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Dossier Boichi

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Gambling School T1

Gambling School – Tomes 1 & 2

Gambling School – Tomes 1 & 2 Éditeur : Soleil Manga
Titre original : Kakegurui
Dessin : Tôru NAOMURA
Scénario : Homura KAWAMOTO
Traduction : Julie GERRIET
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 256
Date de parution : 28/06/2017

Dans cette école, ce ne sont ni les résultats scolaires ni les performances sportives qui comptent, mais les prouesses aux jeux de hasard. Des sommes parfois colossales peuvent être pariées. Les élèves les plus forts sont enviés, les plus faibles persécutés. Yumeko, une nouvelle élève, est immédiatement placée sur la liste des personnalités à surveiller. Étrangement, elle ne semble pas être là pour «gagner», mais par pur amour du jeu et de l’excitation…

Annoncé il y a quelques semainesGambling School de Tôru NAOMURA et Homura KAWAMOTO bénéficie d’une belle actualité avec la diffusion de son adaptation animée dès le 2 juillet via le géant du streaming Netflix. Chez nous, c’est grâce à Soleil Manga que vous pouvez le découvrir et ce, dès aujourd’hui dans vos librairies préférées !

On ne sait pas trop pourquoi ni comment Yumeko se retrouve à Hyakkaô mais une chose est sûre, son arrivée ne passe pas inaperçue. Dès son premier jour, elle va mettre l’une de ses camarades de classe dans une situation difficile en lui faisant perdre une somme d’argent colossale. Eh oui, à Hyakkaô, la spécialité, ce n’est pas le sport ou la musique mais le pari. Les élèves participent tous à des jeux divers qui vont brasser beaucoup de billets verts mais surtout déterminer leur statut social.

Les élèves endettés, tout comme les plus pauvres, sont traités comme des animaux de compagnie avec une étiquette qu’ils porteront comme un marque d’infamie : Pochi (nom très populaires pour les chiens au Japon) pour les garçons et Mike (nom très populaire pour les chats au Japon) pour les filles. Quoi de plus normal dans une école où les jeux d’argent sont rois ?
En tout cas, il y a un vrai système de caste qui donne tous les pouvoirs aux gros parieurs et aux généreux donateurs. En fait, dans le monde de Gambling School, tant que vous avez de l’argent, vous faites partie des puissants. Comme dans toute société inégalitaire qui se respecte, les plus faibles seront forcément traités comme des moins que rien.

Les auteurs ne vont pas se focaliser sur cet aspect mais vont assez le développer pour qu’on comprenne que les intentions du Conseil des élèves, qui a mis en place ce système de caste, ne sont pas particulièrement altruistes. Il y a quelque chose (ou plutôt quelqu’un) de très malsain à la tête de ce groupe qui règne en maître sur Hyakkaô et on le comprendra très rapidement lors de la lecture du deuxième tome.
Il y aura un petit passage qui viendra annoncer très clairement les ambitions du Conseil et le lecteur commencera à entrevoir les véritables enjeux de la série ainsi que la raison de la présence de Yumeko dans l’école.

Dans ce monde où l’erreur n’est pas permise, cette nouvelle fraîchement débarquée s’avère être un personnage fascinant qui se nourrit d’excitation. Elle ne vit que pour ça et ne réfléchit pas vraiment aux conséquences de ses actes même si elle sait accepter la défaite. Il y a beaucoup de folie dans l’attitude de Yumeko mais aussi beaucoup d’intelligence. Chacune de ses actions est maîtrisée et elle n’hésite pas à donner de sa personne pour débloquer une situation.
Belle, sombre, complètement tarée… NAOMURA et KAWAMOTO nous ont concocté un mélange qui fait des étincelles pour habiller le personnage qui sert de pilier à leur série.

Dans l’idée, Gambling School a un petit quelque chose de Liar Game. Que ce soit au niveau des jeux, des grosses sommes mises en jeu et des perdus tous plus tordus les uns que les autres, on retrouve bien l’ambiance de l’oeuvre de Shinobu KAITANI et ce n’est pas pour nous déplaire. L’ambiance aussi correspond parfaitement à ce mélange entre excitation et oppression qui faisait les beaux jours de l’oeuvre publiée chez Tonkam il y a quelques années.

