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Le Couvent des damnées – Tome 1

Le Couvent des damnées – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Hengoku no Schwester
Dessin : Minoru TAKEYOSHI
Scénario : Minoru TAKEYOSHI
Traduction : Yohan LECLERC
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 04/01/2017

Au XVIe siècle, dans le Saint-Empire romain, l’inquisition condamnait de nombreux innocents au bûcher. Privée de sa famille, Ella se retrouve envoyée dans un couvent qui rééduque “les filles de sorcières”. Tortures et miracles viendront-ils à bout de la flamme de vengeance qui brûle en elle ?

La nouvelle année est arrivée, et c’est l’occasion pour les éditeurs de nous faire découvrir des nouveautés plus ou moins attendues. Les éditions Glénat n’échappent pas à la règle, avec le premier tome de la série Le Couvent des damnées, la première oeuvre de Minoru TAKEYOSHI.

Avant toute chose, précisons (c’est important pour comprendre le contexte) qu’on parle du Saint-Empire romain germanique, qui a pour vocation de réunir tous les peuples chrétiens en une seule entité dirigée par l’Empereur, représentant de Dieu sur la Terre des hommes.
L’Église, autorité suprême, n’hésite pas à employer les moyens les plus radicaux pour combattre les hérétiques (et notamment, à l’époque qui nous concerne, les protestants) : inquisition, torture, arrestations et exécutions arbitraires (« pour l’exemple »…), tout est bon pour dissuader les fidèles de passer du côté obscur.

C’est dans cette ambiance « sympathique » qu’évolue Ella, notre héroïne. Petite fille, son intelligence et sa débrouillardise (à tendance proactive) dépassent ses parents, qui décident de la faire emmener pour être vendue. Cependant, Ella s’échappe en chemin et se réfugie dans une bourgade, où elle croise la route d’Angelika, une jeune guérisseuse qui décide de la prendre sous son aile.

Grâce à cette rencontre, Ella connaît des jours heureux et reçoit des notions de « médecine » mais il ne fait pas bon être guérisseur (et encore moins guérisseuse) à une époque où l’Église cherche à maintenir le peuple dans l’ignorance. Aussi Angelika finit-elle par être arrêtée et condamnée pour sorcellerie, tandis qu’Ella, témoin de la scène, est emmenée au Couvent du Partage des Eaux, un endroit qui recueille les « filles de sorcières ».
Ce couvent, qui a pour but de remettre les jeunes filles sur le droit chemin, est dirigé par Edelgard, grande maîtresse de l’Ordre du Claustrum, qu’Ella tient personnellement responsable de la mort d’Angelika. Aussi décide-t-elle que cette femme énigmatique sera l’objet de sa vengeance…

« Le destin m’a donné la lumière, puis me l’a reprise, et il m’a dit : ‘Maintenant, montre-moi la couleur des flammes où tu t’immoleras !' »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Minoru TAKEYOSHI nous offre un premier tome percutant pour sa première série.
Le sujet est traité de manière à ce que même les lecteurs qui ne s’y connaissent pas spécialement puissent se laisser embarquer dans l’histoire (et même dans l’Histoire). On y trouve une ambiance médiévale dans laquelle on a aucun mal à comprendre ce qu’implique l’Inquisition qui, d’abord dirigée contre les « réformateurs » (comprenez : les protestants, partisans de la Réforme de l’Église imaginée par Martin Luther au XVIe siècle), n’hésite pas à s’en prendre aux fidèles, encourageant les délations, même injustifiées, pour entretenir un climat de terreur.
Ainsi, les scènes de torture sont très présentes, mais tournées de manière à ce qu’on sache ce qui se passe sans que l’auteure ne se montre trop insistante et pour que l’oeuvre reste accessible à un public assez large.

Ella, l’héroïne, a un caractère bien trempé, et on sent déjà le potentiel de cette jeune fille rebelle, à l’intelligence aiguisée et au tempérament de feu. Sa vengeance est une promesse et un but qu’on ne doute pas qu’elle pourra atteindre, pour peu qu’elle parvienne à déjouer tous les obstacles qui se dresseront sur son chemin.

