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Double Je

Double Je – Tomes 1~5

Double Je – Tomes 1~5 Éditeur : Éditions Akata
Titre original : Inochi
Dessin : Reiko MOMOCHI
Scénario : Reiko MOMOCHI
Traduction : Chiharu CHÛJO
Prix : 34.75 €
Nombre de pages : 960
Date de parution : 12/11/2015

Nobara et Kotori sont des sœurs jumelles que tout oppose. La première est plutôt espiègle, la seconde une fille sage. Mais deux terribles drames vont venir bouleverser leurs vies… Surtout de l’une d’entre elles ! Comment faire face à la mort d’un être cher ? Au manque d’amour ? À l’injustice et à la culpabilité ? Faut-il renoncer à son propre bonheur pour se construire un avenir dans une société trop cruelle ? La route sera longue, torturée et tumultueuse, mais au bout du chemin demeure un espoir : celui du pardon… et surtout d’une vie meilleure.

Chronique d’un tome seul de Double Je : Tome 3

Le scénario de Double Je offrait de belles promesses. Maintenant que la série est terminée, voyons si ces dernières ont été tenues malgré un début déjà assez mitigé. En tout cas, la promotion autour du titre aura été exemplaire avec une introduction de l’auteure par son titre Daisy, Lycéennes à Fukushima puis avec un partenariat avec le magazine Pretties.

Gageons que, quoi qu’il en ressorte, nous pourrons lire d’autres d’histoires de Reiko MOMOCHI en France grâce à son style unique et son sens du drame. Avant cela, chronique des cinq tomes que compte la série Double Je.

Les drames… ça me connait ! On pourrait même l’écrire en épitaphe mais quand j’ai lu le premier tome de la série, j’ai regretté la surcharge de malheur. Alors que l’histoire allait se concentrer sur le meurtre de Kotori, jumelle de Nobara, le passage sur la mort du père parait incongru. Par cette introduction on en arrive à la situation de séparation des deux sœurs et leur échange secret qui enrichira le scénario.

Le soucis est dans l’équilibre, pour un seul volume cela fait beaucoup d’un coup alors en plus pour un tome 1 c’est presque de la surenchère. Il y avait pourtant d’autres moyens moins tragiques de mettre en place cette situation tout en gardant un affect pour la personnalité de Nobara. On part donc avec une impression de ne pas trop croire à l’histoire qu’on lit alors que la suite sera beaucoup plus réaliste, un mauvais départ mais largement rattrapé par l’intensité du manga.

L’avantage de cette auteure, c’est qu’elle maîtrise quand même très bien le drame et ses titres regorgent de sentiments en tout genre. Si vous avez lu Daisy, Lycéennes à Fukushima on remarque bien cette similitude et c’est encore plus flagrant avec ses titres précédents. Reiko MOMOCHI est la reine des oneshots sur des sujets glauques mais horriblement d’actualité. De ce fait, il nous est très facile de nous immerger dans ses histoires et donc de ressentir encore plus d’émotions.

Après tout on peut tout à fait s’imaginer perdre un être cher et voir le coupable s’en tirer, aucune justice n’est infaillible et ce sentiment de vengeance, d’injustice, on le ressent à chaque page. Il y a de la tristesse aussi, de l’impuissance, et ça c’est vraiment ce qui ressort de toute la collection de l’auteure, c’est ce qui fera pardonner ce début un peu mitigé. Si on a du mal à entrer dans le scénario du premier tome la suite sera bien plus équilibrée et permettra donc de mieux s’y plonger.

Le thème de Double Je est la justice japonaise, comment elle va laisser partir un coupable et comment elle va finalement empêcher une famille de faire son deuil. Là encore l’auteure fera des erreurs difficilement compréhensibles en partant dans une direction un peu rocambolesque (la chirurgie esthétique). Ces distractions sur les tomes 2 et 3 vont vraiment baisser la qualité du titre qui aurait du être plus simple et se concentrer sur le thème plutôt que tenter des extras pour allonger la durée.

Sans doute est-ce une maladresse pour une auteure peu habituée aux séries car chacune de ses rallonges tombent à plat alors que la force de son récit principal tient largement la route. Un défaut vite rattrapé dans les tomes 4 et 5 où l’on se concentre justement sur l’essentiel et on voit que ça fonctionne bien.

Sur la justice la vision est très intéressante, il s’agit de réfléchir aux coupables que les lois remettent en liberté. Comment un système sensé nous protéger peut être utilisé pour se retourner contre ceux qui sont innocents et victimes ?

Dans les faits, il n’y a aucun faux pas sur l’enquête, on comprend comment et pourquoi le tueur se retrouve à nouveau libre. Bien sûr, c’est hyper frustrant, à la hauteur de l’héroïne et le tome 5 apporte une très belle conclusion à ce sujet. C’est un peu ironique et, au fond, on se rend compte que la justice est manipulable mais je reconnais bien là la patte de Reiko MOMOCHI, incapable de ne pas conclure de façon un peu biaisée. Il y a toujours plus qu’une simple conclusion, personne ne sort jamais indemne de ses histoires.

Graphiquement le trait est propre, assuré, on parle d’une mangaka qui dessine depuis des dizaines d’années, forcément ça se ressent. Enfin, elle avait rapidement atteint la maturité de son trait voilà quelques années déjà et a pu simplement s’améliorer sur la mise en page. Double Je est facile à lire, dans le sens où il n’y a pas de lourdeur, c’est agréable et on passe un bon moment pas trop rapide comme beaucoup de shôjo, mais pas non plus à ne pas pouvoir enfiler les 5 tomes d’un coup. Encore une fois il y a une force dans la façon de dessiner de Reiko Momochi qui est indéniable et qui permet un investissement dans le titre quoiqu’il arrive.

Je suis particulièrement fan de cet auteure car elle a réalisé d’excellents titres sur des sujets qui touchent un large public féminin comme le harcèlement ou le viol. J’ai lu Daisy, Lycéennes à Fukushima comme une parenthèse et j’attendais beaucoup de Double Je. Si le final m’a beaucoup plu et que je l’ai trouvé largement à la hauteur du titre, les égarements des tomes 2/3 gâchent sérieusement le scénario. Il n’en reste pas moins un bon titre dans un style quasi désertique de shôjo avec un thème mature sans tomber dans le jôsei. Espérons que l’on pourra voir pointer d’autres titres de l’auteure, résolument meilleure dans ses oneshots.

Chronique d'un tome seul de Double Je : Tome 3 Le scénario de Double Je offrait de belles promesses. Maintenant que la série est terminée, voyons si ces dernières ont été tenues malgré un début déjà assez mitigé. En tout cas, la promotion autour du titre aura été exemplaire avec une introduction de l'auteure par son titre Daisy, Lycéennes à Fukushima puis avec un partenariat avec le magazine Pretties. Gageons que, quoi qu'il en ressorte, nous pourrons lire d'autres d'histoires de Reiko MOMOCHI en France grâce à son style unique et son sens du drame. Avant cela, chronique des cinq tomes que compte la…

La sentence est...

Graphisme - 68%
Histoire - 52%
Mise en scène - 63%
Originalité - 71%
Edition - 76%
Dans son genre - 58%

65%

Guilty !

Il est difficile d'ignorer les défauts de ce titre à la lecture mais l'impression générale reste assez bonne pour que Double Je mérite une place dans votre bibliothèque.

A propos de Marcy

Juste un chat qui traine partout, fan de Sailormoon devant l'éternel, spécialiste du glauque et du déviant, chose étrange: ne travaille pas/plus dans le monde de l'animation.

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