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Cutie Honey

Cutie Honey – Intégrale

Cutie Honey – Intégrale Éditeur : Isan Manga
Titre original : Cutey Honey
Dessin : Go NAGAI
Scénario : Go NAGAI
Traduction : Odilon GREVET
Prix : 29.9 €
Nombre de pages : 480
Date de parution : 02/12/2015

Honey est une jeune et jolie fille qui vient de s’installer dans un pensionnat de montagne un peu farfelu. Son père n’est autre que le professeur KISARAGI, un génie scientifique. Quand il se retrouve menacé par Panther Claw, une organisation criminelle, Honey vole à son secours. Elle découvre alors qu’elle est en vérité une super androïde dotée d’un pouvoir de métamorphose et d’une force incroyable. Honey devra faire face à Panther Claw, et déjouer leurs plans diaboliques.

Prévue à l’origine pour sortir au mois de juin 2015, ce n’est que le 10 décembre de la même année que sera sortie l’intégrale de Cutie Honey chez Isan Manga. Après plusieurs reports dus à des soucis de validation de couvertures et autres idioties administratives dont les japonais ont le secret, il est enfin là et force est de constater qu’il est à la hauteur de nos espérances.

En 2004, Hideaki ANNO (l’un des créateurs d’Evangelion, rien que ça) a été choisi par Go NAGAI pour remettre l’une de ses séries phares au goût du jour. Il a décidé de commencer par un film live avec comme co-scénaristes Rumiko TAKAHASHI et Go NAGAI himself, rien que ça. Avec Eriko SATO dans le rôle titre et Koda KUMI au générique, le projet ne manquait pas de charme. Les trois OAV anime de 45 minutes qui ont suivi ont d’ailleurs repris la réorchestration magique de la jeune idol à l’époque (qui aurait été très bonne dans le rôle titre soit dit en passant).

C’est à cette époque que Go NAGAI a d’ailleurs un peu retravaillé les planches de sa série (dont la publication originale a eu lieu entre 1973 et 1974) pour proposer une nouvelle édition afin de fêter les 30 ans de sa série. Autant dire que graphiquement, il y a eu beaucoup de progrès depuis mais l’auteur savait déjà comment organiser ses planches pour en extraire le maximum.

La lisibilité pendant les combats est quasi parfaite grâce à une narration dynamique et une organisation des cases d’une redoutable efficacité. Les ennemis possèdent un chara-design bien pensé et m’ont un peu fait penser aux méchants de sentaï ou de Megaman sachant qu’elles ont toutes un pouvoir très spécifique. Alors que ce sont toutes des femmes, l’auteur n’hésite (malheureusement) pas à leur donner des attributs clichés au possible : griffes, nettoyage (dans tous les sens du terme), fouet…

D’ailleurs, en tant que femme, Honey KISARAGI possède des proportions complètement surréalistes. Go NAGAI a été particulièrement généreux avec son héroïne qui, de toutes façons, doit pouvoir changer sa forme physique à volonté grâce au catalyseur d’éléments aéroportés. Derrière ce nom barbare se trouve l’invention de génie du professeur KISARAGI, principale raison de sa mort. En effet, c’est le module que recherche l’organisation criminelle Panther Claw, menée par l’impitoyable sorceresse Zora.

Depuis le début, je parle de femme et dans Cutie Honey, c’est bien elle qui est centre de tous les débats. Alors que Go NAGAI dépeint une héroïne forte et qui n’a besoin de personne (même si elle n’a pas de Harley Davidson) pour l’aider (les 3 « hommes » de la série ont un rôle de bouffon), il va mettre la Femme dans une position particulièrement inconfortable. Impossible de ne pas le remarquer à la lecture mais le titre respire la misogynie de l’époque.

Alors que l’auteur écrivait et dessinait pour des enfants relativement jeunes (n’oublions pas que Cutie Honey est un shônen), il n’a pas hésité à dénuder son héroïne (et de nombreux autres personnages) à la moindre occasion. Que ce soit l’une des ennemis qui se balade torse à l’air ou même Honey qui, à chaque transformation, se retrouve en tenue d’Eve, il y a quand même ce qui pourrait s’apparenter à de l’abus.

Le concept de « femme objet » revient aussi très souvent avec le père de Seiji et même son frère qui n’en ratent pas une pour venir mater Honey dans son bain et qui se comportent comme de véritables animaux esclaves de leur libido lorsqu’ils se mettent à lécher et peloter Honey transformée en statue. Cette notion transparaît aussi dans l’école que fréquente la jeune fille. Sans « garçons », ce sont les adolescentes et mêmes les adultes qui se sont mises à aduler le sexe féminin et n’hésitent pas à se « retrouver » entre elles et à faire toutes sortes de blagues sous la ceinture qui ne passeraient très probablement pas dans le climat actuel.