En parallèle de cette vengeance, Minoru TAKEYOSHI pique notre curiosité sur un autre point. Au début du tome, on assiste à la découverte, à une époque plus proche de la nôtre, d’une « vierge de fer » (un instrument de torture médiéval) balafrée et marquée de l’inscription « 1552 : En mémoire du sang versé au Partage des eaux« . La fin du tome, quant à elle, nous laisse entendre que cette Vierge serait soit l’effigie d’Ella, soit celle d’Eldegard… Qui, de ces deux femmes, l’emportera sur l’autre ? Quel est le sens de cette Vierge qui a traversé le temps pour raconter leur histoire aux générations futures ? Il faudra attendre la suite pour le savoir…

Graphiquement, on est sur un très bon niveau, surtout dans les paysages et les décors. Il suffit de soulever la jaquette, déjà très prometteuse, pour découvrir les détails d’un magnifique monument entouré d’arbres, et à la fenêtre duquel apparaissent Ella et deux autres novices dans une attitude étonnamment sereine quand on sait ce qui se cache entre les pages du livre.
Le dessin de Minoru TAKEYOSHI, bien servi par une mise en page pourtant assez simple, parvient à rendre à la fois la douceur et la violence avec un contraste saisissant.

Enfin, au niveau de l’édition, Glénat nous offre une jolie jaquette dont les couleurs ne manquent pas d’attirer le regard, avec un format un peu plus large que la moyenne. Le papier est… fin, très fin, trop fin et l’ouvrage beaucoup trop souple…
Notons aussi la petite étiquette qui nous rappelle que la série est validée par Hiromu ARAKAWA, auteure du très célèbre Fullmetal Alchemist publié chez Kurokawa.

On connaît le talent des éditions Glénat pour dénicher de futures séries cultes, reste à voir si Le Couvent des damnées saura trouver sa place parmi les titres prestigieux de son catalogue… En attendant, n’hésitez pas à lire l’extrait gratuit proposé par l’éditeur, et notez que la sortie du tome 2 a été fixée au 8 mars prochain.

La nouvelle année est arrivée, et c'est l'occasion pour les éditeurs de nous faire découvrir des nouveautés plus ou moins attendues. Les éditions Glénat n'échappent pas à la règle, avec le premier tome de la série Le Couvent des damnées, la première oeuvre de Minoru TAKEYOSHI. Avant toute chose, précisons (c'est important pour comprendre le contexte) qu'on parle du Saint-Empire romain germanique, qui a pour vocation de réunir tous les peuples chrétiens en une seule entité dirigée par l'Empereur, représentant de Dieu sur la Terre des hommes. L'Église, autorité suprême, n'hésite pas à employer les moyens les plus radicaux pour combattre…

Tu ne guériras point !

Graphisme - 74%
Histoire - 72%
Mise en scène - 72%
Originalité - 62%
Edition - 50%
Dans son genre - 75%

68%

Percutant

Minoru TAKEYOSHI nous propose un excellent premier tome, qui pose les bases de l'histoire avec un objectif très clair : une vengeance qui promet d'être terrible... à condition qu'Ella, la protagoniste, parvienne à atteindre son but ! Le niveau est déjà très bon pour une première série, tant au niveau du scénario qu'au niveau du dessin, et le sujet, pourtant sensible, est traité de manière intelligente. Reste à voir comment évoluera la série après ce départ prometteur.




A propos de Neko

J'ai des goûts très éclectiques, avec une préférence pour les trucs de garçons, parce que je suis une fille... Et sinon, j'aime les chats.

Un commentaire

  1. Merci, bonne chronique !
    Un premier tome vraiment accrocheur, notamment grâce à ‘ambiance qui s’en dégage, et à Ella , mais aussi grâce aux deux figues qui représentent « l’ennemi » Eldegard et le moine (j’ai plus som et je suis même pas sûr qu’il soit utilisé dans ce tome 1) qui est sur le terrain, qu’on a déjà envie de fortement détester en seulement quelques apparitions.
    Belle pioche de glénat.

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