Publicité


Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Mangas / Embalming, Une autre histoire de Frankenstein – Tomes 1~10

[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Publicité

Embalming, Une autre histoire de Frankenstein – Tomes 1~10

Embalming, Une autre histoire de Frankenstein – Tomes 1~10 Éditeur : Kazé Manga
Titre original : Embalming
Dessin : Nobuhiro WATSUKI
Scénario : Nobuhiro WATSUKI
Traduction : Yuki KAKIICHI
Prix : 6.99 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 18/01/2017

Une nuit profonde, une tempête de neige, des coups de tonnerre… Les parents de Fury sont massacrés par un homme couvert de cicatrices. Mais quand, cinq ans plus tard, le jeune garçon retrouve enfin le tueur, il comprend avec horreur que ce n’est plus réellement un humain… Le voilà alors entraîné dans une aventure sombre et brutale à travers l’Europe du 19e siècle !

Après le best-seller Rurouni Kenshin, Glénat nous avait proposé Buso Renkin de Nobuhiro WATSUKI, un titre pas franchement convaincant et c’est probablement pour cette raison qu’Embalming paraît chez Kazé Manga.
Après 7 ans de publication (à un mois près), les lecteurs français peuvent enfin découvrir la réinterprétation du mythe de Frankenstein d’un grand nom du manga. Ce faisant, il s’attaque à un classique de la littérature populaire anglophone. Sa version saura-t-elle convaincre ?

Il faut l’avouer, Buso Renkin était loin d’être un titre de qualité (c’est à se demander comment le manga a pu atteindre les dix volumes). Le dessin est presque un cran en dessous de celui de Kenshin, le scénario est assez sommaire et le tout donne une série vraiment très (trop?) shônen.
L’auteur, dans ses commentaires, donnait l’impression de ne pas vraiment être satisfait de sa série. En passant à la publication mensuelle (Buso Renkin était hebdomadaire) avec Embalming, il annonce avoir plus de temps pour travailler ses chapitres.

Fury et Wraith sont deux jeunes garçons rendus orphelins lors de l’attaque de la carriole qui les transportaient lors d’une froide nuit d’hiver. Ayant survécu à l’attaque de ce qu’ils ont pris pour un monstre gigantesque, ils se sont jurés de se venger une fois qu’ils seraient suffisamment entraînés.

Le jour de la revanche arrive finalement et là, c’est le drame, Wraith se fait littéralement balayer et Fury se retrouve en bien mauvaise posture face à ce monstre qui est ce qu’on appelle un Frankenstein. Il réussit cependant à survivre, mais à quel prix ?

L’histoire démarre assez simplement et avec des personnages plutôt classiques, ce qui fait que le lecteur n’est pas perdu. Il se retrouve avec quelque chose de plutôt direct et de familier. L’originalité vient de la façon dont WATSUKI introduit la créature de Frankenstein : comme un concept.
Il n’y en a pas qu’une. D’autres « créateurs » ont tenté de faire « perdurer » l’héritage du Dr Frankenstein avec plus ou moins de succès.

Voir ces monstres se balader dans l’Angleterre du XIXe siècle est assez intéressant et permet au mangaka de revisiter quelques mythes à sa sauce. Il va donc faire de personnages célèbres (le célèbre Jack l’Éventreur en tête) des Frankenstein !

La façon dont l’auteur s’amuse avec les histoires populaires de cette époque rend le récit beaucoup plus vivant et propice au clin d’œil. De plus, la « modification » de ces créatures en fait des monstres de combat surpuissants avec des pouvoirs plutôt atypiques.
Elm, avec sa tête de jeune ingénue, cache une peau de reptile qui lui sert de bouclier anti-choc, anti-brûlure, etc.

La relation entre Fury et Wraith est très particulière. Fury a sauvé la vie de ce dernier alors qu’il attendait la mort dans la carriole en feu. Ce lien est complété par Edel Weiss, une jeune fille (elle aussi sauvée par Fury) que Lord Weiss a adopté.

Wraith n’a pas eu une enfance facile et ses parents le maltraitaient, d’où son calme étonnant lors de l’attaque (presque comme une satisfaction de voir sa horrible vie se terminer).
Cependant, les deux compagnons (c’est toujours un problème de garçons…) d’infortune n’ont pas du tout la même façon d’appréhender les choses et leur implication nouvelle dans le monde des Frankenstein va provoquer une division dans le trio d’une bien triste manière.

