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Gantz Perfect Edition T1

Gantz Perfect Edition – Tome 1

Gantz Perfect Edition – Tome 1 Éditeur : Delcourt/Tonkam
Titre original : Gantz
Dessin : Hiroya OKU
Scénario : Hiroya OKU
Traduction : Laurent LATRILLE
Prix : 15 €
Nombre de pages : 430
Date de parution : 05/07/2017

Gantz revient dans une version en double volume. Nouveaux fichiers, mise en page retravaillée. En 18 volumes, cette mythique série de science-fiction à suspense va vous faire revivre le parcours initiatique de Kurono pour sauver la terre d’une terrible invasion.

Kei et Masaru, deux anciens amis de primaire, sont écrasés par un train après avoir sauvé un ivrogne tombé sur une voie… Ils ont néanmoins la surprise de se réveiller dans un appartement inconnu, entourés d’autres personnes ayant également connu la mort. Là, une étrange sphère noire appelée « Gantz » ordonne à tout le groupe d’éliminer un certain « homme poireau ». Une mystérieuse lutte commence alors !

Alors que le rythme de Last Hero Inuyashiki se fait plus lent chez Ki-oon, les éditions Delcourt/Tonkam nous proposent une dose supplémentaire d’Hiroya OKU en publiant une nouvelle version de Gantz, la série qui l’a propulsé vers les sommets. Le fond n’a pas changé, la forme oui, mais est-ce vraiment une bonne chose ?

Non.
La réponse est évidente pour quiconque aurait eu les deux versions en main. Cependant, avant de parler de l’édition, il paraît plus logique de remettre la série en contexte et de montrer que même si l’éditeur a effectué un travail loin d’être satisfaisant, le mangaka a, lui, complètement rempli le contrat passé avec le lecteur, à savoir le celui de le divertir.

Gantz fait partie de ces titres arrivés au bon moment et chez le bon éditeur. À l’époque, Tonkam avait pris soin de l’oeuvre d’OKU et ne l’avait pas fait pour rien. Le manga venait lancer en France un genre qui est maintenant très répandu et dont le public est très friand, à savoir les jeux macabres.

Kurono et Kato sont impliqués malgré eux dans un combat qui les dépasse et qui se présente sous la forme d’un jeu de chasse. Alors qu’ils meurent écrasés par un train, ils vont se retrouver dans une chambre où une sphère noire leur ordonne de repérer un alien et de lui faire mordre la poussière.
Pour mieux vous mettre dans l’ambiance, n’hésitez pas à aller faire un tour sur ce lien histoire de voir avec quelle chanson ces « nouveaux morts » sont accueillis par la mystérieuse boule noire.

La base de l’histoire est simple mais assez géniale. Il y a assez de mystère pour garder le lecteur intéressé et une bonne alternance entre les dialogues et les scènes d’action.
OKU sait aussi donner à son histoire un rythme effréné et même le pavé de plus de 400 pages qui constituent cette édition double se lit en moins de 30 minutes.

Le dessinateur possède un style très visuel et n’hésite pas à embarquer son lecteur dans de nombreuses scènes sans dialogues. Ses personnages sont tellement expressifs qu’ils n’ont pas vraiment besoin de parler pour que l’on comprenne ce qu’ils ressentent.

Impossible de parler du trait du mangaka sans évoquer ses décors photo-réalistes et son amour des belles courbes.
Il y a un vrai travail sur les arrière-plans et on voit que rien n’est laissé au hasard. Les rues de Tokyo semblent se dévoiler devant nous et il ne serait pas étonnant que quelqu’un qui soit déjà passé par la capitale japonaise reconnaisse les lieux utilisés. En réalité, même quelqu’un qui se serait documenté sur la ville devrait pouvoir s’y retrouver.

Si OKU semble s’en donner à coeur joie dans la violence, il n’hésite pas non plus à nous donner des indices particulièrement graphiques sur une autre de ses grandes passions : les femmes.
Si Gantz est une série à ne pas mettre entre toutes les mains, ce n’est pas seulement à cause des découpages d’aliens et des gerbes de sang tarantinesques qui les accompagnent, c’est aussi parce que l’auteur n’hésite pas à dessiner les corps de ses héroïnes de manière très crues.
Kishimoto, première femme à apparaître dans la mystérieuse chambre, débarque complètement nue. Il est vrai qu’elle a tenté de mettre fin à ses jours en se suicidant dans sa baignoire mais il n’était pas nécessaire de montrer son transfert en détail et de faire des gros plans sur les parties intimes de son anatomie.
Ceux qui ont déjà lu la série savent que ce n’est que le début, à vous de voir si c’est quelque chose qui vous rebute ou qui ne vous gène pas si c’est bien intégré (et pour le coup, ça l’est).

Graphiquement, c’est vraiment très beau et la série va s’améliorer au fil des tomes et même au niveau de l’histoire, on a quelque chose qui tient la route (même si… enfin bref… disons que vous risquez d’être surpris). Le vrai souci de cette nouvelle version de Gantz, c’est sans aucun doute son édition.

