Publicité

Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Mangas / Chroniques new-yorkaises

Publicité

Chroniques new-yorkaises

Chroniques new-yorkaises Éditeur : Lézard Noir
Titre original : New York de Kangaechu
Dessin : Akino KONDOH
Scénario : Akino KONDOH
Traduction : Miyako SLOCOMBE
Prix : 14 €
Nombre de pages : 160
Date de parution : 18/09/2016

Artiste et mangaka japonaise installée à New York, Akino Kondoh nous raconte son quotidien sous la forme d’un journal dessiné, dans lequel elle nous fait partager avec humour et finesse ses états d’âme, s’amusant des différences culturelles entre New-yorkais et Japonais.

Les chroniques d’expatrié(e)s sont toujours sympathiques à lire, que ce soit en bande dessinée ou même par le biais de simples blogs. C’est donc avec une véritable envie que l’on a ouvert la dernière sortie du Lézard NoirChroniques new-yorkaises, d’Akino KONDOH.

Autant le rappeler tout de suite, ce que vous allez lire dans ce titre, ce sont des petites scènes de la vie quotidienne. Il n’y a pas vraiment d’histoire à proprement parler, pas de fil rouge si ce n’est l’évolution de KONDOH dans un milieu qui n’est pas le sien. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons choisi de ne pas donner de note à « l’histoire ». Il est impossible de donner une note à une vie humaine.

La vie de la managea, on pourrait facilement la résumer en une petite expression : « Japonaise un jour, japonaise toujours ». Du début à la fin, la jeune femme le répète et ses actions ne font que confirmer ses dires. On aurait pu se dire qu’elle allait tenter un peu de s’intégrer et justement d’expliquer comme elle était parvenue à combler la différence culturelle entre la petite japonaise et le gigantisme américain mais il n’en est rien.

Akino KONDOH, lorsqu’elle va acheter son matériel à dessin, va acheter japonais (elle fait des stocks lorsqu’elle retourne voir sa famille). Elle le justifie par l’habitude d’utilisation et une meilleur qualité des équipements, ce qui peut se comprendre dans une certaine mesure.
Lorsqu’elle va faire ses courses, elle va aussi acheter de quoi cuisiner… des plats japonais et va même jusqu’à se plaindre que de nombreux aliments sont difficiles à trouver.
Lorsqu’elle sort, elle le fait avec des amis… japonais ! La plupart du temps, ce sont des gens qui partagent sa langue qui l’accompagnent en voyage, dans des expositions et même juste boire un café au Starbucks du coin…
Lorsqu’elle doit aborder des américains, c’est son côté japonais qui ressort avec une timidité typique (qui va en s’améliorant, il faut dire la vérité) et une recherche de l’étiquette qui lui demande souvent beaucoup d’efforts, ce qui explique aussi un peu qu’elle sorte plus souvent avec des amis japonais.

Même après avoir vécu 4 ans à New York, la jeune femme semble avoir inséré son rythme de vie dans une Amérique qu’elle n’a pas l’air d’apprécier tant que ça et non pas s’être intégrée. Elle avoue elle-même lui trouver de nombreux côtés « éclatants », avec des villes qui scintilles et autres mais jamais on ne sent une sincère attirance pour le pays.
À la fin du tome, on se demande encore ce qui l’a poussée à y rester aussi longtemps.

C’est tout le contraire quand elle parle du Japon. Elle se lance dans des petites discussions philosophiques qui amènent le lecteur à s’interroger sur son pays, sur ce qu’il peut considérer comme son « chez-soi ». C’est d’ailleurs ce petit côté introspectif qui donne un peu d’intérêt à Chroniques new-yorkaises.

Plus difficile pour le lecteur lambda, on se rend compte que les principaux soucis du quotidien dessinés par KONDOH ne sont que des préoccupations d’artiste, ce qui rend presque impossible l’identification au personnage principal.
Peu de gens ont le luxe de pouvoir travailler aux horaires de leur choix et donc de pouvoir faire autre chose un peu quand ils veulent. Malgré cela, la mangaka va faire tout un chapitre sur la difficulté d’aller à la laverie à une heure qu’elle considère comme la bonne (sérieusement…).
Même chose en ce qui considère son train de vie très libre qui fait qu’elle ne semble avoir aucun problèmes d’argent. Ce qu’elle veut faire, elle le fait, tout en vivant dans une zone plutôt pas mal d’une ville où les loyers sont pourtant réputés comme étant particulièrement élevés.

Ces choses qui passeront au dessus de bon nombre de lecteurs pourront donner l’impression que KONDOH est particulièrement hautaine. Les bulles ne font d’ailleurs que renforcer cette idée avec quelques passages presque moralisateurs assez malvenus vis à vis des événements décrits.
Même si KONDOH reste invariable dans son propre récit, les personnages qui gravitent autour d’elle changent.

Outre le petit côté voyeur qui vient avec la découverte de la vie de quelqu’un que l’on peut considérer comme célèbre, ce sont le dessin et le style de récit qui feront sûrement le plus plaisir au lecteur.
Le style graphique minimaliste n’est pas sans rappeler le Persepolis de Marjane SATRAPI (qui a été adapté en film d’animation que l’on ne peut que vous recommander). Le jeu entre le noir et le blanc est terriblement efficace et donne un vrai cachet aux différentes planches, peu importe la situation dessinée.
Même si le climat new-yorkais est bien différent de celui de l’Iran en guerre civile, le point de vue adapté est très similaire et on sent que l’auteure prend un certain recul en dessinant les différentes situations de sa vie d’expatriée. C’est ce double point de vue dans les mêmes planches qui la rapproche beaucoup du travail de SATRAPI, le ton un peu hautain en plus.

Le Lézard Noir propose un ouvrage grand format qui ne change pas de ses habitudes. Point de jaquette ou de rabat cartonné mais un objet solide, au papier épais (qui fait bien ressortir le noir profond de certaines cases de KONDOH) et une traduction toujours au top puisqu’elle nous permet de sentir les moindres variations dans l’écriture (qui peut être très poétique) de la mangaka.

C'est l'histoire d'une meuf... #RichPeopleProblems

Graphisme - 72%
Mise en scène - 73%
Originalité - 60%
Edition - 85%
Dans son genre - 61%

70%

Problèmes de riches

Chroniques new-yorkaises, c'est l'histoire d'une japonaise qui veut vivre aux États-Unis sans vraiment perdre le confort de sa petite vie japonaise. Évidemment, il y a quelque part où ça coince mais Akino KONDOH semble avoir beaucoup de mal à s'en rendre compte. Heureusement, son très bon dessin minimaliste et ses quelques réflexions personnelles donnent de nombreux motifs de satisfaction au lecteur.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Laisser un commentaire

banner