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Empress of Flame

Empress of Flame Éditeur : Delcourt/Tonkam
Titre original : Eiyuu Kyoushitsu - Honoo no Jotei
Dessin : Takashi MINAKUCHI
Scénario : Shin ARAKI
Traduction : Lilian LEBRUN
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 29/03/2017

Blade est un ex-héros dépossédé de ses pouvoirs après avoir terrassé l’empereur du Mal. Redevenu un étudiant ordinaire, le roi l’envoie reprendre ses études dans une académie d’élite qui forme des héros en devenir ! Rapidement dans le collimateur d’Arnest, surnommée « Empress of Flame », n° 1 de l’académie, Blade va vite se rendre compte qu’elle et son épée cachent un mystérieux secret…

Arrivé très discrètement sur le marché français chez l’éditeur Delcourt/TonkamEmpress of Flame est un spin off de light novel par Shin ARAKI et Takashi MINAKUCHI qui fait office de bon divertissement, pour peu qu’on cherche un petit oneshot à se mettre sous la dent.

Si vous êtes assez curieux et que vous aimez bien regarder les postfaces avant même de lire l’oeuvre, vous apprendrez que l’histoire d’Empress of Flame est en fait une réécriture d’un passage du light novel d’origine mais avec un point de vue différent, en l’occurrence celui d’Arnest.

Même s’il est vrai que c’est un détail complètement inutile pour le lecteur français qui n’a pas accès à l’oeuvre écrite, l’information a le mérite d’être dans le volume. Cependant, on se rend compte grâce à ce petit texte que c’est l’auteur du roman lui-même, Shin ARAKI, qui signe le scénario du manga et c’est donc lui qui est à l’origine du changement de point de vue, de quoi rassurer ceux qui n’aiment pas voir les oeuvres aux mains de différents scénaristes.

La fameuse Arnest est la meilleure élève d’une académie de héros. Forte, impassible et toujours « trop » sérieuse et concentrée sur ses études, elle est évidemment isolée en se forgeant une personnalité repliée (et condescendante par moments) et n’a aucune amie. C’est alors que débarque Blade, bout-en-train « je m’en foutiste » qui n’hésite pas à aller lui parler et tente immédiatement d’établir le contact avec celle que beaucoup considèrent dans l’académie comme inaccessible.

Vie scolaire, élève de haut niveau en difficulté sociale, nouvel élève enthousiaste… Il n’y a, dans la base du scénario, absolument rien d’original. En lisant les premiers chapitres, on s’attend à une banale comédie romantique en milieu scolaire avec le côté héroïque comme élément venant différencier le titre des autres productions du même genre.
Arnest et Blade sont deux personnages qui rentrent parfaitement dans les stéréotypes de l’héroïc-fantasy. Que ce soit au niveau de leur chara-design ou même de la base de leurs caractères, on a une sévère impression de déjà-vu. Que ce soit la jeune fille qui se replie sur elle-même car elle ne sait pas vraiment se comporter avec les autres (la faute à une famille qui lui a mis la pression toute sa vie) ou le jeune garçon insouciant, il n’y a rien de vraiment original à se mettre sous la dent.

Pourtant, le scénariste parvient à développer ses personnages assez intelligemment pour qu’on s’attache à eux très rapidement. La relation entre les deux protagonistes y est pour beaucoup. D’un côté, on a Blade qui se voit immédiatement comme un ami d’Arnest et de l’autre côté, la jeune fille qui ne le voit que comme un obstacle, un personnage gênant qu’on aurait mis devant elle. Elle va mettre du temps à lui faire confiance alors qu’il ne cherche pourtant qu’à aller dans sa direction et ce, dès leur première rencontre.

Arnest, de par son passé et la tâche qui lui incombe devient alors une héroïne un peu perdue, à laquelle un(e) adolescent(e) pourra facilement s’identifier. Entre la pression familiale, le poids de la sphère sociale et les petits soucis liés à son épée démoniaque (bon, ceux-là, peu de jeunes gens peuvent les comprendre), ARAKI s’est donné de très bons outils pour pouvoir faire évoluer son personnage et le rendre plus consistant.
C’est bien elle et personne d’autre qui est au centre du récit mis en images par Takashi MINAKUCHI. Même Blade, que l’on imaginait en deuxième personnage principal, ne parvient pas vraiment à assumer ce statut et sera relégué au second plan. De son côté, le jeune garçon reste un peu plus plat. Il était un héros au départ et le restera jusqu’à la fin. Sa seule marge d’amélioration vient de ses connaissances des dures lois du système scolaire, chose qu’il ne connaît pas vraiment et qu’il va devoir apprivoiser.

Graphiquement, le travail du dessinateur est très bon (c’est légèrement au dessus des standards modernes) et on sent qu’il a quand même un très bon coup de crayon. Les personnages qu’il met en images sont sublimes (sous tous les angles, vous êtes prévenus) et il se permet quelques petites fantaisies au niveau du découpage qui sont parfaites pour dynamiser l’action lors des affrontements (psychologiques ou physiques).

Delcourt/Tonkam n’a rien fait de très particulier au niveau de l’édition. On retrouve quelque chose d’assez classique chez l’éditeur avec son format seinen traditionnel assez épais et semi-rigide. C’est plutôt pas mal en main et même si quelques phrases ont la syntaxe un peu maladroite dans la traduction de Lilian LEBRUN, l’ensemble reste cohérent et fluide et ne comporte rien qui pourrait réellement perturber votre lecture.

Vis ma vie de détentrice d'arme possédée par un démon qui essaye de me bouffer l'âme

Graphisme - 77%
Histoire - 63%
Mise en scène - 65%
Originalité - 60%
Edition - 70%
Dans son genre - 62%

66%

Flamme en avant !

Le lecteur s'attache très vite aux deux personnages principaux alors qu'il ne manquera pas de les considérer comme des clichés du genre après avoir parcouru les premières pages. Grâce à ce bon développement des protagonistes, on peut considérer Empress of Flame comme un petit oneshot plus sympathique à lire que ce l'on aurait pu l'imaginer.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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