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Golden Kamui Tome 1

Golden Kamui – Tome 1

Golden Kamui – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Golden Kamui
Dessin : Satoru NODA
Scénario : Satoru NODA
Traduction : Sébastien LUDMANN
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 196
Date de parution : 25/08/2016

Saichi Sugimoto est une véritable légende de la guerre russo-japonaise du début du XXe siècle. Surnommé “l’Immortel”, il a survécu aux pires batailles menées dans les régions les plus sauvages qui soient. Mais quand le conflit se termine, il se retrouve seul et sans le sou… C’est alors qu’il apprend l’existence d’un fabuleux trésor de 75 kilos d’or accumulé par les Aïnous, peuple autochtone vivant en harmonie avec la nature. Hélas, le magot a été volé, puis caché par un homme désormais enfermé dans la pire prison d’Hokkaido. Les seuls indices menant au butin sont de mystérieux tatouages inscrits sur la peau de criminels évadés…

Pour Sugimoto, la chasse au trésor est lancée… Cependant, seul, il a peu de chances de s’en sortir. À peine sa quête commence-t-elle qu’il manque de se faire déchiqueter par un ours brun ! Il ne doit la vie qu’à l’intervention providentielle d’Ashirpa, jeune indigène liée aux propriétaires légitimes du butin. Ils décident de faire équipe pour affronter les nombreux dangers qui les guettent sur la route de l’or des Aïnous…

spoilers

Souvent, quand on parle de l’ère Meiji, beaucoup de gens pensent spontanément au Shinsengumi ou à Kenshin le vagabond. Bref, ils pensent tout de suite à cette période de transition et d’ouverture qu’a connue l’archipel nippon. Cependant, qui dit « ère » dit « période temporellement assez vaste ».
Ainsi, même si l’action de Golden Kamui se passe pendant l’ère Meiji, le contexte politique est assez différent de celui rencontré dans l’œuvre de WATSUKI. Exit le XIXe siècle, et bonjour le XXe siècle post-guerre russo-japonaise !

Attention, la guerre n’est pas non plus absente du récit de NODA, bien au contraire : c’est elle qui l’ouvre, en nous plongeant in medias res dans la violence et l’horreur d’une bataille, sans réellement présenter le héros de cette nouvelle série, Saichi Sugimoto.
Ce qui pourrait être problématique pour la bonne compréhension de l’histoire et de qui est le personnage principal ne l’est pas, car grâce à ce procédé, on rentre directement dans son quotidien de soldat, et on comprend très vite que sa vie n’a pas été une sinécure, au vu de ses nombreuses cicatrices faciales.

Golden Kamui - Tome 1 (Planche 5)
GOLDEN KAMUY © 2014 by Satoru Noda / SHUEISHA Inc.

En seulement quelques pages, la figure héroïque de Sugimoto se profile complètement. Alors qu’il se prend une balle de fusil en pleine gorge, touchant ainsi sa jugulaire (si ce n’est sa carotide), sa fureur de vivre et de combattre s’accroît et il poursuit son attaque, en éliminant nombre de soldats ennemis.
En peu de mots et d’images, on comprend rapidement la force de Sugimoto et sa ténacité hors du commun, ce qui suffit amplement pour le poser comme héros.

Cette introduction ne sert qu’à revenir sur le passé du soldat, afin d’amener en douceur le vrai cœur de l’intrigue : la chasse au trésor pour un butin de 80 000 yens en or, dérobé au peuple aïnou de l’île d’Hokkaïdô (peuple auquel appartient Horohoro, l’un des personnages principaux de Shaman King).
Tout comme pour le début du tome, on est happé dans l’aventure et on ne lâche pas le tome avant la fin. Le rythme est soutenu même si l’auteur prend le temps de bien expliquer certains éléments clés (comme les conditions de la chasse).

Outre ce rythme efficace et qui dynamise le récit, les passages revenant sur les traditions des aïnous sont pertinents et toujours intéressants. Ils nous font découvrir, ainsi qu’à Sugimoto, une culture qui nous est étrangère. D’ailleurs, ce traitement n’est pas sans rappeler celui que Kaoru MORI fait dans Bride Stories, avec la culture de la route de la soie à la fin du XIX° siècle. Ashirpa, la jeune aïnoue, a également des traits proches de ceux de certains personnages de MORI, ce qui renforce le lien qu’on peut faire entre les deux séries.

Golden Kamui - Tome 1 (Planche 2)
GOLDEN KAMUY © 2014 by Satoru Noda / SHUEISHA Inc.

Ce mélange d’action et d’anthropologie n’est pas la seule qualité de l’œuvre. Les graphismes le sont aussi. Les décors sont dessinés avec soin et précision, de même que les vêtements que portent les personnages (notamment ceux d’Ashirpa, qui ont le droit à une analyse plus poussée sous la jaquette du tome) ; les personnages sont très expressifs et rendent l’histoire d’autant plus vivante.

NODA n’essaye pas, en plus, de réduire la violence de certaines scènes. On reste dans un réalisme assez cru par moments (on voit quand même un homme se faire écorcher, certes pas en gros plan, mais ce n’est pas sous-entendu non plus). Personnellement, le fait que Sugimoto ait une petite ressemblance physique avec Jotaro Kujo m’a fait un peu rire.

On pourrait encore dire des tas de choses au sujet de Golden Kamui, mais cela n’aurait que peu d’intérêt : ce serait vous révéler toute l’histoire. NODA n’a pas hésité à reprendre des éléments du passé pour les remettre en scène dans une chasse au trésor haletante. Certes, la guerre est finie et le Shinsengumi a été dissous, mais tous les soldats et tous ses membres ne sont pas morts à ce moment-là.

L’édition que nous offre Ki-oon est, comme c’est généralement le cas, très belle. La jaquette et la première page couleur servent à la qualité de l’œuvre, en nous offrant de belles couleurs non-criardes ainsi qu’un vernis sélectif sur le titre. Les pages sont épaisses tout en restant assez souples, juste ce qu’il fallait pour mettre en valeur chaque planche dessinée par NODA. On a donc encore affaire à un bel objet, conforme au prix que l’on a investi.

Souvent, quand on parle de l'ère Meiji, beaucoup de gens pensent spontanément au Shinsengumi ou à Kenshin le vagabond. Bref, ils pensent tout de suite à cette période de transition et d'ouverture qu'a connue l'archipel nippon. Cependant, qui dit "ère" dit "période temporellement assez vaste". Ainsi, même si l'action de Golden Kamui se passe pendant l'ère Meiji, le contexte politique est assez différent de celui rencontré dans l'œuvre de WATSUKI. Exit le XIXe siècle, et bonjour le XXe siècle post-guerre russo-japonaise ! Attention, la guerre n'est pas non plus absente du récit de NODA, bien au contraire : c'est elle qui l'ouvre, en nous…

Bouba, mon petit ourson

Graphisme - 86%
Histoire - 74%
Mise en scène - 81%
Originalité - 78%
Edition - 80%
Dans son genre - 78%

80%

Chasse

Dès les premières pages, on est plongé dans un récit intense et captivant qui nous entraîne dans une chasse au trésor saupoudrée d'anthropologie sur la culture aïnou et mis en valeur par un trait sublime. On ne regrette qu'une chose : qu'il faille attendre la suite...

A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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