Il est vraiment difficile de comprendre la démarche de Delcourt/Tonkam. L’éditeur annonce ce nouvel ouvrage comme une perfect edition, c’est même écrit sous le titre, que ce soit sur la première de couverture ou sur le dos, mais pourtant, l’object n’a absolument rien d’être parfait. Au plus, on se trouve en présence d’une édition double un peu fainéante comme on avait pu en voir chez Pika et chez Panini.

Lors de sa première sortie, Gantz avait eu le droit à une édition de très bonne facture : vernis sélectif, format seinen, papier bien blanc, ouvrage semi-rigide, traduction efficace (pour ce qu’il y avait à traduire, ce n’était pas bien difficile mais quand même) et une ou deux pages en couleur en début de volume.

Ici, vous pouvez oublier la moitié de ces points positifs. Si la traduction n’a pas changé, la fabrication est complètement différente avec un manga ultra souple (pour plier un pavé de 400 pages sans mettre aucune force, il faut vraiment qu’il soit imprimé sur du papier à cigarette) avec des pages ternes particulièrement fines, ce qui ne va pas aider à la lisibilité des pages sombres d’OKU.
Adieu les pages en couleurs, elles ne sont ni mentionnées ni gardées et même si elles étaient minimales (une pin-up par ci, un véhicule par là), elles apportaient un petit plus à un titre qu’on pouvait lire en 10 minutes montre en main et qui coutait près de 10 euros. Ici, il y a deux volumes pour 15 euros, c’est un peu mieux mais quand on voit la perte de qualité, ce n’est pas sûr que le lecteur gagne au change…

Si Delcourt/Tonkam a eu la présence d’esprit de garder la traduction, il n’ont pas cherché à l’améliorer pour autant. Il n’y a aucune retouche sur les mots utilisés par Laurent LATRILLE à l’époque et ce n’est peut-être pas plus mal quand on voit que tout ce qui a été retouché pour cette « Perfect Edition » a perdu en qualité.
C’est le cas du lettrage qui a été « revu »… pour faire pire. Césures, bulles remplies n’importe comment, léger décalage de certaines pages qui bouffent des bulles… C’est du grand Tonkam des mauvais jours qui ne donne vraiment pas envie de s’investir dans la suite et ce, même pour les gros fans de la série.

Pas sûr que le (petit) marque page offert puisse réconcilier les fans avec une édition complètement ratée et particulièrement boiteuse. Pourquoi la nommer « perfect » quand elle n’est qu’une vulgaire édition double dont la maquette a, à peine, été retravaillée ? Pourquoi ne pas tout simplement avoir réédité les tomes de la première édition avec de nouvelles couvertures ?

Que l’on adore Gantz ou que l’on ne connaisse pas la série, pour le coup, ces nouveaux ouvrages ne pourront qu’apparaître comme ratés.

Boucherie végétarienne

Graphisme - 81%
Histoire - 66%
Mise en scène - 84%
Originalité - 71%
Edition - 11%
Dans son genre - 81%

66%

Loin d'être "perfect"

Cette nouvelle édition de Gantz est une vraie catastrophe à tous les niveaux : pas de nouvelle traduction, un lettrage presque plus foireux que l'original, une suppression des pages en couleur, et une qualité d'ouvrage clairement amoindrie. Heureusement que le titre est toujours aussi beau et dynamique, au moins il y a du positif pour inciter les nouveaux lecteurs à se lancer dans l'aventure. Si vous possédez déjà le titre, passez votre chemin !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

6 commentaires

  1. « (même si… enfin bref… disons que vous risquez d’être surpris) » => #LesVraisSavent 🙂

    Soulagé de retrouver ici les mêmes réserves au sujet de l’édition. Les fichiers sont peut-être de meilleure qualité, le prix plus « compétitif », mais le rendu global ne m’a pas emporté. Après peut-être que dans les autres volumes il y aura des bonus ?

    • J’espere que ça ne veut pas dire que ça s’empire par la suite :/

    • Ours256

      Franchement, j’y crois pas plus que ça. J’achèterais quand même le second tome pour être sûr mais ça sent pas bon du tout…

      Les fichiers de meilleur qualité, c’est aussi du flanc. Mes anciennes versions n’ont rien à envier à cette nouvelle édition, à aucun niveau. Au moins, elles sont imprimées sur du papier blanc.

      • Moi ce que je vois, c’est que j’avais pas les moyens de commencer une ancienne série de 37 tomes à 9.35€ le tome (346 euros).
        La, je vais pouvoir suivre le rythme des sorties, 18 tomes à 15 euros (270€).
        Ca semble ne pas être une si grosse économie, mais pour moi ça l’est et 7.50/tome au lieu de 9.35, ça fait moins mal à la caisse et ça laisse des sous pour compléter les autres séries en cours…

      • Alors j’attends ton retour sur le second tome pour voir si je me lance ou non en sachant que j’ai l’ancienne édition…

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