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Gigantomachia – Guerre titanesque… ou pas

Gigantomachia – Guerre titanesque… ou pas Éditeur : Glénat
Titre original : Gigantomachia
Dessin : Kentarô MIURA
Scénario : Kentarô MIURA
Traduction : Anne-Sophie THEVENON
Prix : 6.9 €
Nombre de pages : 240
Date de parution : 15/07/2015

Dans la mythologie grecque, la Gigantomachie narre la lutte épique des Dieux, menés par Zeus, contre la révolte des géants, frères des Titans et fils de Gaia. Dans ces récits, Zeus remporte la victoire en faisant notamment appel à Héraclès, car seul un humain pouvait battre les géants. Kentaro Miura, auteur du mythique Berserk, s’empare de cette légende et livre ici un récit similaire qu’il s’amuse à placer néanmoins 100 ans dans le futur. Delos, un ex lutteur, mené par Prome, une mystérieuse jeune fille, se voit transporté dans l’avenir afin de lutter contre les forces insectoïdes du géant Alcyon.

Quand l’auteur de Berserk décide de faire une pause pour dessiner autre chose, ça donne quoi ? Eh bien ça donne Gigantomachia. Retour sur un titre qui n’a pas de Berserk que le titre.

Quand on pense à Miura, impossible de ne pas penser à Guts et son épée monstrueuse qui pourfendent des créatures démoniaques. Pourtant, Gigantomachia se place comme quelque chose de nouveau, comme une respiration qui lui permettrait de parler un peu d’autre chose sans avoir à satisfaire un pool de fan très pointilleux.

Le pitch de base est très simple. Deux êtres sont à la recherche d’un peuple sans trop qu’on sache pourquoi. Dès le départ, l’auteur installe un climat sombre, assez secret en ne nous révélant pas grand chose sur l’univers qu’il a créé ni même les personnages sur les personnages qui le peuplent. Les deux héros fonctionnent en opposés : masculin/féminin, adulte/enfant, pudique/exhibitionniste, calme/excité…

Que ce soit Promé ou Délos, ils n’ont quand même pas l’air si inquiétés que ça lorsqu’ils se font attaquer par des guerriers mi-scarabées mi-humains. Miura, pour nous montrer quel genre d’homme est son héros, va commencer son oneshot par un combat épique. L’affrontement des muscles contre la carapace donne un résultat intéressant même si, du point de vue du scénario, il sème le doute dans l’esprit du lecteur.

En effet, ce premier combat dure un peu plus d’un tiers du volume, ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour parler de Promé ou pour développer le problème du peuple Scarabée. Très vite, on sent que l’auteur s’en moque. Peu importe l’espace qu’il restera, il fait ce qu’il a envie de faire.

Cette attitude est très marquée dans Gigantomachia. Alors que Miura partait sur une histoires de guerre entre des géants, il se rend compte que développer la façon d’être de son protagoniste est plus intéressant donc il le fait. C’est simple et peu d’auteurs auraient été capables de faire de ce choix.

On retrouve bien évidemment l’aspect guerre dans la deuxième partie du tome mais ce n’est pas ce qui est le plus développé. Le combat en lui-même n’est même que très rapide. Si vous vous attendiez à des combats titanesques, vous n’avez pas vraiment frappé à la bonne porte.

Une fois arrivé au bout, on ne peut pas enlever cette sensation de « prologue » qui nous colle à la peau. Difficile de se dire que ce volume de Gigantomachia est le dernier, qu’il n’y a rien après. Même si c’était très court, les deux personnages principaux sont assez bien écrits pour laisser une marque chez le lecteur et créer en lui un sentiment d’inachevé, de gâchis même.

Graphiquement, Miura n’en est pas à son coup d’essai et ça se voit. Pour ceux qui en doutent, jetez votre oeil curieux sur une ou deux planches et vous verrez que le travail du mangaka fourmille de détails et qu’il n’a aucun problème pour faire comprendre à son lecteur le gigantisme caractéristique des humanoïdes que sont les géants.

Niveau édition Glénat ne se mouille pas et nous propose une version seinen classique. Le format est un peu plus grand que leur format shônen et les pages sont un peu plus épaisses et un peu moins blanches. Sans cela, il aurait été difficile de profiter au maximum des dessins de Miura qui, dans sa folie du détail, se fait plaisir au niveau trames (si le papier était transparent, je ne donne pas cher du plaisir de lecture…). Malheureusement, on note de nombreuses bulles coupées en fin de pages, ce qui n’est pas très pratique quand on considère le peu de textes de certaines zones… Un petit raté, dommage.

Bref, c’est agréable à lire en standalone mais on ne peut qu’être déçu par la nature unique du volume voulue par l’auteur.

Perdus dans le désert… (air connu)

Graphisme - 85%
Histoire - 37%
Mise en scène - 42%
Originalité - 63%
Edition - 36%
Dans son genre - 50%

52%

Scarabéééééééé !!!

Au final, je crois que Gigantomachia, plus qu’un oneshot, pourrait faire office de prologue à une future série de l’auteur. Ce tome à tous les ingrédients nécessaires à une exposition réussie : des personnages intéressants, une situation de base plus complexe qu’il n’y paraît, une fin ouverte…




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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