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Une Douce odeur de café

Une Douce odeur de café Éditeur : Pika Édition
Titre original : Coffee Mou Ippai I
Dessin : Naoto YAMAKAWA
Scénario : Naoto YAMAKAWA
Traduction : Sébastien LUDMANN
Prix : 18 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 14/02/2018

Laissez-vous bercer par des récits pleins d’arômes, contés par Naoto Yamakawa, le plus poète des mangakas. Leur amertume vous rappellera la vie, leur douceur apaisera vos maux. Entre lyrisme et mélancolie, des histoires à la fois fugaces et émouvantes se déroulent là, juste au coin de la rue… Leur point commun : le café, et les voici réunies en un recueil réconfortant comme une tasse de moka bien chaud.

Amateurs de manga « tranche de vie » et adorateurs de café, préparez-vous à faire un petit voyage dans l’univers poétique de Naoto YAMAKAWA. Avec Une Douce odeur de caféPika nous propose un recueil du calibre de Coffee Time et ça, ce n’est donné tous les jours !

Le café est une substance, un liquide que l’on associe très facilement à des souvenirs très précis. Son odeur si particulière, son goût profond et amer… Il y a tellement de variation de la graine que les variations pouvant se lier à des étapes différentes de la vie sont presque infinies.
C’est un peu ce qu’essaye de nous expliquer YAMAKAWA dans ce one-shot d’environ 220 pages qui comptent une douzaines de nouvelles qui vont venir nous raconter une tranche de vie différente à chaque fois et qui sera bien sûre marquée par le fameux breuvage dont il est question dans le titre.

Souvenirs, rêverie, réalisation, aide au travail… Les utilisations du café sont multiples, intelligentes et surtout justifiées à chaque fois. Il est intéressant de voir comment l’auteur fait pour le mettre à chaque fois au centre de ses histoires, comme si le reste n’était qu’un prétexte pour en parler.
Fabrication, origine, technique… Tout y passe et il y aura plusieurs petits moments de découvertes pour ceux qui ne sont pas forcément fanatiques de café (et même ceux qui ne savent en faire qu’en utilisant une machine dont la promotion est assurée par une star de cinéma américaine).

Plus qu’un manga sur le café, Une Douce odeur de café apparait comme un petit guide philosophique de la vie. Les personnages décrits possèdent tous une vie qui n’a rien de très particulier. Ce sont des gens comme on pourrait en rencontrer un peu partout, un peu comme ce musicien de rue que l’on retrouve dans la nouvelles Les Enfants de la nuit.
Il essaye juste de gagner un peu d’argent comme de nombreuses personnes dans les grandes villes et va associer le café aux jours où il parvient à se faire une somme d’argent décente. Rapidement, la boisson va même être associée à cette jeune fille qui vient l’écouter sans faute tous les jours…
Bref, c’est quelqu’un de simple, de reconnaissable très facilement pour le lecteur et c’est justement là que l’auteur fait fort. Il propose des choses qui parleront très facilement au lecteur, qui viendront le mettre en confiance et lui rappeler des scènes de sa propre vie pour mieux l’amener dans le récit.

Chaque histoire est anecdotique mais dans le sens premier du terme, c’est à dire qu’elle raconte quelque chose de très précis qui n’a pas forcément une importance capitale mais que le personnage principal peut identifier immédiatement lorsqu’il est face à une tasse de café.
C’est le cas dans Monsieur Averse, cette histoire qui va prendre de court le lecteur en ne mettant pas le personnage concerné par le titre au centre du récit mais une serveuse qui lui sert le même café à chaque fois qu’il vient (à chaque fois qu’il pleut, vous l’aurez deviné).

Au niveau du dessin, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de magnifique dans les canons stylistiques modernes. Avec des dessins très carrés de type SD (Super Deformed), il ne va pas attirer les adorateurs de titres ultra léchés.
Néanmoins, le trait de YAMAKAWA possède un charme fou. Son utilisation très particulière des trames donne un effet patchwork (imaginez Little Big Planet version manga) qui fait un effet fou pour peu qu’on lui laisse sa chance.

Au niveau du découpage, le dessinateur reste très scolaire dans sa façon de faire en privilégiant les planches possédant entre 4 et 10 cases pour pouvoir se permettre des gros plans lorsque c’est nécessaire mais surtout une technique très « Tezuka-esque » qui consiste à enchaîner la même image avec une toute petite variation pour mieux donner l’illusion du mouvement.
Clairement, il sait ce qu’il fait et il le fait bien.

L’édition Pika Graphic met vraiment bien l’oeuvre en valeur (en plus d’être adaptée pour le propos). Même si le dessin de YAMAKAWA n’est pas fou, il possède un certain niveau de détail dans les trames qu’il aurait été plus difficile de voir dans un petit format.
Rien à dire de spécial sur la traduction si ce n’est qu’elle permet un plaisir de lecture maximal. C’est bien écrit à la base et ça se sent, même si on ne peut pas nier le travail du traducteur sur certaines tournures qui auraient pu être un peu difficiles !

Vous en reprendrez bien une petite tasse, non ?

Graphisme - 58%
Histoire - 71%
Mise en scène - 88%
Originalité - 71%
Édition - 75%
Dans son genre - 84%

75%

Torréfié

Une douce odeur de café est un titre qui met le sourire au lèvres et qui saura peut-être même vous tirer une petite larme (sans le vouloir) si certaines des histoires vous parlent directement. YAMAKAWA fait un travail exceptionnel sur la narration et propose une lecture dont il est très difficile de sortir. Cerise sur le gâteau, elle est encore meilleure avec une petite tasse de café sur le côté...




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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