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Dossier Boichi

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Dragon Quest – Emblem of Roto – Tomes 1~21

Dragon Quest – Emblem of Roto – Tomes 1~21 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Dragon Quest - Roto no Monshô
Dessin : Kamui FUJIWARA
Scénario : Kamui FUJIWARA & Chiaki KAWAMATA
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 138.6 €
Nombre de pages : 4032
Date de parution : 10/03/2016

De nombreuses années se sont écoulées depuis que Loran et Carmen, les héritiers du légendaire héros Roto, ont triomphé des forces du mal. Emportant avec eux un fragment du mythique emblème de leur aïeul, les deux frères ont chacun fondé leur propre royaume : celui de Loran au nord et celui de Carmen au sud. Mais après cent ans de paix et de prospérité, le monde est de nouveau menacé…
Les armées maléfiques font le siège des derniers bastions humains, qui tombent les uns après les autres. Possédé par un démon, le roi de Carmen entraîne son royaume à sa perte. Seuls survivants de cette tragédie : le prince Arus, héritier du héros Roto, et Lunafrea, fille du général en chef des armées de Carmen. Pendant dix ans, la jeune femme élève le petit Arus dans le plus grand secret, à l’abri de ses ennemis.
Mais, débusqués par une troupe de monstres, nos deux héros et leurs compagnons décident de prendre la route pour contrer la montée des ténèbres. D’autant que dans le royaume jumeau de Loran, l’héritier du trône est né à son tour. Baptisé Jagan, il s’est allié aux forces du mal et a juré la perte des humains…

Dragon Quest T01 sans logo v3 Dragon Quest T02 def Impression

Plus ou moins vingt-cinq ans, c’est le temps qu’il aura fallu attendre pour voir ce titre débarquer chez nous, la faute à une licence manga bloquée par sa petite soeur vidéoludique. C’est donc avec une belle campagne de pub (mini-site, jeux concours) ainsi que la venue du dessinateur, Kamui FUJIWARA, lors de Japan Expo 2014 que Ki-oon avait mis en avant son titre

Tous les fans de la saga Dragon Quest, que ce soit la version manga (La Quête de Daï) ou la déclinaison console (avec neuf épisodes principaux à ce jour et de nombreuses séries dérivées) pourront retrouver avec plaisir un univers riche et en développement constant.

Ainsi, les créatures les plus célèbres des jeux seront de retour, la lime en chef de file mais ce n’est pas tout. Ceux qui avaient aimé la division en « armées » présente dans La Quête de Daï seront ravis de la voir de retour dans ce nouveau titre.
C’est d’ailleurs cette sensation d’être en terrain connu qui ajoute au charme du titre. Le lecteur connaît déjà le monde que le héros va parcourir. En découle un petit côté nostalgique qui le laissera difficilement de marbre.

Pourtant, ce petit plus aurait aussi pu être considéré comme un défaut dans la mesure où la marge de manoeuvre de l’auteur est plus réduite dans un monde où il a déjà des contraintes (ce qui plombe un peu l’originalité). Cependant, FUJIWARA parvient très facilement à utiliser l’héritage d’une série mythique pour construire une histoire originale.

© 1991-1997, 2006 Kamui Fujiwara / SQUARE ENIX © 1991-1997 Junji Koyanagi / SQUARE ENIX © 1991-1997, 2006 SQUARE ENIX CO., LTD. All Rights Reserved.
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© 1991-1997 Junji Koyanagi / SQUARE ENIX
© 1991-1997, 2006 SQUARE ENIX CO., LTD. All Rights Reserved.

Lire Emblem of Roto peut se faire de deux façons. D’un côté, le lecteur nouvelle génération y verra un shônen classique et pas forcément attrayant au premier abord à cause du graphisme un peu vieillot auquel il aura beaucoup de mal à s’accommoder.
D’un autre côté, on aura un lecteur un peu plus aguerri et probablement un peu plus intelligent qui verra le titre pour ce qu’il est, c’est à dire un très manga d’action-aventure du début des années 90.

