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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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La Divine Comédie – Tome 1

La Divine Comédie – Tome 1 Éditeur : Black Box
Titre original : Mao Dante
Dessin : Gô NAGAI
Scénario : Gô NAGAI
Traduction : CREA CORP
Prix : 10.9 €
Nombre de pages : 252
Date de parution : 23/09/2015

Découvrez le grand classique de Dante ALIGHIERI et sa vision de l’Enfer et du Paradis dans une adaptation de Gô NAGAI, inspirée des illustrations de Gustave DORÉ.

Le résumé que nous propose l’éditeur est bien maigre mais il faut faire avec. Après Goldorak et Devilman, Black Box continue à étoffer sa collection Gô NAGAI avec l’adaptation d’un des monuments de la littérature italienne, La Divine Comédie.

Si vous avez lu quelques passages de l’œuvre de Dante ALIGHIERI, vous vous rendrez compte que Gô NAGAI fait du beau boulot d’adaptation avec une œuvre très orientée sur l’imagerie (chose que l’on retrouvera notamment dans Devilman). En fait, on ne commence à trouver quelques planches avec pas mal de texte vers la fin du tome mais le début reste très focalisé sur l’aspect visuel du voyage de Dante.

Le poète est avant tout là pour découvrir comment s’organise l’Enfer et surtout la façon dont sont traitées les âmes des pêcheurs. Si vous avez lu Saint Seiya, vous vous retrouverez en terrain connu. Que ce soit l’inscription aux portes de l’Enfer (« Vous qui passez mes portes, abandonnez tout espoir ») ou à la division en cercles, le royaume de Pluton (Hadès version “romaine”) n’a pas changé et heureusement.

Accompagné par Virgil pendant tout son voyage, Dante va observer les diverses souffrances auxquelles sont soumis les pêcheurs. Évidemment, à chaque type de mauvaise action est associée une punition. Les gloutons se font dévorer pour l’éternité par Cerbère, le chien à trois têtes des Enfers ; les violents sont forcés à se battre constamment dans les eaux marécageuses du Styx, le fleuve des enfers…

Un peu comme Dante, le lecteur contemple, découvre et questionne. Même si les nombreuses interrogations du poète restent très superficielles d’apparence, elles donnent quand même à réfléchir sur la condition de ces âmes qui ne sont pas toujours foncièrement mauvaises mais qui ont péché d’une manière ou d’une autre sans demander pardon, de quoi se poser des questions sur la place des religions au XXIe siècle (polémique !).

En ce qui concerne le trait, il a vieilli, c’est évident mais il garde ce charme vintage si chers aux amateurs d’ISHINOMORI ou de TEZUKA. Pour ceux qui ont un peu plus de mal avec ce style, le dessin pourra malheureusement constituer un frein non négligeable. Gô NAGAI n’a pourtant rien à envier aux auteurs plus récents dans sa gestion des cases. Il sait comment guider son lecteur pour qu’il aille où il veut l’emmener ; d’un point de vue narratif et vis à vis du découpage, rien à dire donc.

L’édition reste dans les classiques de chez Black Box et même si on sent un effort au niveau de la première de couverture et du dos (qui correspond au début d’une mini-frise), le grand format n’est pas exploité au maximum de ses possibilités avec des planches qui, certes, en profitent un peu mais dont certaines fin de bulles ont été coupées à l’impression (ça se voit notamment sur les bulles de types « événement narratif »).
On regrettera aussi que Black Box ne mentionne pas le traducteur et se contente d’un simple “CREA CORP” à la fin…

Petit détail au niveau de l’édition qui, pour moi, a son importance : toutes les pages sont numérotées ! C’est assez rare pour être souligné et ça permet de bien se repérer dans La Divine Comédie et surtout de retrouver une page perdue très facilement !

Tragedia del Arte (à la japonaise)

Graphisme - 66%
Histoire - 72%
Mise en scène - 63%
Originalité - 75%
Edition - 38%
Dans son genre - 78%

65%

Devil Might Cry

Au final, c’est un bon premier volume que Gô NAGAI nous propose. Certaines ellipses pourront perdre certains lecteurs mais adapter l’oeuvre de d’ALIGHIERI en à peine 800 pages semblait particulièrement difficile, surtout quand on connaît la passion du poète pour l’imagerie abstraite. On peut aussi se poser la question du choix de l’auteur de faire une adaptation d’une adaptation. Quel aurait été le résultat s’il s’était basé uniquement sur le texte de l’auteur italien ? Cette question restera malheureusement sans réponse !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

3 commentaires

  1. « Accompagné par Virgine »
    Virgil je suppose plutot non ?

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