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Dead Tube - Tome 1 Fr

Dead Tube – Tome 1

Dead Tube – Tome 1 Éditeur : Éditions Delcourt
Titre original : Dead Tube
Dessin : Touta KITAKAWA
Scénario : Mikoto YAMAGUCHI
Traduction : Fabien NABHAN
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 15/06/2016

Deadtube. Les jeunes gens n’ont plus que ce nom de site de partage de vidéos à la bouche. En fonction du nombre de vues, il peut rendre n’importe qui incroyablement riche. Mais seuls les vidéos les plus trash, les plus humiliantes ou dangereuses intéressent les gens. Accepter d’y participer, c’est prendre le risque de finir dernier et d’endosser tous les crimes réalisés par les autres prétendants. C’est à ce jeu morbide que vont jouer Mai et Tomohiro…

Après Scumbag LoserMikoto YAMAGUCHI (ou YAMAGUTI, les deux sont possibles) est de retour en France mais en tant que scénariste cette fois. Au programme : des jeunes, du sang, de la technologie et une petite critique sociale comme il aime en faire.

Autant vous le dire dès le début, Dead Tube n’est pas un manga qui est là pour vous faire réfléchir et jamais il ne le prétend. Le titre est un bon défouloir sur fond de charcutage, sexe et rock’n roll.
Pourtant, on ne le voit pas dès le début. On suit le quotidien a priori tranquille de Tomohiro, un lycéen effacé et pas forcément motivé pour se faire remarquer. Passionné par le cinéma, c’est sa rencontre avec une certaine Mai qui va le pousser à rentrer dans un monde qu’il n’aurait jamais imaginer fréquenter.

Le socle de l’histoire n’a rien de fou et ne paraîtra pas particulièrement original. Le jeune homme qui voit sa vie changer en rencontrant une jeune fille ne révolutionne rien. Cependant, l’ambiance change en quelques pages. On passe d’une potentielle comédie romantique gentillette à un thriller où la violence est reine. C’est un peu une spécialité du scénariste qui est souvent très bon pour les changements de style bien sentis.

Une fois n’est pas coutume avec YAMAGUCHI, on trouve une petite critique de la société en arrière plan d’une situation d’horreur.
Tomohiro, jeune voyeur qui s’assume plus ou moins, peut alors être considéré comme une image de la société qui se jette chaque jour sur les dernières informations « people » qu’ils peuvent trouver sur la toile. En effet, le jeune garçon ne choisit pas des gens au hasard, il se dirige souvent vers les plus jolies filles du lycée. L’auteur joue donc avec cette petite curiosité mal placée présente chez un grand nombre d’entre nous qui donne envie d’en savoir toujours plus sur les personnes les plus célèbres.
De plus, on retrouve la fameuse jeunesse prête à tout pour la popularité et le plaisir immédiat si souvent présente sur les réseaux sociaux. Tout ce qui compte, c’est de « faire des vues », « d’être suivi », au détriment des autres et sans prendre en compte les conséquences de ses actes. Ceux qui se présentent comme des « amis » de Tomohiro n’échappent pas à la règle et révèlent assez rapidement une nature profonde vile et méprisable…

Les personnages de YAMAGUCHI sont intéressants dans la mesure où ils sont torturés et que ça se voit bien.
Prenons Mai par exemple. Cette dernière est complètement ravagée de la tête (dans toutes les significations de l’expression) et ça ne semble pas la gêner plus que ça. Elle est violente, sans merci mais possède une intelligence et un sens de l’observation au-dessus de la moyenne, ce qui lui permet de ne pas se faire avoir.
Tomohiro, lui, est l’archétype du pervers qui ne s’assume pas. Il fait semblant d’être gêné au début, lorsque Mai lui demande de « tout » filmer et lors de la première scène un peu « intime », il s’exécutera instantanément sans que ça ne semble réellement lui faire plus d’effet que ça, comme s’il acceptait enfin son rôle.

Graphiquement, c’est vraiment joli. Le dessinateur faisait du hentai avant et on le voit presque immédiatement au niveau des corps et notamment de la plastique féminine qui est au top. Évidemment, dans ce genre de titres, le découpage possède un rôle clé et le mangaka se débrouille plutôt bien même s’il n’y a rien de complètement dingue.
Les décors font le travail que l’on attend d’eux. Ce n’est pas vraiment sur cet élément que l’on s’attarde lorsqu’on lit ce genre de manga.

Pour parler de l’édition, le nouveau format Delcourt/Tonkam est plutôt pas mal en ce qui concerne la prise en main. Le design du dos a le mérite d’être original et on commence à voir où le groupe veut venir avec son unification des collections puisqu’il emprunte pas mal au style de chez Soleil.
De plus, l’ouvrage bénéficie du savoir-faire de chez Delcourt en matière de fabrication mais aussi de contrôle qualité, ce qui implique un peu moins de coquilles qu’à l’accoutumée.

Après Scumbag Loser, Mikoto YAMAGUCHI (ou YAMAGUTI, les deux sont possibles) est de retour en France mais en tant que scénariste cette fois. Au programme : des jeunes, du sang, de la technologie et une petite critique sociale comme il aime en faire. Autant vous le dire dès le début, Dead Tube n'est pas un manga qui est là pour vous faire réfléchir et jamais il ne le prétend. Le titre est un bon défouloir sur fond de charcutage, sexe et rock'n roll. Pourtant, on ne le voit pas dès le début. On suit le quotidien a priori tranquille de Tomohiro, un lycéen effacé et…

Film me, I'm famous

Graphisme - 83%
Histoire - 65%
Mise en scène - 64%
Originalité - 55%
Edition - 80%
Dans son genre - 75%

70%

Coupez !

Dead Tube, c'est du survival qui ne cherche pas à se donner un genre mais plutôt à exploiter tous les points forts d'un genre qui, faute de se renouveler, doit puiser sa force dans les personnages. Ça tombe bien, c'est exactement le cas de du titre de KITAKAWA & YAMAGUCHI !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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