En poussant un peu, on se rend vite compte que le trait ne demande pas plus d’adaptation que ça  aux lecteurs de La Quête de Daï, Saint Seiya ou même Dragon Ball (je le risque !). On peut d’ailleurs considérer qu’Emblem of Roto se trouve parmi les pionniers du genre. Quand on y réfléchit bien, les séries à la sauce Dragon Ball ne courraient pas les rues à l’époque.
Maintenant, il est vrai que c’est devenu la norme et que les standards graphiques ont beaucoup changé, passant du rond à quelque chose de beaucoup plus anguleux (voire même plus tranchant, cf. Reborn). Il n’empêche que l’on assiste au début de ce qui deviendra ensuite quelque chose de plus classique.

L’âge d’Emblem of Roto peut être considéré à la fois sa force et sa faiblesse. Il peut l’handicaper aux yeux d’un public jeune et moderne qui ne cherche qu’à en prendre plein les yeux au détriment d’un véritable fond ; mais aussi l’avantager après des lecteurs plus exigeants et qui cherchent une série qui a fait les beaux jours d’un éditeur grâce à de nouveaux codes mis en place lors de sa sortie.

© 1991-1997, 2006 Kamui Fujiwara / SQUARE ENIX © 1991-1997 Junji Koyanagi / SQUARE ENIX © 1991-1997, 2006 SQUARE ENIX CO., LTD. All Rights Reserved.
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© 1991-1997 Junji Koyanagi / SQUARE ENIX
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Le manga en lui-même est loin d’être mauvais. On y retrouve des personnes plutôt charismatique même si leur rôle est très stéréotypé : Arus qui est l’héritier du plus grand héros de la mythologie du titre, Kira son compagnon d’armes qui n’a aucun talent ni aucune descendance noble mais qui tente quand même de se mettre au niveau du personnage principal, les sages…

Bref, je ne vais pas tous les faire mais à ce niveau là, on peut dire que ce n’est pas l’originalité qui prime.
La lutte présentée pour le moment est purement manichéenne : c’est le bien contre le mal.
La lumière a trouvé son champion en Arus alors que les ténèbres ont choisi Jagan, une lutte plus ou moins familiale (ils sont tous les deux des descendants de Roto) qui n’est pas sans rappeler le combat Haru/Rushia dans Rave, le titre de MASHIMA (qui avait du lire le titre étant plus jeune).

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En fait, il y a, dans Emblem of Roto, tout les éléments pour faire un excellent shônen : de l’action, de la camaraderie, un « homme à abattre », des phases d’entraînement, des power-ups, du stuffing (changement d’équipement), une petite équipe, des sacrifices… Le mangaka a l’air d’avoir pensé à tout ce qui fait le succès du genre mais aussi ce que les fans du jeu appréciaient le plus pour concevoir son titre.

Ainsi, il ne sera pas rare de voir Arus (ou même Jagan) changer d’armure. Chacun récupèrera des armes et des protections nouvelles, de sorte à être équipé au mieux le jour de l’affrontement final. Même les monstres deviennent de plus en plus difficiles à battre, les sous-fifres étant toujours sous les ordres d’un « boss », une sorte d’incarnation « parfaite » de l’espèce en question.

Une fois n’est pas coutume, le sacrifice et la camaraderie iront de mise et personne dans la troupe du héros ne sera jamais à l’abris d’un drame. Le protagoniste et le lecteur l’apprendront d’ailleurs très rapidement dans la douleur…

Graphiquement, FUJIWARA se débrouille plutôt bien dans le style shônen (si vous voulez le voir faire du seinen, essayez Unlucky Young Men) avec des personnages au design plutôt réussi (sauf peut-être un ou deux qui ne sont peut-être pas forcément adaptés à l’oeuvre mais rien de bien méchant).

