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The Legend of Zelda - Oracle of Seasons & Oracle of Ages - Perfect Edition

The Legend of Zelda : Oracle of Seasons / Oracle of Ages – Perfect Edition

The Legend of Zelda : Oracle of Seasons / Oracle of Ages – Perfect Edition Éditeur : Soleil Manga
Titre original : Zelda no Densetsu Fushigi no Kinomi Daichi no Sho / Jiku no Sho
Dessin : Akira HIMEKAWA
Scénario : Akira HIMEKAWA
Traduction : Florent GORGES
Prix : 19.99 €
Nombre de pages : 406
Date de parution : 22/02/2017

Malgré sa réticence à devenir chevalier, Link se laisse convaincre de passer un test au château d’Hyrule. Dans ses couloirs, il découvre la triforce et se retrouve projeté soudainement dans le monde d’Holodrum…

Comme je l’avais évoqué lors de la chronique sur Twilight Princess, nous entrons dans l’année du 30ème anniversaire de The Legend of Zelda ! Outre la sortie du très attendu Breath of the Wild sur consoles dans quelques jours, on a eu la Perfect Edition du diptyque Oracle of Seasons / Oracle of Ages (sortis en 2001 et 2002 pour les mangas, et en 2001 pour les 2 jeux) à se mettre sous la dent.
Après un superbe Ocarina of Time, l’exigence était de mise ; quid de cette nouvelle aventure hyrulienne ?

Avant de poursuivre, je tenais à préciser un point. Une fois n’est pas coutume, ce diptyque m’est assez étranger. En effet, je n’ai joué qu’à Oracle of Seasons, pas encore à Ages, donc j’ai dû me fier aux quelques informations contenues dans Hyrule Historia. De ce fait, contrairement aux volumes précédents, mon regard pourra peut-être sembler moins connaisseur.

J’en profite pour indiquer (ou rappeler) où se situe cette aventure dans la chronologie officielle : elle prend place des siècles après l’intrigue de A Link to The Past (et donc de A Link Between Worlds), dans la branche de la chronologie où le Héros du Temps a été battu par Ganon.
Cela peut sembler un détail, mais la coiffure de Link, dans ce diptyque, est similaire à celle de ALttP et aux jeux ancré dans la suite de cette branche, ce qui les détache visuellement de ceux de la branche « Victoire du Héros du temps ».
Bref, passons au manga.

The Legend of Zelda - Oracle of Seasons - Perfect Edition (Planche 1)
© 2002 Akira HIMEKAWA All rights reserved. Original Japanese edition published in 2002 by SHOGAKUKAN.
French translation rights arranged with SHOGAKUKAN through The Kashima agency.

L’une des premières choses qui frappe à la lecture de ce titre, c’est, comme pour Ocarina of Time, la grande qualité de l’édition offerte par Soleil Manga. Le premier chapitre est en couleur, le papier est de très bonne qualité, la jaquette donne un reflet brillant au doré du cadre et des triforces dans les coins. Je n’ai pas non plus repéré d’erreur typographique, et en bonus, on nous offre une petite carte (ce qui, du coup, nous fait regretter qu’il n’y en ait pas eu avec OoT).
Comme la fois précédente, le prix est largement à la hauteur de la qualité, ce qui en fait un bel objet de collection.

Ensuite, c’est bien la rupture flagrante choisie, au niveau du scénario, entre l’intrigue des jeux et celles des mangas, qui va venir titiller le lecteur. Même si on y retrouve des éléments communs, et qui sont bien dans l’ordre chronologique des jeux, l’action principale est vraiment très différente, bien plus que dans Ocarina of Time.

Contrairement aux jeux que l’on peut faire dans n’importe quel ordre (ils débutent par la même cinématique où Link se rend au château d’Hyrule et où il est téléporté vers Holodrum dans Oracle of Seasons ou vers Labrynna dans Oracle of Ages), le duo HIMEKAWA a pris le parti de donner un background au héros (comme ils le font souvent dans leurs adaptations) et une vraie raison claire de se rendre au château. C’est assez simple et convenu, mais cela a au moins le mérite de poser clairement les choses et de donner un commencement et une fin à l’aventure.

The Legend of Zelda - Oracle of Seasons - Perfect Edition (Planche 2)
© 2002 Akira HIMEKAWA All rights reserved. Original Japanese edition published in 2002 by SHOGAKUKAN.
French translation rights arranged with SHOGAKUKAN through The Kashima agency.

De plus, HIMEKAWA semble avoir élargi davantage la géographie du monde, en plaçant Holodrum et Labrynna dans la même dimension que Hyrule (d’après ce qu’ont l’air de dire les personnages), contrairement aux jeux où ces deux territoires avaient plutôt l’air d’être dans d’autres dimensions, comme l’île Cocolint de Link’s Awakening (dont l’intrigue se passe juste après celle des Oracles) ou Termina dans Majora’s Mask.

