Japan Expo - 18ème Impact

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Eagle – Tomes 1~11

Eagle – Tomes 1~11 Éditeur : Casterman
Titre original : Eagle
Dessin : Kaiji KAWAGUCHI
Scénario : Kaiji KAWAGUCHI
Traduction : Satoko FUJIMOTO & Éric CORDIER
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 220
Date de parution : 07/03/2008

Ayant grandi prés d’une base américaine sur l’île d’Okinawa, Jo Takashi, un jeune journaliste, ne pouvait pas imaginer un jour que le soldat qui passa chez lui un jour puisse devenir sénateur des Etats-Unis et encore moins, que celui-ci lui demande personnellement de venir couvrir la campagne présidentielle américaine. En arrivant aux EU, le naïf reporter va apprendre la vérité sur sa naissance et le lien qui l’uni au puissant Sénateur Kenneth Yamaoka… 

Attention ! L'oeuvre présentée ici est en arrêt de commercialisation

La course à la présidence américaine est certainement l’un des évènements les plus suivis dans le monde. Kaiji KAWAGUCHI va vous faire vivre cette lutte pour accéder à la première place du pouvoir de la première puissance mondiale dans une série en 11 tomes, Eagle.

Jo Takashi est un jeune reporter japonais inconnu vivant dans son pays natal. Il est directement demandé par le sénateur Kenneth Yamaoka afin de suivre sa course à la présidentielle. Jo se rend aux États-unis et il devra couvrir l’intégralité des élections du clamp Yamaoka. Pour mieux situer, l’histoire se déroule à l’époque où Bill Clinton arrive à la fin de son second mandat au début des années 2000.

L’auteur passe rapidement sur la situation et la vie de Jo au Japon. Une fois aux États-unis il rentre immédiatement dans le vif du sujet en se focalisant sur la connexion entre Jo et le candidat. La demande particulière de Yamaoka est incompréhensible pour tous et il expliquera à notre reporter en face à face les raisons de son choix.

Le premier contact avec le candidat n’est pas fantastique, ce dernier se retrouve dans l’obligation d’assister à un double repas qu’il engloutira avec peine. Passée cette introduction paresseuse et pas crédible, l’histoire devient bien plus intéressante.

Jo découvre l’univers du candidat, sa famille, ses relations, ses privilèges et sa vision de l’Amérique. Difficile de déduire si ce dernier est du côté des gentils ou des méchants. Yamaoka apparaît comme un homme parfait, ambitieux, faisant partie d’une famille riche qui a des idéaux de justice pour tous. De plus, il a fait la guerre du Vietnam et il en ressort plus que convaincu par ses idéaux.

Les élections américaines ont leur propre système, la première partie se porte sur la course à la primaire. Si un prétendant remporte ce poste, il sera désigné candidat pour la course à la présidence. Jo, en tant que journaliste, suivra de près Yamaoka durant toute sa campagne électorale.

KAWAGUCHI semble connaitre son sujet et il ne manquera pas d’imagination. Entre les soirées mondaines, les scandales, la manipulation de l’information, les conflits familiaux ou les fausses accusions, l’auteur permet de découvrir de façon romancé les rouages des élections et les épreuves qu’un candidat pourrait rencontrer.
Le jeu de manipulation des politiques envers le peuple et leurs confrères permet d’être moins dupe sur les promesses électorales. Le manga permet de comprendre que le poste de président est réservée aux privilégiés, et pour atteindre le sommet ils devront parfois ignorer la morale.

Plus Yamaoka avance vers la présidence, plus les sujets intéressants se cumulent et les acteurs influents apparaissent. Chaque État du pays aura son importance, mais certains pèsent plus lourd dans la balance et il faudra réussir à faire passer ses idées en tant que futur président immigré dans un pays de « blancs ». Il abordera des sujets intouchables ou tabous comme les armes à feu ou les problèmes d’immigration.

Durant la campagne, la place et le rôle du journalisme seront remis en question. Est-ce que Jo doit participer à la « fièvre » des élections ? Peut-il se faire des amis dans le clan ? En cas de problème, a-t-il le droit de les aider ? Devant certains actes du candidat, doit-il choisir son camp ? Peut-il avoir une relation amoureuse avec une partisane ? Autant de questions qui remettent en cause son intégrité de journaliste. Indirectement, le lecteur se met à sa place et se questionne sur le bon comportement à adopter.

La première partie de l’oeuvre se concentre sur les primaires et lors des élections, l’auteur réussit parfaitement à tenir en haleine. La tension monte et il est difficile d’arrêter sa lecture avant de connaître le résultat. Sous le regard de Jo, nous découvrirons que chaque action du candidat est une énigme, dont les retombées sont dévoilées plus tard.
Les personnages sont mêlés à des histoires qui les dépassent, et certaines vérités se font attendre. Cette dose d’action et de mystère rend l’oeuvre plus dynamique et la course à la présidence en ressort plus passionnante. Le manga atteindra son apogée épique avec la fin des primaires.

La mise en case est maitrisée, le mangaka joue avec la taille des cases, les perspectives sur les personnages et ajoute de l’intensité à leurs paroles. On peut ressentir leurs émotions à travers leurs visages et leurs postures expressives. Leurs réactions renforcent l’immersion de l’oeuvre et le lecteur se laisse facilement emporter par la fièvre des élections. Les enjeux deviennent toujours plus importants et le passé sombre des protagonistes se dévoile petit à petit.