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© 1991-1997, 2006 Kamui Fujiwara / SQUARE ENIX
© 1991-1997 Junji Koyanagi / SQUARE ENIX
© 1991-1997, 2006 SQUARE ENIX CO., LTD. All Rights Reserved.

On oublie très rapidement le côté « Toriyamaesque » des personnages (Akira TORIYAMA étant le chara-designer officiel de la saga Dragon Quest), résultat du cahier des charges qu’à du respecter FUJIWARA pour travailler sur la série. L’auteur s’approprie très rapidement les personnages et leur style change peu à peu pour arriver à quelque chose de plus personnel.

On notera aussi de bonnes trouvailles parmi les monstres qui sont souvent titanesques. J’en prend pour preuve l’hydre du tome 12 ou encore le Léviathan. Arus fait face à des ennemis divers et variés et les combats s’enchaînent sans pour autant se ressembler dans un bel effort de l’auteur pour proposer une oeuvres au déroulement moins linéaire qu’à l’accoutumée.

Pour l’édition, on ne peut que saluer le travail de Ki-oon qui a sorti un volume par mois pendant environ deux ans pour mener à bien la sortie de ce titre qui leur tenait à coeur. L’éditeur n’a pas choisi n’importe quel titre pour sa collection shônen (petit format mais papier blanc et ouvrage épais) qui, à l’époque, avait besoin d’un renfort de poids.

Impression Impression Impression

Slime me up before you go go

Graphisme - 72%
Histoire - 69%
Mise en scène - 75%
Originalité - 63%
Edition - 75%
Dans son genre - 81%

73%

DraQue

Vous l'aurez compris, Emblem of Roto est un manga qui se lit dans un esprit de découverte plus que comme un gros blockbuster moderne. Il nous permet presque de retracer un pan de l'histoire du manga en montrant l'évolution d'un genre (shônen) au début des années 90. Que ce soit au niveau des personnages ou de l'histoire, on se régale avec un titre où l'aventure prime et où l'émerveillement est présent à chaque volume.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

5 commentaires

  1. J’ai beaucoup aimé la série mais par contre, savez-vous ce qu’il en est de la suite ?
    Ahmed Agne avait annoncé sur paoru, dans un podcast de mangavore…que Ki-oon enchainerait sur la suite publiée dans le Young Gangan à la fin d’Emblem of Roto mais apparemment, ce serait plus du tout prévu (ce qui serait un gros foutage de gueule de sa part).

    • Ours256

      Hello ! Pour le moment, j’ai pas eu de bruits de couloir ni rien donc je dirais que c’est en standbye. Maintenant que la première série est finie, ils devraient pas tarder à communiquer sur la suite des opérations 🙂

  2. En tout cas, Ahmed Agne a clairement dit qu’il la sortirait dans ce podcast : http://www.mangavore.fr/beta/articles/news/podcast/7419-mangavore-fr-l-emission-s06e04-10-ans-and-tremplin-manga-merci-pour-ce-podcast.html (aux environs d’1h45-1h46).
    Et il l’a redit en inteview chez Paoru chez Paoru “Néanmoins, dès le départ pour moi l’enjeu se situait beaucoup plus sur la deuxième série Dragon Quest que nous lancerons après Emblem of Roto. Elle est actuellement en cours dans le Young Gangan, et s’avère beaucoup actuelle dans son graphisme et sa narration » voir : http://www.paoru.fr/2015/03/01/itw-editeur-ki-oon-de-nouveaux-cycles-pour-le-manga/
    Logiquement, il doit le sortir mais comme j’ai lu un commentaire d’un forumeur disant qu’il avait posé la question récemment à Ki-oon et qu’on lui a répondu “la suite n’est pas envisagée pour le moment ni le one-shot », j’ai assez peur que le Directeur de Ki-oon ne tienne pas ses engagements.

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