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Dr. Stone tome 1

Dr. Stone – Tome 1

Dr. Stone – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Dr Stone
Dessin : BOICHI
Scénario : Riichiro INAGAKI
Traduction : Karine RUPP-STANKO
Prix : 6.9 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 04/04/2018

Taiju, un lycéen tokyoïte, est un jour victime d’un phénomène mystérieux : en une fraction de seconde, l’humanité entière est transformée en pierre ! Des milliers d’années plus tard, à son réveil, il décide de rebâtir la civilisation à partir de zéro avec son ami Senku !! Ne manquez pas le premier opus du meilleur récit de survie et d’aventure S.F. de tous les temps !! Lorsque le scénariste d’Eyeshield 21 et le dessinateur de Sun-ken Rock, décident de travailler ensemble, le résultat ne peut être qu’exceptionnel. Issu du prestigieux Weekly Shônen Jump, qui a vu éclore Dragon Ball et One Piece, Dr. Stone séduit d’emblée par son propos novateur et ses enjeux colossaux. Quand le renouveau de l’espèce humaine ne tient qu’à deux garçons, quelles solutions peuvent bien s’offrir à la survie de l’humanité ?

Qu’est-ce que l’on peut bien obtenir lorsque l’on combine le scénariste d’Eyeshield 21 et le dessinateur de Sun-Ken Rock ? L’éditorial du Jump s’est visiblement aussi posé la question et à fait en sorte que Riichiro INAGAKI et BOICHI travaillent ensemble. Leur bébé s’appelle Dr. Stone et est publié depuis quelques mois dans le plus gros hebdomadaire shônen du Japon. Le résultat est-il vraiment à la hauteur de nos attentes ?

Dr. Stone, c’est l’histoire de deux lycéens qui se réveillent après la « fin du monde moderne ». Tous les êtres vivants ont été transformés en pierre par une force dont on ignore l’origine. Acte divin, pouvoir magique ou autre, les spéculations sont ouvertes. Dans un environnement où la nature a repris ses droits, les deux jeunes vont d’abord tenter de trouver un moyen d’annuler le sortilège. Après tout, s’ils ont été parfaitement conservés sous leur enveloppe de pierre, il n’y a pas de raison pour que les autres humains aient subi un sort différent.

La base est simple, c’est du shônen bien classique où les deux héros vont tenter de sauver le monde et reconstruire un semblant de civilisation ou du moins c’est ce qu’on peut penser au début puisque l’objectif semble être atteint en quelques pages. Senku avait déjà la solution (plus ou moins) et après quelques essais avec son ami, il trouve la bonne formule. Bref, on se dirige vers un récit centré plus sur les rixes entre différentes factions de personnages qui vont vouloir s’entretuer plutôt que de tenter de reconstruire une société cohérente.

Ne vous attendez pas non plus à des réflexions à la Walking Dead (même s’il n’y a plus vraiment matière à penser dans les derniers tomes), on reste dans une narration très directe et assez manichéenne. Il y a d’un côté la volonté de sauver toute vie et de l’autre, une vendetta contre les adultes mais une envie de préserver la jeunesse et de bâtir quelque chose de nouveau. Les choses vireront-elles en « passé VS futur » ? Seul l’avenir nous le dira mais pour l’instant… le récit ne nous offre pas beaucoup à nous mettre sous la dent.

Les personnages sont caricaturaux au possible. Alors oui, c’est un shônen et il faut que les qualités intrinsèques de chacun soient poussées au maximum mais là, chacun personnifie sa capacité principale et au diable les autres. Senku n’est qu’un cerveau, Taiju n’est qu’un tas de muscle le premier humain qu’ils sauvent n’est autre qu’un combattant aguerri. Il n’y a aucune finesse dans l’écriture de ces personnages et on les imagine mal dévier de ce chemin, ce qui n’inspire pas confiance pour la suite.

Même si, scénaristiquement parlant, le premier tome est à prendre avec des pincettes, on s’attend à un visuel irréprochable, surtout quand on nous le vend comme tel et que le mangaka est un dessinateur chevronné qui a déjà fait ses preuves. Manque de chance et il est difficile d’imaginer comment c’est possible mais le trait de BOICHI est clairement moins bon que ce qu’on avait pu voir sur ses autres séries.
Certains diront que c’est un shônen alors que l’auteur a l’habitude de travailler sur du seinen et que les délais de remises des planches sont plus serrés. Oui, mais non. Il a peut-être moins de temps mais BOICHI est quelqu’un qui dessine très vite. Ceux qui ont eu la chance de le rencontrer lors de sa venue à Japan Expo le savent très bien.
Cependant, et ça se voit, il a du simplifier son style pour coller à l’ambiance shônen. On retrouve donc des personnages moins réalises, un encrage encore plus prononcé que d’habitude et ça ne rend pas particulièrement bien. Attention, ce n’est pas moche mais ça reste en dessous de ce qu’on est en droit d’attendre de BOICHI.
Après, il faut aussi rappeler que l’auteur se donne particulièrement bien lors des affrontements et pour le moment, les scènes d’actions restent assez limité. Il faudra donc voir ce que ça donne par la suite.

Au niveau des environnements, c’est plutôt joli. On sent un travail de recherche important pour bien représenter la nature qui a repris ses droits sur la civilisation et les décors ont le droit à une belle mise en avant avec de nombreuses cases larges et autres double-pages au fur et à mesure que l’histoire se développe.

Pour l’édition, Glénat a voulu marquer le coup en proposant une couverture brillante avec un effet métallique. C’est plutôt joli et ça attire l’oeil à coup sûr donc on ne peut qu’apprécier le geste. Malheureusement, ça ne change en rien le problème de l’ultra-souplesse de leurs ouvrages et on se retrouve avec une lecture toujours aussi peu agréable si on veut faire en sorte de ne pas plier son manga lors de la lecture. Comme d’habitude, c’est dommage mais vu que l’éditeur a fait son choix, il n’est plus vraiment nécessaire d’en discuter longuement.
La traduction de Karine RUPP-STANKO fonctionne bien et les textes sont fluides et souvent bien coupés. La traductrice se débrouille aussi très bien pour bien saisir le style des personnages et leur coller un style qui leur va bien. Rien à redire à ce niveau là.

Il leur manque un certain masque, vous ne trouvez pas ?

Graphisme - 70%
Histoire - 56%
Mise en scène - 55%
Originalité - 45%
Édition - 66%
Dans son genre - 58%

58%

Pas béton

Pour ceux qui ne sont intéressés que par la réponse à la question posée en intro : c'est non. Dr Stone est loin d'être la claque à laquelle on pouvait s'attendre. On y retrouve un BOICHI sous exploité incapable de se donner à fond dans un genre qui ne lui fait absolument pas honneur. Même chose pour INAGAKI dont on ne retrouve pas l'humour et l'inventivité dans ce premier volume. On laissera quand même le bénéfice du doute au titre puisqu'il semble bien marcher au Japon mais pour le moment, il est très difficile d'être d'accord avec la communication de Glénat qui annonce "un résultat qui ne peut être qu'exceptionnel"...




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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