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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Le Comte de Monte Cristo

Le Comte de Monte-Cristo

Le Comte de Monte-Cristo Éditeur : Kurokawa
Titre original : Monte Cristo Hakushaku
Dessin : Ena MORIYAMA
Scénario : Alexandre DUMAS (adapté par Ena MORIYAMA)
Traduction : Nesrine MEZOUANE
Prix : 8.9 €
Nombre de pages : 272
Date de parution : 09/03/2017

Tout commença en France à Marseille en l’année 1815.
Le jour prévu de son mariage, Edmond Dantès, capitaine de vaisseau plein de promesses se fait enfermer injustement au Château d’If, une prison pour criminels politiques. Pendant son long emprisonnement, il apprend qu’il a été victime d’une impardonnable trahison. Débutera ensuite une tragédie de vengeance dans laquelle Dantès jouera ses années perdues en prison ainsi que celles qu’il lui reste à vivre en liberté.

Depuis quelque temps, les mangas (et la bande dessinée au sens large) réécrivent ou adaptent les grands classiques de la littérature. Parfois, c’est très bon (par exemple, Les Misérables par Takahiro ARAI), parfois un peu moins (tel Le Rouge et le Noir). Chaque annonce d’une licence dans ce genre est donc source de craintes : bonne ou une mauvaise adaptation (surtout quand on connaît le volume de l’œuvre originale) ?
C’est donc dans cet état d’esprit qu’on est susceptible d’aborder Le Comte de Monte-Cristo, paru chez Kurokawa

Dès qu’on a pris connaissance de la postface faite par MORIYAMA, on sait donc à quoi s’en tenir. De son propre aveu, ce qui nous est offert à la lecture est bien une adaptation d’une édition abrégée du roman de DUMAS, et vraisemblablement destinée aux enfants, comme elle-même a pu la lire étant petite. Ainsi, amis de la littérature, soyez magnanime, d’autant plus que le titre ne mérite pas qu’on le blâme.

En effet, cette version manga d’un des chefs-d’œuvre du XIX° siècle tient ses promesses, et parvient rapidement à nous plonger dans cette histoire de vengeance, qui aura mis presque un quart de siècle à se réaliser pour son commanditaire. On traverse, en fond, les différentes crises politiques de la première moitié de ce siècle, où les plus malavisés ont su s’inscrire dans les hautes sphères, en se parant du masque de la vertu, thème récurrent dans la littérature réaliste et naturaliste.

Concernant la mise en scène, même si on sent qu’il y a quelques moments accélérés, ceux-ci ne gâchent en rien le plaisir de lecture. On est porté par la vengeance de Dantès, sa plongée vers la folie que cette dernière provoque, la tragédie sentimentale qui se joue avec Mercédès, les éléments perturbateur que représentent Valentine et Maximilien, etc.

Le Comte de Monte Cristo
MONTE CRISTO HAKUSHAKU © Ena Moriyama 2015

Cependant, la qualité de la mise en scène va de pair avec celle des graphismes, qui sont sublimes de par leur niveau de détail et surtout la grande expressivité des personnages. L’une des scènes les plus parlantes à ce sujet est sans nul doute celle montrant le passage d’un Dantès altruiste envers ceux qui l’ont soutenu à un Comte sadique et rongé par la vengeance contre les trois responsables de son emprisonnement et de son malheur.

D’ailleurs, les raisons de son incarcération peuvent sembler un peu obscures au lecteur peu connaisseur de l’Histoire française du XIX° siècle. Après tout, de nos jours, il peut sembler invraisemblable qu’un homme soit envoyé en prison, sans procès, pour l’unique accusation d’avoir possédé une lettre écrite par Napoléon Ier.
C’est sans doute le seul bémol du titre, qu’on peut excuser du fait qu’il y avait une contrainte de taille (contrainte que MORIYAMA a modifié, puisqu’à la base, le manga ne devait faire que 7 chapitres représentant chacun 1 tome du roman, et elle est parvenue à faire en sorte qu’il en compte 12).
L’aspect historique n’est pas assez expliqué : il aurait sans doute été intéressant d’avoir une petite note en fin de volume pour expliquer davantage le contexte historique du récit et ce que cela implique.

Mis à part cela, on a affaire à une très bonne adaptation du classique littéraire, et l’édition de Kurokawa accentue davantage cette qualité, grâce à un papier agréable au toucher, bien épais et mettant donc bien en valeur les différentes planches. On pourrait juste regretter qu’il n’y ait pas plus de pages couleurs, quand on voit la beauté de la couverture et de la première page du volume que l’on tient dans ses mains.

Depuis quelque temps, les mangas (et la bande dessinée au sens large) réécrivent ou adaptent les grands classiques de la littérature. Parfois, c'est très bon (par exemple, Les Misérables par Takahiro ARAI), parfois un peu moins (tel Le Rouge et le Noir). Chaque annonce d'une licence dans ce genre est donc source de craintes : bonne ou une mauvaise adaptation (surtout quand on connaît le volume de l'œuvre originale) ? C'est donc dans cet état d'esprit qu'on est susceptible d'aborder Le Comte de Monte-Cristo, paru chez Kurokawa.  Dès qu'on a pris connaissance de la postface faite par MORIYAMA, on sait donc à…

La vengeance est un plat qui se mange froid

Graphisme - 85%
Histoire - 82%
Mise en scène - 78%
Originalité - 77%
Edition - 69%
Dans son genre - 72%

77%

Vendetta

Parmi les adaptations en manga d'oeuvres littéraires, celle-ci se place parmi les meilleures. Du dessin jusqu'à la mise en scène, on découvre un pilier de la littérature française, magnifiquement mis en images par MORIYAMA et donne un sublime avant-goût du chef-d'oeuvre de DUMAS.




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

4 commentaires

  1. Et ben, entre le 9.5/20 chez MangaNews et le 77% chez vous, il va falloir trancher…

    • Ours256

      Manga News encense aussi L’Enfant et le maudit que nous n’avons pas vraiment aimé à la rédaction donc… la période est conflictuelle 😀

      • Oui, je viens de voir ça.. c’est bien d’avoir des avis différents, de toute façon, ce n’est pas la note qui compte, ce sont les arguments derrière… et comme dit dans les commentaires de l’autre chronique, il y a autant d’avis que de lecteurs.

        • L'Otak' des Lettres

          Je suis allé voir la chronique MN pour comparer mon avis avec celui du chroniqueur : je trouve qu’il a été trop sévère sur la note par rapport à ses arguments. Je trouve qu’il y a un décalage entre ce qui est dit et la note attribuée (qui aurait plutôt dû être aux alentours de 11 ou 12/20, vu ce qu’il dit dans sa critique)

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