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Deathco T1

Deathco – Tomes 1 & 2

Deathco – Tomes 1 & 2 Éditeur : Casterman
Titre original : デスコ
Dessin : Atsushi KANEKO
Scénario : Atsushi KANEKO
Traduction : Aurélien ESTAGER
Prix : 8.45 €
Nombre de pages : 198
Date de parution : 06/01/2016

Dans une société où n’importe qui peut s’improviser tueur à gages, Deathko fait régner la terreur. Ado gothique et mélancolique, Deathko hait le monde entier et le lui fait payer. Lorsque la mystérieuse « Guilde » met la tête d’un malheureux à prix, Deathko quitte la cave du château où elle fabrique amoureusement ses instruments de mort. La nuit venue, Deathko sort chasser.

Un énorme château au bord d’une falaise. À l’intérieur, une femme obèse mange des pizzas à la pelle. Elle est assise au bord d’un immense bassin au fond duquel se trouve un monstre marin. Dans une des nombreuses autres pièces du château, inondée par des milliers de poupées, Deathko bricole. Elle fabrique de nouveaux gadgets explosifs pour sa prochaine virée. Elle attend avec impatience le nouveau communiqué de La Guilde. Il doit lui annoncer sa prochaine cible à abattre. Pourquoi ne vit-elle que pour cet instant ? Nous l’ignorons. Tout ce que l’on sait, c’est que ça va être rock ‘n’ roll !!

Le monde de Deathco est proche du notre, mais les règles en sont tout à fait différentes. Il y existe une organisation secrète du nom de La Guilde, dont on ne connaît ni les motivations, ni les membres, ni la localisation. Cette dernière lance des communiqués, où des primes, à destination des reapers, partent alors en chasse afin d’éliminer ces trophées.

Les reapers, qui sont tout bêtement des chasseurs de primes, ne connaissent pas les raisons pour lesquelles La Guilde souhaite faire disparaître ces personnes. Ils ne se posent d’ailleurs pas de questions à ce sujet. D’ailleurs, quand un trophée demande à son bourreau « Pourquoi ? Pourquoi moi ?!« , le reaper ne sait que répondre. Il n’est là que pour empocher sa récompense. C’est tout.

L’histoire débute lors d’une rencontre entre deux chefs de gangs. Cette fois-ci, La Guilde a voulu mettre un peu de trouble entre les reapers. Elle a envoyé le communiqué du jour à… un nombre assez conséquent de chasseurs de prime. Tous veulent être celui ou celle qui sera le premier ou la première à mettre la main sur le trophée. S’ensuit une mêlée générale dont les protagonistes semblent tout droit sortis d’une soirée Halloween. Ce joyeux moment de castagne sera interrompu par l’arrivée du personnage de Deathko après avoir bien fait monter la sauce durant les premiers chapitres du tome 1.

Deathco T1 Deathco T2

Il est bon de voir une œuvre mettre en scène une héroïne forte sans que cela tombe dans les clichés. Deathko est une jeune fille qui en a. Elle n’est pas sexy, elle n’est pas idiote et elle met les gros bras à terre avec une aisance malsaine. On sait très peu de choses à son sujet et c’est cette aura de mystère qui la rend fascinante. Les autres personnages qui peuplent les pages de Deathco sortent, eux aussi, de l’ordinaire de la bande-dessinée japonaise.

On a le groupe de pom-pom girls tueuses, le tueur au costume de lapin, l’épouvantail, les frères un peu idiots, parmi les repars ; la chauve-souris loufoque ou le vampire/Mimi MATHY qui accompagnent Deathko. Les personnages dont la tête a été mise à prix ne sont pas non plus en reste et on trouve un chef de gang froid mais couard, un agent de voyage psychopathe et sans scrupules arborant un sourire crispé, savoureux de glauque. Ce manga propose une palette impressionnante de personnages Lynchiens, c’est à se demander où l’auteur pioche ses inspirations. On a une petite idée…

Deathco n’est pas seulement un trip puissant et régressif plein d’action dans un univers gothico-kitsch, c’est aussi une histoire sombre, riche très accrocheuse qui en plus d’offrir un défouloir jouissif, intrigue et captive par des personnages cools et une mise en scène cinématographique terriblement maîtrisée.

KANEKO prouve encore une fois si besoin était qu’il possède un style unique, des références riches et une originalité qui fait de ce manga (mais de la totalité de son œuvre aussi) un petit bijou à posséder absolument. Il concentre tout ce qui fait qu’on adore ses manga sans pour autant se caricaturer. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça lui va très bien de se maintenir en marge de la production manga globale et cela devrait séduire les lecteurs de récits matures, de comic books voir de BD européenne.

Du côté de l’édition, on retrouve la qualité propre au catalogue de l’éditeur, du bon papier, mais surtout une impression au top avec des noirs bien profonds (et c’est important pour du KANEKO) et un peu de couleurs pour les 3 premières pages du tome 1. On notera quand même un ouvrage beaucoup plus souple que d’habitude chez l’éditeur et une couverture traditionnel sans reflet ni effet particulier quand Wet Moon avait eu le droit à un traitement un peu plus luxueux.

La volonté de Casterman/Sakka de proposer un catalogue original et de qualité a de quoi nous réjouir avec des titres publiés en 2015 déjà très prometteurs, mais également de nouvelles licences, voir des auteurs inédits en France et qui en feront probablement l’éditeur de l’année 2016.

Un énorme château au bord d'une falaise. À l'intérieur, une femme obèse mange des pizzas à la pelle. Elle est assise au bord d'un immense bassin au fond duquel se trouve un monstre marin. Dans une des nombreuses autres pièces du château, inondée par des milliers de poupées, Deathko bricole. Elle fabrique de nouveaux gadgets explosifs pour sa prochaine virée. Elle attend avec impatience le nouveau communiqué de La Guilde. Il doit lui annoncer sa prochaine cible à abattre. Pourquoi ne vit-elle que pour cet instant ? Nous l'ignorons. Tout ce que l'on sait, c'est que ça va être rock…

Deathko déteste le monde entier...

Graphisme - 80%
Histoire - 72%
Mise en scène - 93%
Originalité - 82%
Edition - 75%
Dans son genre - 92%

82%

Lollipop 'n' Roll !

L'action survoltée de Bambi, l'univers sombre façon Wet Moon et les personnages complètement barges à la Soil. Deathco, c'est un peu comme si TARANTINO mettait en scène un film de Tim BURTON, sous la supervision de DEL TORO et le tout produit par David LYNCH. Et ça fait très mal !

A propos de Robot-M

Robot-M
Il a tellement été chamboulé lorsqu'il est tombé sur Akira un jour en médiathèque, qu'il a décidé d'y travailler. C'est aujourd'hui un médiathécaire herbivore spécialisé en jeux vidéo et dévoreur de mangas.

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