Si on réussit à placer ces préjugés qui ont très mal vieilli (de nos jours, je pense que Go NAGAI aurait droit à un attentat des Femen, à qui on ne conseille pas du tout ce livre bien évidemment…), la lecture reste plutôt sympa, l’auteur ayant décidé de mettre une jeune femme au centre de son titre était à l’époque une très bonne idée. Les combattantes ne courraient pas les rues dans les shônen des années 70 où elles étaient cantonnée à un rôle de potiche, femelle en détresse ou encore d’objet amoureux. Ici, pas question de servir de faire-valoir d’une quelconque manière à un homme. L’héroïne, c’est Honey et puis c’est tout !

Panther Claw, en sa qualité d’ennemi, est d’ailleurs une organisation qui va lui poser bon nombre de problèmes. Ses « cadres » sont bien pensées et leur spécificité est bien utilisée en combat. Ainsi, Honey ne va pas pouvoir se battre directement contre chacune et il faudra qu’elle réfléchisse avant de se lancer tête baissée dans un combat perdu d’avance.

On notera aussi que les sbires utilisent une technique bien connue des fans d’Aphrodite, chevalier d’or des poissons dans Saint Seiya (s’il en existe vraiment !) : la Rose sanguinaire. L’attaque la plus puissante de l’un des chevaliers les plus détestés de la saga serait-elle un hommage de la part de KURUMADA ou un plagiat vile et détestable ? Au lecteur de décider…

Petite bémol (ou grosse interrogation) pour moi : toute la partie avec le policier qui souffre d’hémorroïdes. Je dois avouer que je n’ai absolument pas compris pourquoi l’auteur perdait autant de temps à le mettre en place pour ensuite le jeter comme du poisson pourri. Quand, en plus, ça permet des blagues « pipi-caca » de mauvais goût, il y a de quoi se demander où l’auteur voulait en venir avec ce groupe de personnages.

Leur utilité dans l’histoire est nulle puisqu’Honey débarque sans que personne ne réalise rien grâce à un gaz somnifère et que Panther Claw ne prête même pas attention à la présence de ces représentants de la loi (?!), qui n’auront, au final, eu absolument aucun impact. Je veux bien que Go NAGAI fasse des clins d’oeil à ses titres précédents mais il y a des limites…

Même s’il y a une petite coquille qui viendra vous brûler les yeux, le travail de relecture et d’adaptation a été fait sérieusement et on reconnaît même les paroles de l’excellent générique de l’anime à la toute fin de l’ouvrage. L’éditeur a aussi commissionné une plume pour écrire une postface qui vous en apprendra un peu plus sur la série mais aussi sur l’auteur lui-même. Même si les informations données restent bien exposées, on notera une fâcheuse tendance à utiliser un vocabulaire peut-être un peu trop « djeunz », ce qui n’était pas forcément nécessaire compte tenu du public recherché par Isan Manga.

Pour 29,90€, le prix peut paraître un peu élevé mais la qualité d’édition l’est tout autant. Hardcover, dorures, ruban marque page, autant d’éléments luxueux qui viendront rendre le live particulièrement agréable au toucher et à l’utilisation. Le papier est, lui aussi, particulièrement bon. Isan Manga a trouvé ce papier qui allie poids, faible transparence et résistance et qui permet de proposer un ouvrage qui ne viendra pas forcément vous tuer les avant-bras (en tout cas, j’ai pu lire Cutie Honey sans avoir à le mettre à plat sur une table).

Cutie Honey n’est pas un mauvais manga, loin de là. On pourrait juste dire qu’il n’est pas vraiment adapté au public ciblé par Go NAGAI à l’époque. Il avait déjà eu des soucis à l’époque avec des associations de parents d’élèves mais de nos jours, je suis prêt à parier que ça aurait été pire. Je ne suis même pas sûr qu’un magazine de prépublication lui aurait proposé ses pages. Le titre n’en reste pas moins une bonne histoire de vengeance avec des combats variés, dynamique et une violence caractéristique de l’auteur. En plus, avec une édition aussi bonne, il serait très difficile de se priver.

Prévue à l'origine pour sortir au mois de juin 2015, ce n'est que le 10 décembre de la même année que sera sortie l'intégrale de Cutie Honey chez Isan Manga. Après plusieurs reports dus à des soucis de validation de couvertures et autres idioties administratives dont les japonais ont le secret, il est enfin là et force est de constater qu'il est à la hauteur de nos espérances. En 2004, Hideaki ANNO (l'un des créateurs d'Evangelion, rien que ça) a été choisi par Go NAGAI pour remettre l'une de ses séries phares au goût du jour. Il a décidé de commencer par…

Féminine, misogynie et compagnie

Graphisme - 72%
Histoire - 50%
Mise en scène - 61%
Originalité - 77%
Edition - 95%
Dans son genre - 85%

73%

Boobs

Cutie Honey est une oeuvre qui a plutôt bien vieilli. On sent l'amour de Go NAGAI pour son héroïne qu'il dessine en tenue d'Eve à la moindre occasion, de quoi en mettre plein les yeux de ses lecteurs et faire passer des idées plus que borderline.

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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