Le lecteur est d’ailleurs très vite pris par cette envie dont font preuve les personnages les plus importants de la série. Que ce soit Yumeko ou les membres du conseil des élèves, tous sont pris d’une folle envie de parier. Ils sont accrocs à cette sensation de danger, à cette poussée d’adrénaline provoquée par la mise en jeu d’une grosse somme d’argent. Pour eux, posséder des liquidités n’est d’ailleurs qu’un moyen pour parvenir à ses fins.
Même quand l’héroïne se retrouve très endettée, elle ne semble pas gênée le moins du monde et sa soif de jeu ne va pas s’arrêter pour autant. Au contraire, elle va même continuer à chercher les paris les plus fous, comme si sa faim de jeu n’avait aucune limite…

Le dessin d’Homura KAWAMOTO est tout simplement magnifique. L’auteur nous propose un trait qui n’est pas sans rappeler celui de Prison School. Bon, il faut avouer qu’il n’est pas encore au niveau d’Akira HIRAMOTO mais il y a quelques planches qui montrent clairement qu’il évolue dans ce sens. En tout cas, on a le droit à de super pages d’introduction de chapitre stylisées à souhait mais aussi à des plans rapprochés sur Yumeko qui sont à couper le souffle.
Pour souligner le côté « jeu », les planches ne sont pas organisées de manière totalement traditionnelle. Le dessinateur n’hésite pas à varier la forme de ses cases pour les adapter au défi en question. Ainsi, on aura des cases assez hautes pendant le jeu de dés et un peu plus de plans d’ensemble pendant le fameux Indian Poker où l’une des deux cartes ne peut être vue que par ses adversaires.

L’ambiance aussi est aux petits oignons grâce aux choix des auteurs de montrer certaines choses et pas d’autres. En repassant sur certains chapitres, on remarque d’ailleurs que les petites tricheries sont bien là dès le départ et qu’ils ont laissé des indices permettant au lecteur de les répéter de manière immédiate (mini-spoiler : regardez bien la position des cartes pendant la partie d’Indian Poker).

Notez aussi l’importance du regard dans le trait du dessinateur (on le voit immédiatement sur la couverture du premier tome, c’est dire s’il joue dessus !). Les yeux ont une importance capitale et seront de parfaits véhicules pour les émotions mais surtout pour la folie qui hantent les parieurs les plus fous de la série. Entre Yumeko et ses regards hypnotiques, Saotome et ses yeux blanchis par les montées d’adrénaline, la variété est de mise.

Comme à son habitude, Soleil se fait vraiment plaisir au niveau de la couverture. On a le droit à un logo splendide qui vient parfaitement donner la couleur de la série. Quand on commence à connaître Yumeko, on comprend que ce n’est pas un hasard si c’est la carte de coeur que l’éditeur a décidé de mettre en avant.
Pages en couleur, traduction vraiment bien gérée quand on regarde la complexité de certains jeux et du vocabulaire qui en découle, ainsi qu’un format seinenIl n’en fallait pas moins pour l’arrivée d’un titre de cette qualité chez l’éditeur. Avec des ouvrages qui tendent de plus en plus vers le qualitatif (notez le papier plus blanc que crème), Soleil est un éditeur qui (au contraire de Tonkam) semble avoir vraiment bénéficié de la fusion avec le groupe Delcourt.

Que l'argent et les paris coulent à flots !

Graphisme - 81%
Histoire - 75%
Mise en scène - 83%
Originalité - 75%
Edition - 75%
Dans son genre - 83%

79%

Bet

Gambling School est définitivement l'un de nos gros coups de coeur de cette année et ce n'est pas pour rien s'il a vendu 2,8 millions d'exemplaires au Japon (en comptant les spin-offs). Avec ses scénarios alambiqués, ses personnages tordus à souhait et son dessin somptueux, il y a vraiment très peu de raisons pour ne pas être séduit. Amateurs de seinen, vous êtes prévenus !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

2 commentaires

  1. D’après certains retours il y a beaucoup de fautes d’orthographe grossières sur les deux tomes pouvant gêner la lecture.

    • Ours256

      Très franchement, j’en ai bien vu quelques unes qui trainaient mais rien qui m’a fait saigner des yeux et encore moins susceptibles de me gâcher la lecture. Le titre est vraiment solide, pour faire décrocher, il aurait vraiment fallu y aller fort…

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