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Contamination – Tome 1 de Ao AKATO (Kana)

Contamination – Tome 1 de Ao AKATO (Kana) Éditeur : Kana
Titre original : Riû wo Machi Nagara
Dessin : Ao AKATO
Scénario : Ao AKATO
Traduction : Pascale Simon
Prix : 7.45 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 31/08/2018

Yokobashiri est une ville située au pied du mont Fuji. Un soldat des Forces d’autodéfense qui y est caserné s’effondre en crachant du sang. Il est bientôt suivi par d’autres malades qui présentent les mêmes symptômes… Ils meurent tous assez rapidement. À l’hôpital central, Suzuho Tamaki, jeune médecin énergique, chargée des premiers cas, subodore une contamination de grande ampleur, mais elle doit se battre avec sa hiérarchie pour leur en faire prendre conscience et pour que des mesures soient mises en place ! Parviendra-t-elle à mobiliser tout le monde à temps !?

Les vacances se terminent, le mois d’Août a oscillé entre canicule et pluies torrentielles et vous n’avez plus aucun repère ? Qu’à cela ne tienne, Kana est là pour vous remettre debout grâce à Contamination de Ao AKATO, un titre où la survie dépendra de la volonté d’une doctoresse (certains diront même qu’elle a des airs des Doctorine) qui n’a pas froid aux yeux !

Nous sommes à Yokobashiri, l’une des villes du Japon où les habitants sont presque blasés de voir le Mont Fuji. Après tout, il n’est qu’a quelques kilomètres de chez eux et ils peuvent le voir tous les jours. C’est ici que vit Tamaki, médecin qui n’a absolument pas envie de se laisser dicter des ordres par sa hiérarchie et qui n’hésite pas à aller contre son supérieur quand elle pense avoir raison.

La jeune femme va être alertée lorsque plusieurs patients arrivent avec des symptômes assez violents. Leur état empire très vite et soudainement, à tel point qu’il est quasiment impossible de les soigner si la prise en charge n’est pas faite dès les premiers signes que quelque chose va mal. C’est donc une course contre la montre qui commence pour éviter le drame d’une contamination.

Quoi de mieux pour la rentrée qu’un bon petit drame médical avec le sort de toute une ville comme enjeu ? Si l’histoire fait assez classique, le choix du virus est plutôt bon. Faire revenir la peste, celle-là même qui a fait des ravages au Moyen-Âge, demandait quand même un minimum de travail car ce n’est pas un virus que l’on pourrait considérer comme dangereux à une époque où l’hygiène (et les antibiotiques) possède une place prépondérante dans nos sociétés.

Pour y parvenir, AKATO multiplie les intrigues et va jouer avec le passé de l’hôpital, son présent et amener les forces d’auto-défense via Komano dans le rôle de celui qui a déjà vu le virus et les ravages qu’il peut faire. Il y a donc trois branches dans l’histoire, une dans le présent, une dans le passé et une qui fait des aller-retours entre les deux, de quoi bien densifier une intrigue classique mais efficace.

C’est peut-être le gros point faible du titre, même si le virus et son utilisation sont originaux, l’intrigue reste assez basique. Si vous aimez le genre, vous avez probablement déjà lu ou vu quelque chose de très similaire et ce n’est pas l’originalité qui viendra sauver la série. Par contre, s’il y a bien quelque chose de très bon dans Contamination, c’est assurément l’ambiance. On sent l’urgence de la situation dans les paroles de Tamaki mais aussi dans ses actes puisque la jeune femme n’hésite pas à prendre des décisions qui vont à l’encontre des protocoles médicaux japonais.

Graphiquement, Ao AKATO fait du très bon boulot en proposant un trait propre et détaillé. Que ce soit au niveau des personnages ou des décors, un bel effort de réalisme apparaît dans les dessins du mangaka qui semble vouloir tout faire pour mettre son lecteur dans l’ambiance. Il est cependant intéressant de noter que l’utilisation des noirs est moins abondante que dans les autres mangas du genre. Là où certains auteurs vont mettre en avant le suspense et l’angoisse grâce à des scènes nocturnes, AKATO va plutôt passer par les expressions faciales de ses personnages.

Il y a d’ailleurs un contraste intelligent entre les visages de Tamaki qui varient entre terreur et détermination et ceux d’Haragami du laboratoire d’épidémiologie qui a plutôt l’air de s’amuser. Il est motivé à bloc par le défi qui se présente à lui et tous ses sens sont en éveils lorsqu’il découvre quel virus est à l’origine des problèmes.

Le découpage est efficace mais reste très classique. Sachant que ce premier tome sert à poser l’action, il y a beaucoup de cases assez larges afin de poser un rythme assez lent et de créer une atmosphère étouffante dans laquelle le lecteur sera embourbé et donc complètement accroché. On notera aussi quelques planches tout simplement magnifiques au niveau composition, en particulier dans les rêves du docteur militaire qui souffre clairement de PTSD (trouble de stress post-traumatique, commun chez les militaires qui reviennent de zones de guerre).

Si la couverture est superbe et viendra clairement attirer le chaland, l’ouvrage reste typique de ce que l’on trouve au format seinen (ou Big Kana) chez l’éditeur. On a donc un livre très souple au format assez large qui tient bien en main mais qui plie toujours un peu trop.
La traduction n’est pas mauvaise mais paraît parfois très plate et un peu robotique. L’adaptation est rigide au possible et ça se sent dans la fluidité des bulles qui ne s’enchaînent pas aussi bien que ce qu’on a l’habitude de voir sur le marché ces dernières années. Attention donc à ce français écrit qui est correct mais qui ne fonctionne pas forcément toujours lorsqu’il y a autant de dialogues.

Tome 1 garanti sans mort-vivants !

Graphisme - 70%
Histoire - 63%
Mise en scène - 61%
Originalité - 63%
Édition - 58%
Dans son genre - 60%

63%

Virus old school

Très (trop ?) classique pour se démarquer dans son genre, Contamination n'est peut-être pas un exemple d'originalité mais le manga a le mérite d'avoir des bases solides avec une excellente héroïne et un virus très peu utilisé dans les histoires jusqu'ici. Avec seulement trois tomes au compteur, il y a normalement de quoi faire un bon divertissement.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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