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Prophecy The Copycat -Tome 1

Prophecy The Copycat – Tomes 1~3

Prophecy The Copycat – Tomes 1~3 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Yokokuhan: The Copycat
Dessin : Fumio OBATA
Scénario : Tetsuya TSUTSUI
Traduction : Anne-Sophie THEVENON
Prix : 7.9 €

Takeru, Sota et Kyoko sont trois amis d’enfance qui partagent un rêve commun : celui de quitter au plus vite leur quartier mal famé. Pour eux, violence, alcoolisme et prostitution font partie du quotidien. Les discours de Paperboy, le justicier au visage couvert d’un journal qui promet de se battre pour rendre leur fierté aux plus faibles, ne les laissent pas indifférents.

Après l’agression de Kyoko par une bande de voyous du lycée, Takeru et Sota décident de suivre le modèle de l’internaute anonyme. “Œil pour œil, dent pour dent” devient leur nouveau credo, et la mort leur unique sentence…

Parmi les différentes séries qui trouvent leur conclusion ce mois-ci, on trouve le spin-off de la série de Tetsuya TSUTSUI : Prophecy The Copycat. J’avais chroniqué, à sa sortie, le tome 1 de la série, qui m’avait laissé un avis assez mitigé, notamment à cause de son éloignement avec l’oeuvre originale, et il semblait plus intelligent d’attendre la fin de la série pour vous fournir une chronique pertinente. Alors, quid de ce spin-off qui terminait son premier volume sur quelques points encourageants ?

Après 6 mois de publication, je pense que nombre de lecteurs fermeront le tome 3 en disant : « Tout ça pour ça ?! » car il faut bien admettre que Prophecy The Copycat ne sera pas (et de loin) à la hauteur des espérances qu’il a pu susciter à l’annonce de sa parution.

YOKOKUHAN -THE COPYCAT- © 2014 by Tetsuya Tsutsui, Fumio Obata, Hitomi Houjo / SHUEISHA Inc.

Qu’on compare la série avec l’originale ou qu’on la lise en tant qu’oeuvre isolée, le constat est similaire. En effet, dans tous les cas, la trilogie apparaît comme très moyenne, à cause de son scénario principalement.
Les graphismes sont ce qu’ils sont, à savoir très subjectifs : soit on aime, soit on n’aime pas mais il n’y a pas probablement pas d’unanimité à leur sujet. On peut leur reconnaître une qualité : ils servent le propos violent et malsain de l’histoire, et l’accentuent même dans la mise en scène. En revanche, les mimiques comiques de certains personnages (comme le lieutenant Hosomura), dignes d’un gag manga, peuvent sembler maladroites face à l’horreur présentée tout au long du récit.

Cette horreur malsaine est d’ailleurs l’une des limites du scénario, puisque celui-ci s’enferme dedans, et ne va pas plus loin. On peut aisément supposer qu’à l’origine, cela avait été fait dans une volonté de s’éloigner de l’oeuvre originale, en montrant vraiment l’atrocité des actes perpétrés, ce qui aurait pu être une bonne idée.
Malheureusement, c’est si répétitif qu’on en vient à se demander s’il y a une vraie histoire derrière cette violence omniprésente, ou bien s’il s’agit juste de montrer du trash pour faire du trash. Bien sûr, on a des passages assez intéressants, dans lesquels on se met à réfléchir sur nous-mêmes en prenant conscience qu’on peut aussi être violent involontairement, quand on dit quelque chose à quelqu’un sans connaître réellement sa vie, mais cela est plutôt minoritaire.

YOKOKUHAN -THE COPYCAT- © 2014 by Tetsuya Tsutsui, Fumio Obata, Hitomi Houjo / SHUEISHA Inc.

D’après moi, les auteurs ont voulu montrer que la Loi du Talion et la vengeance ne peuvent amener qu’au malheur, qu’ils créent un cycle infini et infernal puisque la punition donnera naissance à des victimes qui ensuite voudront se venger, etc, mais sans parvenir à aller plus loin.