Comme dit plus haut, l’auteur est passé en mensuel, ce qui lui donne plus de temps pour travailler ses planches ; et c’est quelque chose de visible dès les premières pages d’Embalming.
Les dessins, parfois aux allures d’estampes au fusain, paraissent un peu simplets au niveau des visages au début. Pourtant, on remarque rapidement un contraste entre ces faciès simplistes et les vêtements des personnages vraiment très recherchés (et minutieusement représentés).

L’aspect général des frankenstein est assez varié et on trouve des monstres assez basiques comme celui qui a attaqué le trio, Elm (la petite mignonnette sur la couverture du tome 2) mais aussi un frankenstein qui peut transformer sa peau en surface très dure…
Un seul point commun entre tous : les électrodes. Qu’elles soient sur le torse, sur le crâne, sur les jambes ou dans le cou, les électrodes forment le point de repère vital du monstre.

Même si l’histoire n’est pas particulièrement originale au début, elle s’étoffe de plus en plus avec la multiplication des personnages secondaires et la route vers Londres.
L’intrigue dans la capitale britannique (premier gros arc) présente les différents groupes d’influences autour desquels l’histoire sera axée : Polar Root et les super frankenstein du Dr. Richter ; Blitz Brüder, une société secrète de frankenstein libres réunis autour d’un mystérieux Comte (qui adore les cadavres) ; et le groupe de Fury et Peaberry qui cherchent à les exterminer tous (ça me rappelle quelque chose, tiens… Pok-… Hum non, on s’égare un peu là !).

L’antagonisme entre les deux protagonistes rythme les deux premiers volumes jusqu’à la séparation qui semblait inéluctable (pleurez pas, ils se reverront… peut-être). WATSUKI gère plutôt bien ses personnages et la façon dont il déplace ses pions est plutôt inattendue.

Même si le héros paraît vraiment trop « cliché » au départ (il s’appelle Fury (furie), il a une tête super sérieuse et son seul but c’est la vengeance…), un petit twist de l’auteur fait qu’il prend un peu d’épaisseur et de carrure. On en vient très rapidement à s’attacher à ce visage « sérieux » malgré-lui, puisque Fury n’a rien d’un tueur violent, au contraire, il est plutôt doux et attentionné avec les gens comme le montre le passage où il doit garder Elm.

D’ailleurs, cette caractéristique renforce la composante « imprévisibilité » de la série. Les personnages sont assez traîtres et c’est vraiment difficile de prévoir leurs réactions et la façon dont ils vont réagir à un évènement précis.

Côté édition, le titre fait partie des premières séries à avoir été publiées dans le Jump Square mais aussi de la collection Shônen Upde Kazé Manga. Niveau format, il bénéficie du même traitement que les autres shônen de l’éditeur même si on a le droit à un peu plus de soin au niveau de la jaquette : il y a un petit vernis sélectif du plus bel effet que l’on ne retrouve pas forcément sur tous les autres shônen.
La traduction est plutôt efficace et c’est un peu dommage que l’on retrouve quelques bulles inversées et autres fautes d’orthographe qui viennent un peu obscurcir le tableau.

Avec Embalming, on se retrouve donc avec une très bonne surprise de la part de WATSUKI. La série est un peu plus mature que ses précédentes et lui permet de développer des thèmes qu’il n’avait pas encore pu aborder compte tenu du lectorat qu’il ciblait.

Apparemment, il a appris de ses erreurs sur Buso Renkin et même si la parution au Japon s’est avérée assez chaotique (l’auteur semble avoir eu des soucis avec l’éditeur), il est parvenu à nous proposer un titre à l’ambiance envoûtante du début à la fin.

Une autre histoire de WATSUKI

Graphisme - 72%
Histoire - 67%
Mise en scène - 78%
Originalité - 73%
Edition - 67%
Dans son genre - 83%

73%

Mort et re-mort !

WATSUKI parvient à rebondir après une série en demi-teinte et propose un récit bien construit et toujours intéressant à suivre et ce, malgré une publication en dents de scie qui aurait du le desservir. Les lecteurs auront attendu longtemps avant de découvrir la conclusion de cette histoire de vengeance sur fond d'Angleterre industrielle mais ça en valait définitivement la peine !




Acheter sur Amazon

A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Laisser un commentaire

[the_ad id="59920"]