Toutefois, malgré ses qualités, la narration n’en reste pas moins rigide. Un état à conquérir, un problème ou une personne à convaincre, et une fois que c’est fait, on recommence. Chaque problème est résolu un par un et le rythme du manga en fait les frais.
C’est en dents de scie que l’on suit les aventures du potentiel président. Cette narration a l’avantage de traiter chaque facette et chaque sujet des élections, mais l’oeuvre perd en rythme et réalisme.

Certaines intrigues ou relations amoureuses mettent plusieurs volumes avant de se révéler intéressantes. Plusieurs sujets auraient mérité d’être plus approfondis, et leurs dénouements restent souvent faciles. L’auteur aurait dû créer une histoire avec des liens entre chaque phase, quitte à perdre un peu le lecteur. Les personnages et leur mise en situations restent assez caricaturaux, et l’auteur en fait parfois trop.

Dans les derniers volumes, le manga change brutalement de cap passant d’intrigues politiques à des conflits plus personnels. Rappelons que l’histoire de base porte sur le lien spécial entre Jo et Yamaoka et de ce fait, l’auteur accentuera l’action pour répondre aux questionnements du départ.
Le récit se recentre donc sur Yamaoka et va enfin définir de quel côté il se trouve. Les derniers dénouements restent forcés et la course à la présidence passe au second plan. Ce choix impacte la narration et le manga peinera à réussir à retrouver l’intensité de ses débuts.

Certes, KAWAGUCHI réussit à conclure tous les mystères autour des personnages et permet au lecteur d’avoir toutes les réponses, mais ce choix narratif reste décevant. De plus, le résultat présidentiel n’aura pas de dénouement épique, contrairement aux primaires.

Au final, le plus gros défaut de l’œuvre, c’est son postulat de départ qui a poussé l’auteur à virer de cap pour répondre aux questions, l’obligeant ainsi à mettre en place des intrigues personnelles peu intéressantes, pour finir comme un mauvais polar haletant, avec une conclusion dénouée de réel intérêt et mal amenée. L’auteur aurait dû rester sur les présidentielles et approfondir les enjeux des partis politiques américains afin de devenir LA référence dans ce domaine.

Côté dessin c’est un trait ancien, typé de la fin des années 90. À part deux personnages, tous sont reconnaissables et les proportions sont maitrisées, mais parfois on ressent un manque de détails dans certains passages. Les décors sont détaillés grâce à la reproduction de vraies photos en dessins.
Les cases ont toujours des trames de fond pour ne pas avoir de vide sans non plus être trop surchargées. Le trait n’est plus dans les standards d’aujourd’hui mais il va bien avec son époque et il donne un côté rétro pas déplaisant qui convient parfaitement à ce titre.

Le titre a connu une publication compliquée. Publié par les Éditions J’ai Lu en 2005/2006, le titre est arrêté au bout de 8 tomes sur 11 à cause de l’arrêt de l’activité manga de l’éditeur.
C’est en 2008 que Casterman republie en intégralité la série dans sa collection Sakka (pendant la campagne présidentielle de 2008). Imprimé dans un format classique (env. 12x18cm), le manga a droit à une couverture amovible et un titre argenté sur chaque volume. L’édition est de bonne facture avec un papier épais mais manquant un peu de blancheur.
On notera que de nombreuses bulles sont collées à la reliure centrale qui rend la lecture difficile sans plier son livre. Malgré cette réédition, Casterman n’a malheureusement pas réalisé de dossier sur l’élection, ou d’analyse plus poussée des différentes parties abordées par l’auteur.

La course à la présidence américaine est certainement l'un des évènements les plus suivis dans le monde. Kaiji KAWAGUCHI va vous faire vivre cette lutte pour accéder à la première place du pouvoir de la première puissance mondiale dans une série en 11 tomes, Eagle. Jo Takashi est un jeune reporter japonais inconnu vivant dans son pays natal. Il est directement demandé par le sénateur Kenneth Yamaoka afin de suivre sa course à la présidentielle. Jo se rend aux États-unis et il devra couvrir l’intégralité des élections du clamp Yamaoka. Pour mieux situer, l’histoire se déroule à l’époque où Bill Clinton arrive…

Donkey VS Elephant

Graphisme - 62%
Histoire - 69%
Mise en scène - 65%
Originalité - 75%
Edition - 69%
Dans son genre - 75%

69%

I have a dream

Eagle est un manga atypique, réussissant à rendre passionnantes (et même épiques) les élections américaines. Ses intrigues et son action rendent l’oeuvre plus attrayante au dépit de certaines facilitées scénaristiques. Avec ce qu'il s'est passé lors des dernières élections américaines, il serait dommage de ne pas découvrir les coulisses de ce monde de requins qui s’applique aussi à notre pays.




A propos de darkjuju

Tout au long de mes 20 ans de passion, j’ai pu me bâfrer de Shonen explosif, savourer du Shojo épique, déguster du Seinen puissant, me gargariser de Tezuka et autres merveilles vintages et maintenant je me délecte de titres d’auteurs et underground. La diversité du manga est intarissable.

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