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Gleipnir – Tomes 1 & 2

Gleipnir – Tomes 1 & 2 Éditeur : Kana
Titre original : Gleipnir
Dessin : Sun TAKEDA
Scénario : Sun TAKEDA
Traduction : Rodolphe GICQUEL
Prix : 7.45 €
Nombre de pages : 200
Date de parution : 06/04/2018

Shûichi Kagaya, un lycéen jusqu’ici sans histoires devient subitement capable de se transformer en un gigantesque « monstre » aux capacités hors normes. Il sauve ainsi la vie de Claire coincée dans une maison en feu. Mais Claire découvre son secret et également qu’elle a la possibilité de se faufiler, par le biais d’une fermeture éclair, dans la mascotte incarnée par Shuîchi. Et si Shuîchi n’était pas le seul dans ce cas !? Qu’est-ce qui attend ces deux lycéens désormais liés par le destin !? Leur plus grand combat est sur le point de commencer !! Ne faisons plus qu’un… à la vie, à la mort !

Si le premier tome n’était pas passé inaperçu au mois de février, c’est avec son deuxième opus que Gleipnir de Sun TAKEDA démarre réellement. Ce titre qui paraît chez Kana utilise les mascottes chères aux Japonais dans un univers oppressant, intrigant et propice aux affrontements.

Dans Gleipnir, on suit les tribulations de Shûichi, un jeune garçon qui va devenir une sorte de peluche géante avec une fermeture éclair dans le dos. Pour ceux qui ne seraient toujours pas intrigués, c’est l’endroit qu’utilise Claire, une fille qu’il a sauvé lors de l’une de ses premières transformations, pour rentrer en lui (littéralement) et le contrôler.

Comme dans beaucoup de mangas où le lecteur est plongé in medias res (dans le feu de l’action), il y a encore beaucoup de choses que l’on ignore. TAKEDA va se focaliser sur le moment pendant lequel son héros découvre ses nouvelles capacités même s’il ne sait pas pourquoi il les possède et comment il les a obtenues.
La relation entre Shûichi et Claire est plutôt bien développée et on a le début d’une véritable adoration de la jeune fille pour ce lycéen qu’elle ne connaissait pourtant pas. Elle est comme fascinée par cette transformation en mascotte contrôlable de l’intérieur qui va lui permettre d’atteindre ses objectifs. Son passé n’est pas tout rose et il y a une petite histoire de vengeance qui n’attend que d’être résolue.

Le mangaka combine intelligemment le passé de Claire avec le « problème » de Shûichi dans une histoire qui pourra être longue comme courte (selon ce que l’auteur voudra bien en faire). D’ailleurs, c’est dans le deuxième tome qu’il y a de nombreux éléments qui se mettent en place (relation entre les protagonistes, valeur des médailles, passé de Claire..). Le premier sert vraiment de vitrine pour ce que devrait être la série, tant au niveau graphique qu’au niveau des possibilités narratives (scènes d’action, capacités des mascottes…).

Ça ne se voit pas vraiment avec les couvertures mais le véritable point fort de Gleipnir, c’est indéniablement son ambiance. L’histoire commence comme un récit lycéen traditionnel mais vire au glauque en quelques pages. Il y a une atmosphère pesante dans le titre. On sent le poids de chaque action et chaque personnage est en danger constant. Peu importe sa place ou son importance dans le récit, on sent vraiment que tout peut arriver et qu’il n’y a rien qui puisse les protéger.

C’est d’ailleurs pour ça que la relation Shûichi/Claire est aussi importante. Les deux protagonistes sont interdépendants. Ils se complètent mutuellement, psychologiquement (puisque Claire booste la confiance de Shûichi) et physiquement (puisque la « mascotte » devient les « muscles » de Claire). Dans ce monde où personne n’est à l’abris, ils savent au moins qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre et qu’ensemble, ils pourront faire face aux différentes épreuves qui seront sur leur route.

Ce qui pourra peut-être gêner certains, c’est le nombre de panty shots dans le premier tome. Ils sont un peu moins présents dans le second mais peu importe où on les retrouve, ils sont impossibles à justifier. Le dessinateur se fait clairement plaisir et les utilise pour attirer le lecteur un peu voyeur dans l’univers de sa série alors qu’il n’en a clairement pas besoin (l’histoire est assez intéressante pour le faire toute seule).

Bon, on ne va pas se mentir, Gleipnir, c’est juste magnifique. Le coup de crayon de TAKEDA est précis et tout en rondeurs (on le voit bien évidemment sur les personnages féminins que l’auteur aime énormément à dessiner). Que ce soit au niveau des personnages qui ont tous une individualité graphique forte ou des décors qu’il réussit à bien varier en quelques chapitres seulement, on sent qu’il ne fait pas les choses à moitié (d’ailleurs, le rythme de publication doit lui laisser le temps de bien peaufiner ses planches).

Dans la fabrication, on retrouve le format seinen de l’éditeur (c’est la collection Dark Kana après tout) comme on avait pu le voir sur des titres comme Après la pluie. C’est ultra-souple (les canons français modernes…) mais le nombre de pages est assez conséquent pour qu’on puisse le lire à peu près sans que ça marque. Le papier grisâtre est assez transparent et c’est assez dommage car ils ne peuvent clairement pas mettre les superbes dessins de TAKEDA en valeur.

Au niveau de la traduction, il n’y a pas vraiment de difficulté ou du moins il est difficile de vraiment les voir. Le vocabulaire reste assez classique et il n’y a pas vraiment de termes spécifiques dans le titre (de quoi faciliter un peu le travail de GICQUEL). Cependant, on ne s’arrête à aucun moment lors de notre lecture, preuve qu’il y a un vrai travail sur la tournure des phrases.

Montre-moi tes entrailles, je te dirais qui tu es.

Graphisme - 80%
Histoire - 69%
Mise en scène - 77%
Originalité - 71%
Édition - 60%
Dans son genre - 72%

72%

Monsters Inc.

Gleipnir est une bonne surprise des éditions Kana qui publient un titre délicieux graphiquement et bien construit d'un point de vue de l'histoire. Grâce à son ambiance aux petits oignons et à ses personnages frais et vrais, il devrait facilement plaire au plus grand nombre. Avec un rythme assez lent au Japon, il ne devrait pas non plus faire trop mal au portefeuille des lecteurs. Que demander de plus ?




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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