, ainsi que les mystérieux Ersatz, créatures monstrueuses pourchassées par la Milice. Dans ce monde en perdition survit Misha, jeune orpheline aux dons d’empathie surdéveloppés. Incapable de contrôler sa capacité à lire les émotions des autres, elle se tient à l’écart de ses semblables. C’est pourtant grâce à ce pouvoir qu’elle trouve Reborn, un robot morphing errant sans mémoire au milieu d’une décharge. Cette merveille technologique est capable d’adopter n’importe quelle apparence. Sans hésiter, la jeune fille lui fait prendre la forme de Mickael, son meilleur ami, dont elle est sans nouvelles depuis qu’il a été enlevé par un groupe d’Ersatz il y a dix ans. D’où viennent ces créatures ? Que deviennent ceux qu’elles capturent ? Nul ne le sait… Pour retrouver son compagnon, Misha rejoint les Renforts, un groupe de guerriers et d’enquêteurs hors pair ! En échange de leur aide, elle met à leur service ses capacités psychiques et son aptitude à faire de Reborn une armure surpuissante. Le combat pour la vérité commence !

Gagnante du tremplin Ki-oon l’année dernière, le public peut enfin découvrir Yami SHIN avec son premier titre, Green Mechanic, une création originale chaperonnée par l’éditeur. Cette jeune femme de 27 ans débute donc avec un shônen localisé dans un monde post-apocalyptique qui n’est pas sans rappeler le travail de Paul AUSTEN.

Green Mechanic, c’est avant tout l’histoire d’une jeune fille qui a perdu un être cher et qui a du s’adapter à la vie sans lui dans un monde pas forcément des plus faciles à appréhender. Misha souffre de ne pas avoir de souvenir de son enlèvement, elle souffre de ne pas savoir ce qu’est devenu Mickael mais surtout elle souffre de ne rien pouvoir faire pour combler ce manque et de ne pas avoir la force de partir à sa recherche.

Pour un premier tome, on peut dire que la protagoniste n’est pas en reste et il y a eu pas mal de travail de fait autour d’elle. On en sait beaucoup même si le flou est particulièrement bien entretenu. La curiosité du lecteur est piquée assez rapidement et il y a assez d’élément bien amenés pour nous faire comprendre que Yami SHIN sait ce qu’elle fait avec son scénario.

Un peu à la Saint Seiya, ce sont des armures qui sont au centre des combats. Les robots morphing vont se transformer en armures de protection qui vont augmenter les capacités de leurs maîtres. Pas de constellations ici puisque les robots peuvent prendre la forme qui plaît le plus à leur possesseur. Misha choisit une forme humaine mais la jeune fille des renforts s’est décidé sur un canidé. Le design de la « fusion » entre le robot et son maître est convaincant et devrait taper dans l’oeil des plus réticents.

Les Renforts, les Ersatz et ces fameux enlèvements d’enfants constituent une base solide pour une histoire qui promet des moments épiques et d’autres beaucoup plus dramatiques. En tout cas, il semble y avoir une véritable volonté de montrer une héroïne forte qui ne va pas hésiter à donner de sa personne pour changer, s’améliorer et survivre dans un monde qui lui est particulièrement hostile.

Si au niveau de l’histoire, Yami SHIN s’en tire plutôt bien avec une mise en place efficace, l’exécution est beaucoup plus moyenne. Comme souvent dans les titres « global manga », ça parle beaucoup plus que ça ne devrait. Attention, il n’y a aucun problème à ce qu’un manga comporte beaucoup de texte, Hunter X Hunter (pour ne citer que lui) le fait très bien mais il faut que cette abondance ait un sens et ici, ce n’est pas vraiment le cas.

On retrouve de nombreuses planches où les bulles (plusieurs petites qui s’empilent les unes sur les autres) semblent être là pour cacher l’absence d’arrière-plan plutôt que de servir à l’action. Les discussions sont tellement triviales (et le style souvent répété) qu’il est vraiment difficile de leur trouver un quelconque intérêt.
Si on imagine que l’auteure a voulu faire du développement de personnage indirect, ce type de jeu de bulles devient très vite redondant car ils ne montrent qu’une facette similaire de l’héroïne à chaque fois. C’est d’autant plus dommage que ses personnages sont plutôt bons et deviennent assez vite attachants.

Il y a aussi de nombreuses scènes ou beaucoup d’éléments sont expliqués au fil de tirades pas toujours digestes. On se demande pourquoi les choses ne sont pas plus montrées sachant que l’image est quand même ce qui doit servir de vecteur principal dans un manga. Certains passages auraient peut-être pu être inclus sous forme de flashbacks pour alléger une mise en place assez longue pour une histoire pas forcément « complexe » mais bien ficelée avec un bonne dose de mystère.

© Yami SHIN /Ki-oon

Graphiquement, Yami SHIN maîtrise son sujet. Ses pages en couleur sont tout simplement sublimes et on sent vraiment une belle maîtrise de l’outil numérique, que ce soit dans la gestion des ombres ou des effets de lumière. Dans l’ouvrage en lui-même, on note des personnages fins et réalistes. Ils s’intègrent bien dans le monde en ruine qui n’est pas des plus variés mais qui fait le boulot sans aucun soucis.
Les armures résultant de la fusion du robot morphing et de son maître restent le point graphique le plus important (puisque l’histoire est quand même basée là-dessus) et l’auteure s’en sort avec brio. On retrouve un design simple mais efficace qui se fond bien dans le décor et qui parvient à se démarquer de ce qui se fait déjà en matière d’armures.

Pas de traduction ici, on a le texte original de la créatrice sans filtre et sans altération. On sent une écriture légère et plutôt féminine avec des petites blagues qui viennent ponctuer certaines scènes plus « tranquilles ». Le petit détail qui vous ennuiera peut-être un peu, c’est cette manie d’introduire des phrases en anglais de manière aléatoire alors qu’une version française de l’expression aurait eu le même effet.
L’ouvrage, c’est du Ki-oon tout craché. L’éditeur propose ce shônen dans un format seinen (comme Outlaw Player en fait) au format semi-rigide parfait en main. Avec un papier de qualité, il y a tout ce qu’il faut pour profiter de l’ouvrage en toute sérénité.

It's morphing time!

Graphisme - 70%
Histoire - 60%
Mise en scène - 56%
Originalité - 68%
Edition - 75%
Dans son genre - 60%

65%

Futur

Green Mechanic est une production qui semble vraiment refléter son auteure mais quelques travers du "manga à la française" à ses débuts. Même si ça se lit sans trop de soucis, on n'arrive pas au niveau de fluidité d'Outlaw Player chez le même éditeur ou de l'excellent Dreamland. Cependant, les bases posées par SHIN sont assez intéressant pour faire en sorte que l'on revienne au moins pour le tome 2.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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