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Dernière heure – Tome 1

Dernière heure – Tome 1 Éditeur : Éditions Akata
Titre original : Gojikanme no Sensô
Dessin :
Scénario :
Traduction : Claire OLIVIER & Anaïs KOECHLIN
Prix : 7.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 22/06/2017

Cela fait cinq années que le Japon est en guerre. Mais Saku, jeune collégien, ne le réalise pas vraiment. Vivant sur une petite île isolée, son quotidien n’est synonyme que d’ennui, entre les cours et la frustration de repas trop sommaires. Pourtant, tandis que les affrontements semblent s’intensifier, une terrible nouvelle vient bouleverser sa vie et celle de ses camarades : désormais, chaque vendredi, certains d’entre eux seront appelés à aller se battre sur le front. Tous, sauf Saku et Miyako, son amie d’enfance, exemptés sans savoir pourquoi de partir à la guerre…

Soutenu par Inio ASANO, la dessinatrice de l’adaptation manga des Enfants Loups (film d’animation de Mamoru HOSODA), YÛ nous propose sa première oeuvre en solo nommée Dernière Heure. Avec son trait fin et son sens du découpage, on savait déjà qu’on pouvait s’attendre à une oeuvre travaillée graphiquement mais qu’en est-il du scénario ? Grâce à Akata, on commence à entrevoir des éléments de réponse.

Autant parler d’un point qui mettra tout le monde d’accord dès le départ : le titre est vraiment beau. YÛ n’a rien perdu de son talent et propose un titre au trait léger qui, si elles sont montrées dans les prochains volumes (parce que pour l’instant, ça n’a pas l’air d’être ce qui intéresse le plus l’auteure), devraient clairement détonner avec les scènes violentes d’un affrontement sur les champs de bataille.

Le thème n’est pas particulièrement original et la façon dont il est traité non plus, en tout cas pas pour le moment. Des ados soldats, on en a déjà vu dans Larme Ultime (Saikano) ou Gunslinger Girl et les deux titres lui étaient très nettement supérieurs à tous les niveaux (écriture, découpage, utilisation des personnages…).

Ce qui pourrait donner au manga un petit plus, ce n’est pas l’intrusion de la guerre dans la vie d’adolescents ou en milieu scolaire, c’est plutôt cette façon très « asanoesque » qu’à la mangaka d’aborder le récit. Ce premier tome devrait d’ailleurs vous faire un peu penser à celui de Dead Dead Demon Dededededestruction d’Inio ASANO justement. Il y a le même genre de mise en place où le lecteur est un peu perdu, l’auteure cherchant à le dérouter dès le départ.

Même les personnages sont construits plus ou moins de la même manière avec une première impression de départ assez neutre et on commence à s’y attacher petit à petit.
Là où YÛ semble encore avoir un peu de mal, c’est avec ses personnages secondaires. Ils sont tellement en arrière-plan qu’il est assez difficile de bien capter leur évolution. À quel moment la classe se met elle à accepter Shinokawa alors que tous ses membres l’ignorent royalement depuis le premier jour de cours (l’intéressée le leur fait d’ailleurs remarquer) ?

Impossible de le savoir à cause des ellipses assez mal placées. Elles rendent le repérage dans le temps très difficile et sans une vue d’ensemble sur le titre, on ne peut clairement pas dire qu’elles sont intelligemment utilisées. Elles sont peut-être là pour signifier une capacité de l’ennemi, qui sait ?
En tout cas, dans ce premier tome, elles font plus office d’élément négatif qu’autre chose. Ces coupures n’apportent rien au récit si ce n’est une accélération artificielle (et pas forcément nécessaire) de l’action.

Il y a quand même un certain charme qui se dégage de l’oeuvre, surtout grâce au trait sublime de l’auteur mais aussi grâce aux personnages principaux. La candeur de Miyako est touchante et l’auteure a su la gérer efficacement pour ne pas qu’elle soit trop mièvre. Le flegme naturel de Saku en fait le parfait lycéen type, celui qui passe des journées pépères sans vraiment se soucier du lendemain.
Ces deux personnages vont voir leur quotidien complètement chamboulés par l’intrusion d’un conflit armé qui menace des choses qu’ils considéraient comme stables. À la campagne, il n’y a généralement pas d’événement venant bousculer le train train quotidien et les écoliers, collégiens ou lycéens qui y vivent ne se posent que rarement des questions sur les incertitudes de la vie et le danger de mort apporté par la guerre.

C’est d’ailleurs ce qu’on espère voir un peu plus développé dans les prochains volumes et connaissant ASANO, il n’a pas recommandé le titre juste pour faire une faveur à une maison d’édition ou à une de ses amies. Il devrait donc y avoir une vraie substance dans le récit et il faut avouer que l’on a hâte de voir ça.

Au niveau de l’édition, le verdict est partagé.
D’un côté, il est très compliqué de justifier le choix graphique d’Akata concernant la jaquette. La version japonaise restait sobre et particulièrement efficace avec un titre qui reprenait la couleur marron de l’arme et surtout une mise en avant de l’être humain. La française fait tout le contraire en plaçant le titre au centre et avec une police assez grosse venant empiéter sur le personnage (qui est pourtant au centre du récit) avec deux couleurs assez fortes (alors que le reste prend des tons plutôt pastel). À noter aussi un plan plus large pourquoi l’image qui va jusqu’à montrer la main crispée de la jeune fille.
Cependant, il faut nuancer avec la traduction qui est d’une fluidité tout simplement exemplaire. Les textes passent vraiment super bien et on retrouve totalement la griffe du B • L • A • C • K Studio. Il y a une vraie recherche sur le vocabulaire et le style de parole de chacun et ça se sent. La façon dont les phrases sont coupées est très intuitive et permet une lecture sans interruption (pour rechercher un sujet disparu dans 5 bulles par exemple).

La guerre, un univers pas si impitoyable ?

Graphisme - 80%
Histoire - 61%
Mise en scène - 60%
Originalité - 55%
Edition - 62%
Dans son genre - 57%

63%

Guerre

Trop d'incertitudes ressortent de ce premier volume de Dernière heure. Il y a pas mal d'ellipses qui viennent casser le rythme du récit sans qu'on sache vraiment pourquoi et force est de constater que les personnages secondaires mal gérés viennent un peu ternir un tableau qui avait pourtant tout pour plaire. Difficile de donner un véritable avis avec le tome 1 uniquement et c'est pour ça que l'on ne manquera pas de vous reparler du titre lors de la sortie du second !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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