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@Ellie – Tome 1 de Momo FUJI (Kana)

@Ellie – Tome 1 de Momo FUJI (Kana) Éditeur : Kana
Titre original : Koi wazurai no Ellie
Dessin : Momo FUJI
Scénario : Momo FUJI
Traduction : Aline KUKOR
Prix : 5.45 €
Nombre de pages : 182
Date de parution : 31/08/2018

Eriko est une lycéenne discrète que l’on ne remarque pas. Son seul plaisir est d’admirer Akira Ômi, un beau jeune homme plein de fraîcheur, et de tweeter ses fantasmes quotidiens sur Internet sous le pseudo « Ellie ». Mais, un jour, elle découvre par hasard la vraie nature d’Ômi. Et ce dernier prend connaissance des tweets embarrassants d’Ellie…!!

Kana est un éditeur qui a le don de dénicher des shôjo originaux et qui possèdent toujours une fraicheur que les concurrents peinent à trouver. Après l’excellent Irresistible (qui pour le coup, l’est vraiment), @Ellie de Momo FUJI nous plonge aussi dans une romance lycéenne qui montre qu’à tout moment, le fantasme peut devenir réalité.

@Ellie, c’est l’histoire d’Eriko, une jeune fille qui pourrait facilement être considérée comme la « Kuroko » des shôjo. En effet, cette dernière à le don d’être complètement insignifiante. C’est la fille dont personne ne se souvient et qui ne marque pas vraiment les esprits quand on lui demande quelque chose (qu’elle accepte généralement). Si ça lui pèse de ne pas vraiment avoir d’ami(e)s et de n’appartenir à aucun groupe, elle a trouvé un moyen de compenser : les réseaux sociaux.

Sur son compte Twitter « @ellie_crazylove » (qui existe vraiment en français et qui reprend le même style de tweet qu’elle utilise dans le manga), elle balance ses fantasmes les plus fous en mode « je m’en fous parce que personne me lit » mais manque de pot, Ômi va tomber dessus et découvrir le côté pervers de la jeune fille. Ce qui est intéressant, c’est que ça ne va pas du tout lui déplaire, lui aussi possédant son caractère « caché », celui qu’il ne révèle qu’à ses proches…

Si la base de l’histoire est plutôt sympa, elle devient très rapidement un simple prétexte pour mettre en relation Eriko et Ômi. Ce qui est plutôt sympa, c’est que, même si la romance n’est pas immédiate, elle ne perd pas de temps non plus. La mangaka nous montre une mise en couple moderne, plutôt logique et intéressante à suivre.
C’est là que l’on regrette que les réseaux sociaux ne soient pas un peu plus utilisés puisque les situations restent des grands classiques du genre (quiproquos à l’école, fête de quartier au temple…), il n’y a plus que les caractères bivalents des deux personnages pour vraiment faire la différence avec un autre shôjo.

Dans l’idée, on retrouve un peu de Kare Kano (ou Switch Girl) avec deux protagonistes qui possèdent deux personnalités différentes en public et en privé. L’auteure en joue beaucoup dans l’humour qu’elle met en place et force est de constater que ça fait mouche la plupart du temps. Ces petits passages viennent d’ailleurs égayer une mise en scène simpliste au possible qui ne restera pas dans les esprits tellement c’est du déjà-vu (même au niveau des situations).

Au niveau de l’édition, impossible de commencer sans parler du compte twitter géré par l’éditeur qui est juste une super opération marketing. Ça ne leur coûte probablement rien (puisque ça doit être géré par leur CM régulier) et ça vient donner une plus-value non négligeable dans la mise en avant du titre. Pour le coup, l’oeuvre de Momo FUJI se prête parfaitement à ce genre de choses !

Visuellement, Momo FUJI fait du bon travail mais… c’est tout. On retrouve tous les codes du shôjo avec les yeux qui brillent, le rougissement des joues et autres joyeusetés liées au genre. C’est propre mais pas forcément orignal ou attractif. On notera quand même une bonne gestion des arrière-plans qui peuvent être assez détaillés (ce qui n’est pas plus mal pour une romance en milieu scolaire).
Ce qu’elle dessine particulièrement bien, ce sont les visages. Pour faire passer les expressions, elle se débrouille vraiment très bien et propose un travail vraiment excellent. Que ce soit la joie, l’anxiété, la peur, la tristesse ou même la perversité, FUJI les montre avec un talent rare.

Le découpage est un peu plus intéressant que le graphisme en lui-même. On remarque très vite que l’auteure aime beaucoup les gros plans et les planches sont anormalement pauvres en cases pour un titre du genre. Ce n’est pas un mal quand on voit tout ce qu’elle réussit à faire passer dans un simple regard. Au contraire, ça permet de vraiment bien se focaliser sur les personnages et d’avoir un rendu optimal.

Ne vous inquiétez donc pas de voir moins de 6 cases par planches. Ce nombre assez restreint lui permet aussi de bien réguler le rythme de son histoire mais aussi la quantité de texte qu’elle va pouvoir placer. S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à @Ellie, c’est son nombre de bulles. L’équilibre est vraiment bon et ce n’est pas un manga que vous lirez en 3 heures mais ce n’en est pas un non plus que vous lirez en 30 minutes.

L’ouvrage, lui, suit parfaitement la fabrication classique de l’éditeur en ce qui concerne les shôjo. On a donc un petit format souple au papier toujours aussi fin mais disons que le style graphique de l’auteure aide un peu à ne pas avoir trop de transparence, ce qui n’est pas plus mal.

La traduction d’Aline KUKOR (que l’on avait déjà pu lire dans Au delà de l’apparence ou encore Banale à tout prix) est plutôt bonne et on voit que la traductrice fait un très bon travail d’adaptation sur certains passages où Ômi reprend les tweets d’Eriko. Le changement de style entre les tweets (sans parler des hashtags et autres joyeusetés propres au réseau du petit oiseau) et les paroles d’Eriko est aussi notable et donne un belle profondeur à l’oeuvre.

RT pour faire la même chose, Fav pour enchaîner sur une autre

Graphisme - 61%
Histoire - 61%
Mise en scène - 66%
Originalité - 70%
Édition - 70%
Dans son genre - 70%

66%

Romance digitale

@Ellie est un titre qui correspond parfaitement au catalogue Kana. On est dans une romance bien racontée, très fraiche et qui parlera à beaucoup de jeunes filles nées après les années 2000. Cependant, l'utilisation des réseaux sociaux n'apparaît dans ce premier tome comme un prétexte et l'auteure ne semble pas vraiment aller au bout de son idée de base. On ne peut qu'espérer qu'elle se rattrape dans le second !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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