En revanche, même en mettant cela de côté, on peut avoir beaucoup de mal à comprendre les réactions et les actions de certains personnages, ce qui met en lumière la maladresse scénaristique et qui présuppose déjà d’une catastrophe. Prenons un cas concret : Hosomura détient une preuve dans une affaire de viol, mais il ne le dit à personne car il pense que cela pourrait l’amener au criminel, et donc aux Copycats qui ont annoncé qu’ils le puniraient. Face au caractère bancal de ce raisonnement, on se doute fortement de la manière dont cela va se conclure.

En plus de cela, on retrouve à de nombreux moments de grosses maladresses elliptiques, qui accentuent à chaque fois la sensation que les auteurs avaient une idée qu’ils voulaient mettre en scène, mais sans savoir exactement comment faire. Par exemple, alors que le bâtiment est surveillé par la police, on peut se demander comment les Copycats ont pu réussir à y pénétrer, et surtout comment ils ont pu neutraliser un homme beaucoup plus fort qu’eux.

Prophecy - The Copycat - Tome 3 (Planche 1)
YOKOKUHAN -THE COPYCAT- © 2014 by Tetsuya Tsutsui, Fumio Obata, Hitomi Houjo / SHUEISHA Inc.

Même la fin avec Takeru est incompréhensible : alors que 3 des 4 Paperboys auraient pu s’en sortir assez facilement, le dernier coup de Takeru les fait tous arrêter et pour une raison plus que discutable tant elle a l’air de sortir de n’importe où. Dès le tome 2, ce personnage suscite une énorme antipathie, qui ne fait que s’accroître dans le tome 3, jusqu’à en devenir caricatural peut-être.

Enfin, le dernier gros point noir du récit vient de ce que j’appellerai le syndrome du « Ta Gueule : C’est Magique ! ». À diverses reprises, comme le moment où le policier découvre qui est le criminel qu’il recherche, les péripéties ont l’air de tomber du ciel pour pouvoir faire avancer l’intrigue. En ce sens, cela respecte l’expression « Le hasard fait bien les choses », mais le récit perd en crédibilité et en vraisemblance.

On a trop souvent l’impression que le récit n’est pas maîtrisé, et on en vient à se demander jusqu’où TSUTSUI s’est engagé dans le scénario, vu la flagrante différence avec l’oeuvre originale qui, malgré des défauts, était bien meilleure que son spin-off. De plus, on peut trouver très dommage que celle qui menait l’enquête dans Prophecy ne soit ni présente, ni même évoquée…

Malgré cela, on ne peut pas dire que Ki-oon ait baissé la qualité de son édition, qui demeure très bonne. Les pages sont agréables au toucher, les jaquettes mettent bien en avant les couleurs des illustrations, les pages sont très bien encrées et mises en pages. C’est juste dommage que, pour le même prix, Prophecy The Copycat fasse beaucoup moins bien que Prophecy

Parmi les différentes séries qui trouvent leur conclusion ce mois-ci, on trouve le spin-off de la série de Tetsuya TSUTSUI : Prophecy The Copycat. J'avais chroniqué, à sa sortie, le tome 1 de la série, qui m'avait laissé un avis assez mitigé, notamment à cause de son éloignement avec l'oeuvre originale, et il semblait plus intelligent d'attendre la fin de la série pour vous fournir une chronique pertinente. Alors, quid de ce spin-off qui terminait son premier volume sur quelques points encourageants ? Après 6 mois de publication, je pense que nombre de lecteurs fermeront le tome 3 en disant :…

Pâle copie

Graphisme - 69%
Histoire - 42%
Mise en scène - 50%
Originalité - 40%
Edition - 69%
Dans son genre - 45%

53%

Violence

La série n'a finalement pas autant de qualité que son modèle : les personnages ont des réactions étranges ou grotesques, s'enferment dans leur propre violence ou folie sans parvenir à s'en détacher et à aller plus loin que le postulat de base. La série demeure donc très moyenne et ne semble pas destinée à rester dans les mémoires.




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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