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Amon – The Dark Side of the Devilman (Intégrale)

Amon – The Dark Side of the Devilman (Intégrale) Éditeur : Black Box
Titre original : Amon - Devilman Mokushiroku
Dessin : Yu KINUTANI
Scénario : Yu KINUTANI, d'après Go NAGAI
Traduction : Crea Corp.
Prix : 10.9 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 10/11/2015

Pour tenter d’éradiquer les démons, Akira avait emprisonné l’âme de l’un d’eux pour devenir «Devilman». Mais c’est finalement ce démon, Amon, qui prend le dessus, pour donner naissance à l’être maléfique le plus puissant que le monde ait jamais connu.

Après avoir édité les cinq tomes de Devilman, Black Box s’attaque aux six tomes de sa suite directe : Amon – The Dark Side of the Devilman (Amon – Devilman Mokushiroku).
Ce n’est plus Go NAGAI, auteur du manga original, qui s’y attelle puisque la tâche à été reprise par un certain Yu KINUTANI (connu chez nous pour avoir réalisé le manga Ghost in the Shell – Stand Alone Complex) sous la supervision du maître.

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Si le premier volume prend la suite directe de l’histoire de Devilman (bien qu’avant le dernier chapitre conclusif), l’auteur va, dès le second tome, s’atteler à narrer les origines de cet univers avec l’arrivée de Satan sur Terre et sa rencontre avec les démons, bien avant l’avènement du genre humain.
Puis il nous fait revenir dans le passé très récent pour s’intéresser à Akira et à son entourage peu de temps après sa fusion avec le démon Amon.

Cette volonté de nous raconter des parties seulement évoquées, de combler les trous, est louable et intéressante, mais la forme est plus discutable. KINUTANI ne prend pas le temps de signaler la conclusion de ses arcs, les changements d’époque, de lieu, pour raconter d’autres histoires, si bien que le lecteur est souvent perdu au début de chaque nouvel arc scénaristique dont la longueur varie.

Malgré tout le récit proposé est intéressant, voir passionnant, nous permettant, notamment, de découvrir tout un pan de l’histoire des démons et particulièrement du personnage de Sirène qui n’a qu’un rôle très limité dans Devilman, et sur laquelle KINUTANI  s’attarde longuement car son histoire se révèle intimement liée à celle d’Amon.
La narration est fluide, bien construite et l’histoire se tient, rentrant plutôt bien dans les clous du manga d’origine.

Indubitablement, le seul public visé est celui des lecteurs de Devilman tant cet Amon ne propose que des intrigues dont les ressorts sont tous liés à l’œuvre originale, et qui ne fait que la prolonger sans proposer de récit clair d’un bout à l’autre, préférant les arcs narratifs venant combler les vides du manga de NAGAI.

Le côté avant-gardiste du Devilman des années 70, qui bousculait les codes et les mœurs d’une industrie plus portée sur le loisir, manque un peu à cet Amon qui reste sagement dans les pas de son aîné presque 30 ans après. Difficile, de nos jours, de faire aussi sulfureux et puissant quand tant d’autres titres ont suivi les traces laissées par l’illustre œuvre et se sont approprié ses thématiques.
Aujourd’hui Devilman fait encore écho à notre société, c’est dire si ce titre est universel !

Pré-publié dans le mensuel Gekkan Magazine Z de Kôdansha (dont la publication à cessé en 2009) de 1999 à 2004, ce manga à généré un one-shot, réalisé par le même KINUTANI en 2005 : Devilman Mokushiroku – Strange Days, qui narre d’autres faits de la mythologie de Devilman et que l’on espère prochainement édité par Black Box.

Amon

Le style graphique de KINUTANI s’adapte parfaitement à l’univers et l’ambiance sombre de Devilman, corrigeant même l’un des rares points noirs du manga original : son côté cartoonesque qui contrastait avec l’horreur du titre.
Le trait du mangaka est précis, fouillé, les personnages sont beaux, léchés, et les monstres horribles à souhait.

Violence et hémoglobine sont au programme, la loi du plus fort étant la marque de fabrique des démons.

La dualité Satan/Amon est parfaitement retranscrite avec d’un côté l’ange blanc majestueux et immaculé, et de l’autre le démon sombre et anguleux toujours flanqué du sourire sardonique de celui qui veut tuer.

L’édition proposée par Black Box est dans les standards de leurs parutions des œuvres de Go NAGAI : dos carré-collé sans jaquette et format 145 x 210 mm.
On ne sait pas bien pourquoi l’éditeur français n’a pas réutilisé les couvertures japonaises, plutôt réussies, mais celles proposées sont très agréables : un patchwork de couleurs qui accompagne des visuels noir et blanc intérieurs. Sobre et efficace.

Chaque volume s’ouvre sur 1 ou 2 illustration(s) couleur de KINUTANI et/ou de NAGAI du plus bel effet. Le rendu de l’impression couleur est très propre, tout autant que les noirs profonds des planches. Malheureusement celles-ci ne bénéficient toujours pas d’une impression pleine page qui manque un peu pour une appréciation parfaite.

Chaque volume est correctement pourvu question pagination avec 224 pages pour les tome 1, 2 et 3, 258 pour les 4 et 6, et 242 pour le 5ème.

Si Amon est la “suite” (et préquelle) officielle de Devilman, celle que Go NAGAI à lui même réalisé n’est autre Violence Jack qui pourrait arriver prochainement chez Black Box en 18 volumes.

Amon – The Dark Side of the Devilman est un œuvre que l’on ne peut raisonnablement conseiller qu’aux personnes ayant déjà fait l’expérience des cinq tomes de Devilman dont Amon est le prolongement naturel.
Graphiquement très réussit, le manga de Yu KINUTANI ravira les amateurs de la saga de Go NAGAI car il propose un récit passionnant bien qu’un tantinet décousu, qui n’arrive jamais à égaler le travail du maître mais reste une pièce de choix dans le panthéon devilmanesque.

Si vous n’avez pas encore lu Devilman, vous n’avez aucune excuse ! Heureusement pour vous le manga est toujours disponible et il vous faut vous ruer dessus !
Une fois cela fait, vous pourrez sereinement entamer Amon et prolonger avec délectation la découverte du monde des démons.

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Amon humble avis...

Graphisme - 81%
Histoire - 69%
Mise en scène - 73%
Originalité - 72%
Edition - 52%
Dans son genre - 75%

70%

Côté obscur

Retrouver Devilman est une friandise quasi coupable dont on se délecte avec grand plaisir. Amon est un récit passionnant qui ajoute de la matière à la mythologie devilmanesque en éclairant certaines zones d'ombres, et en approfondissant le caractère et le rôle de nombreux personnages secondaires. Une belle suite pour l'œuvre mythique de Go NAGAI.




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la "génération Club Dorothée", c'est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans et fan invétéré de Dragon Ball. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l'un des créateurs de Manga Mag.

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