Sans détailler chaque différence et chaque point commun, on retrouve des éléments-clés de chaque aventure (l’enlèvement de Din par Onox, la possession de Nayru par Veran, etc), mais paradoxalement, pas la quête principale de chaque jeu. Alors que le joueur devait rechercher 8 essences dans chaque jeu et qu’il est aidé par les arbres Bojos (oui, Bojo et non Mojo), ici, on ne voit qu’une seule fois l’arbre de Holodrum et pas du tout celui de Labrynna, et la fameuse quête n’est même pas évoquée.

On peut trouver dommage qu’ils aient fait cela, car cela crée vraiment un gros décalage avec la trame originelle. Néanmoins, en faisant cela, ils peuvent surprendre un peu le lecteur qui aurait joué aux jeux, et ne pas s’empêtrer dans une quête potentiellement difficile à rendre fidèlement et intéressante pour le public. Une fois encore, n’oublions pas que les jeux Zelda sont, pour la plupart, des Action-RPG, et qu’on ne peut avoir certains plaisirs qu’avec une manette dans les mains, en le faisant vraiment.

The Legend of Zelda - Oracle of Ages - Perfect Edition (Planche 1)
© 2002 Akira HIMEKAWA All rights reserved. Original Japanese edition published in 2002 by SHOGAKUKAN.
French translation rights arranged with SHOGAKUKAN through The Kashima agency.

De plus, ils ont réussi à rendre certains passages plus intéressants que dans la trame du jeu.
Je pense notamment à l’enlèvement de Din : dans le jeu, Link et Din passent seulement quelques minutes ensemble, avant qu’Onox ne débarque dans un tourbillon, envoie valser Link et enlève Din, qu’Impa explique à Link que Din est l’oracle des saisons, etc.
Ici, Link aura passé plusieurs jours avec elle, sait qu’une menace pèse puisqu’il a déjà rencontré et été battu par Onox, sait qui elle est puisqu’elle le lui aura montré au temple des saisons.

Cependant, le vrai intérêt vient du fait que dans le manga, Link se bat avec Onox, perd, manque de se faire tuer et c’est Din qui demande au Général des Ténèbres d’épargner le jeune garçon, en échange de quoi elle accepte de le suivre. En faisant une telle mise en scène, Link apparaît déjà comme symbole du courage, et Din paraît plus intéressante car elle n’a plus une image de jeune fille fragile qui se fait capturer en deux secondes.

On peut aussi trouver assez intéressant que Link ne soit plus seul pour sauver le monde. En effet, à chaque fois, il est accompagné par deux autres personnages qui vont former, avec lui, une sorte de triforce héroïque.
Link serait le fragment de courage (comme à son habitude), un autre sera celui de la force (Ricky le kangourou ou Raven, personnage créé spécialement pour le manga) et un autre celui de la sagesse (Marple la sorcière ou Ralph, l’ami d’enfance de Nayru). Cela rend les autres personnages plus intéressants, et ils deviennent autre chose que des faire-valoir ou du décor.

The Legend of Zelda - Oracle of Ages - Perfect Edition (Planche 2)
© 2002 Akira HIMEKAWA All rights reserved. Original Japanese edition published in 2002 by SHOGAKUKAN.
French translation rights arranged with SHOGAKUKAN through The Kashima agency.

Je pourrais passer plus de temps à montrer les différences intéressantes entre les jeux et leurs adaptations manga, mais je préfère vous laisser le plaisir de la lecture.
En somme, Akira HIMEKAWA a, une fois encore, su se dédouaner du scénario du jeu pour offrir une sorte de réécriture qui n’est pas non plus complètement différente de ce que les joueurs ont rencontré. J’oserai même dire que certains points rendent l’histoire meilleure en manga qu’en jeu, mais c’est contre-balancé par une rapidité parfois un peu dérangeante tout de même.

Difficile de ne pas conseiller le titre, ne serait-ce que pour sa qualité graphique sur laquelle je ne me suis pas attardée, car comme pour les deux autres titres que j’ai chroniqué, c’est beau, dynamique, fluide et détaillé (même si apparemment, les pieds nus sont parfois leur point faible, mais c’est un élément qui reste vraiment anecdotique).

Link fait la pluie et le beau temps

Graphisme - 81%
Histoire - 70%
Mise en scène - 72%
Originalité - 67%
Edition - 96%
Dans son genre - 79%

78%

Doctor Dhéliat

Même si l'histoire est assez différente de celle des jeux, on ne peut nier qu'on passe un très bon moment, et qu'Akira HIMEKAWA a su rendre l'essence des jeux Zelda tout en nous offrant une réécriture pour surprendre les joueurs. On attend donc impatiemment les prochaines sorties hyliennes du duo, qui ne sauraient tarder si on en croit la jaquette du volume !




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres

Professeur otak’ qui adore fouiller en profondeur l’essence des mangas, afin d’en dégager le bon et le moins bon.

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