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DROP FRAME T1

Drop Frame – Tomes 1 & 2

Drop Frame – Tomes 1 & 2 Éditeur : Doki-Doki
Titre original : Drop Frame
Dessin : Shinichiro NARIIE
Scénario : Shinichiro NARIIE
Traduction : Ryoko AKIYAMA
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 200
Date de parution : 21/03/2018

Une vie tranquille qui tourne mystérieusement au film tragique… Junnosuke pourra-t-il en réécrire les séquences pour éviter le pire ? Au cœur du mois d’août, Junnosuke et trois de ses camarades se sont lancé un grand défi : réaliser un film destiné à être projeté lors du festival du lycée à la rentrée. Alors que le tournage démarre cahin-caha, la bande de copains croise le chemin de Lou, une ravissante métisse, qu’ils s’empressent d’enrôler dans leur équipe pour tenir le rôle féminin. Alors que des relations de plus en plus proches se tissent entre Lou et Junnosuke, ce dernier est témoin d’un terrible drame… Du moins, c’est ce qu’il croit, car le lendemain à son réveil, tout semble comme s’il ne s’était rien passé… Dans quel engrenage le pauvre Junnosuke est-il pris ?

Grâce à leur politique éditoriale d’éditer de nombreux titres courts, Doki-Doki peut se permettre de nouvelles séries très régulièrement (presque tous les mois quand on regarde bien). Au mois de mars, ils proposaient les deux premiers tomes de Drop Frame de Shinichiro NARIIE, une série intrigante qui n’a pas fini de vous faire douter de ce que vous avez lu.

L’histoire en elle-même est très classique. On nous raconte l’été d’un groupe de jeunes lycéens qui tente de tourner un film amateur et qui finissent par enrôler une jeune fille qu’ils rencontrent un peu par hasard. Cependant un événement vient troubler leur travail sauf qu’en fait… on ne sait pas trop ce qui se passe !

Le récit est narré par Junnosuke et le lecteur n’a donc que son point de vue mais il semblerait que sa mémoire lui joue des tours ou du moins, que quelque chose interfère avec ses souvenirs ou le fait voyager dans le temps. C’est là tout le sel de ce titre qui va venir casser les codes de la narration et si le mangaka ne se prend pas pour Quentin TARANTINO, il fait quand même en sorte de faire tourner les têtes de ses lecteurs.
Dans Drop Frame, la chaîne du temps est malmenée, brisée ou du moins, c’est ce qu’on imagine puisqu’en deux tomes, rien n’est encore vraiment clair. Un peu comme le titre semble l’indiquer, l’auteur semble omettre certaines « parties » délibérément pour perdre son héros qui n’a absolument aucune idée de ce qui se passe.

L’auteur réussit donc à intriguer très rapidement avec une histoire pourtant assez banale. Il n’y a ni pouvoirs ni univers particulièrement original ici et il n’y en a pas besoin. Avec une base simple et une bonne façon de raconter l’histoire, le fantastique se fait à peine sentir (pour l’instant, c’est vraiment très léger).

On note d’ailleurs d’ailleurs un changement de ton assez radical entre le premier et le deuxième volume. Pour ceux qui s’attendaient à une petite comédie romantique (un amour d’été entre lycéens), ça ne dure que quelques chapitres. D’ailleurs, même pendant ces chapitres, les quelques mots de narration directe viennent dire au lecteur « attention, c’est pas aussi simple que tu le penses donc reste sur tes gardes ! ».
Cette capacité du dessinateur à faire évoluer le style de son manga est assez intéressant. Ça montre que sa palette est plus complète que l’on aurait pu l’imaginer et qu’il pourrait nous surprendre encore à l’avenir.

Une histoire ne peut pas être bonne sans de bons personnages et ici, les personnages secondaires restent encore trop au second plan pour avoir une véritable importance dans l’histoire mais on imagine qu’ils auront un plus grand rôle dans les tomes 3 et 4 car ils permettent au héros de remettre un peu d’ordre dans les séquences de « sa vie ». Il n’y a quasiment que Junnosuke et Lou qui comptent.
Le premier est un ado assez paumé qui ne sait pas trop ce qui lui arrive, ce qui fait que le lecteur n’a pas énormément de clés pour comprendre l’histoire (ce qui contribue à l’ambiance du titre). Junnosuke est encore assez difficile à cerner psychologiquement puisqu’on ne sait pas encore trop sur quel pied il danse.
La seconde est un peu plus équilibrée. Si elle apparait comme une potiche lors de sa toute première apparition, on comprend assez rapidement qu’elle est le moteur de l’action et que c’est elle qui va faire évoluer les choses à chacune de ses apparitions. Elle est aussi la plus mystérieuse de tout le groupe puisqu’on ne sait pas grand chose sur elle, que ce soit ses origines ou même où elle vit.

D’un point de vue graphique, NARIIE s’en sort plutôt bien. Son trait est moderne et assez fin. S’il n’a rien de « spécial », il fait le travail et offre même quelques superbes planches en mode « crayonné » qui viennent ponctuer les chapitres et ravir les yeux du lecteur.
Le découpage est, thème oblige, assez cinématographique avec un bon sens de la progression et beaucoup de gros plans pour bien comprendre les émotions des personnages. C’est simple mais ça marche très bien donc difficile d’en demander plus. Ici, c’est clairement la mise en scène qui est mise en avant, le reste n’est que secondaire.

Niveau fabrication, Doki-Doki propose un ouvrage comme il en a l’habitude. On a un format seinen traditionnel avec quelques pages en couleurs au début et un papier très souple. Certains apprécient, d’autres non mais c’est le standard de ces dernières années donc il faut s’y faire…
Pour la traduction, Ryoko AKIYAMA fait son travail avec un sérieux toujours aussi visible. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil aux petits tics de Langage récurrents de chaque personnage. Même constatation au niveau de la syntaxe soignée, les coupures dans les phrases sont nettes et toujours justifiées pour ne pas freiner l’élan de lecture.

"Euh... il manque pas un truc là ?!"

Graphisme - 70%
Histoire - 60%
Mise en scène - 70%
Originalité - 64%
Édition - 70%
Dans son genre - 65%

67%

Coupez ! Coupez !

Drop Frame est un titre vraiment très bizarre à la lecture. Il fait probablement partie de ces titres qu'il faudra plutôt juger une fois la totalement de l'histoire en main. Pour l'instant, même si l'auteur semble savoir exactement où il va, le lecteur est complètement perdu et il est très difficile de se repérer dans ces deux premiers volumes (même avec une chronologie faite à la main !). Bref, on ne manquera pas de vous en reparler à la sortie du dernier tome !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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