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Chiisakobe Tome 1

Chiisakobé – Tome 1

Chiisakobé – Tome 1 Éditeur : Lézard Noir
Titre original : Chiisakobee
Dessin : Minetarô MOCHIZUKI
Scénario : Minetarô MOCHIZUKI
Traduction : Miyako SLOCOMBE
Prix : 15 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 02/10/2015

Shigeji, jeune charpentier, perd ses parents et l’entreprise familiale, «Daitomé», dans un incendie. Se rappelant les paroles de son père, « quelle que soit l’époque dans laquelle on vit, ce qui est important, c’est l’humanité et la volonté», il fait le serment de reconstruire Daitomé. Mais son retour à la maison natale s’accompagne de l’arrivée de Ritsu, amie d’enfance devenue orpheline et qu’il embauche comme assistante, et de cinq garnements au caractère bien trempé échappés d’un orphelinat. La cohabitation va faire des étincelles.

La chose la plus importante dans un récit tranche de vie, ce sont les personnages. Il faut que le lecteur puisse s’identifier à eux, que ce qui leur arrive leur soit familier et que leur situation leur évoque quelque chose de très proche.
La tranche de vie, c’est la poésie du quotidien. Peu importe ce qui se passe, on doit se sentir plongé dans ce quotidien. Et c’est le cas, dès les premières cases de Chiisakobé.

L’histoire commence par un événement fort pour le héros puisqu’il perd ses parents. De quoi interpeller immédiatement le lecteur puisque cela va tout de suite susciter notre empathie. D’autant plus qu’il va devoir reprendre la société familiale étant donné qu’il est maître charpentier pour la boîte dont ses parents sont les gérants.
Comment réagir dans ce genre de situation ? Il n’y a pas de règle établie dans ces cas-là. Et l’on ne peut pas blâmer quelqu’un de choisir une voie plutôt qu’une autre. Du coup, comment réagirions-nous à sa place ?

Shigeji (le personnage principal), va faire le choix de se remonter les manches et d’assumer à 100% l’héritage qu’il se verra naturellement attribuer. Ce n’était pourtant pas gagné loin de là. Son entourage et ses ouvriers notamment, ne le pensent pas capable d’assumer un tel poids. Il faut dire que si l’on se fit uniquement à son physique, on ne peut pas dire que Shigeji ait l’air d’un ouvrier digne de ce nom.
Une chevelure foisonnante prolongée par une barbe généreuse lui cache la moitié du visage. Les japonais ne sont pas réputés pour leur pilosité, loin de là, on comprend, donc, que les gens qu’il croisera seront pas mal surpris et certaines vieilles connaissances ne le reconnaîtront même pas. On voit peu ses yeux qui sont soit cachés par ses cheveux, soit par une énorme paire de lunette d’aviateur.
Il est, donc, difficile de rendre un tel personnage expressif en ne révélant, de son visage, que son nez au beau milieu d’une touffe de ouf (pas facile à prononcer ça). Alors que les codes du manga voudraient qu’un protagoniste ait des expressions à base d’yeux gigantesques, de bouches gargantuesques et des attitudes un brin exagérées, Minetaro MOCHIZUKI fait le choix de la subtilité et du réalisme.

Il est bien connu que les japonais ont quelques difficultés à exprimer leurs sentiments au grand jour par rapport à nous autres occidentaux.
D’aucun parlerons plutôt de retenue ou de sous-entendus (préjugés ?).
Dans Chiisakobe, certains personnages sont plus expressifs que d’autres, mais globalement on est, comme je le disais à l’instant, dans le subtil. Du moins chez les adultes. Car Shigeji va également voir son quotidien chamboulé d’une façon dont il ne pouvait pas imaginer.
Pour faire court, une bande de gamins orphelins va débarquer dans la maison familiale car leur refuge a été détruit par le même incendie dans lequel les parents de Shigeji ont perdu la vie. Des individus hauts en couleur, mais qu’on n’arrive pas à trouver insupportables tant ils sont drôles et ne se laissent pas démonter face au monde des adultes.

Nous avons, enfin, les personnages féminins qui apportent la douceur et qui semblent être ce qui permet à cet univers de tenir en place.
Ritsu, jeune fille tout à fait délicieuse, aura la charge des orphelins et fera son possible pour assumer le rôle de figure maternelle en préparant les repas de Shigeji et en s’occupant de la maison. Elle développera un petit complexe vis-à-vis de Yûko, une autre amie d’enfance, qui donnera des cours aux enfants.
Perçue par cette dernière comme la femme parfaite, intelligente, extrêmement jolie et serviable, cela fera naître un semblant de triangle amoureux, bien que le jeune homme ne semble pas vraiment intéressé par un engagement sentimental pour le moment.

Après ma première lecture du titre, j’ai eu l’envie de me replonger dans son univers immédiatement. Il m’en fallait plus, je voulais la suite. Chiisakobé propose un univers réaliste avec des personnages consistants. Il est clair qu’il est dans le haut du panier du genre tranche de vie. On a envie de savoir si le héros arrivera à tenir le coup. Si les protagonistes arriveront à vivre ensemble.

Parlons un peu de graphisme.
Extrêmement propre et travaillé, le style de MOCHIZUKI est maîtrisé à tous les niveaux. Il a énormément évolué depuis ses précédentes œuvres (MaiwaiDragon Head) et pourrait plus se rapprocher de ce que fait Atsushi KANEKO que ce que l’on est habitué à voir sur le marché du manga.
Très « pop », un peu à la manière de comics books indépendants, avec des traits réalistes et des contrastes marqués. C’est donc la seule vraie barrière éventuelle qui pourrait empêcher quelqu’un d’apprécier ce magnifique titre.

Il est à noter que Chiisakobé est, en fait, une adaptation d’un roman de Shûgorô YAMAMOTO se déroulant pendant l’ère Edo, que le mangaka a transposé à notre époque.

L’édition est impeccable tant au niveau du papier que de l’impression (on est habitués avec le Lézard Noir).
Un format assez grand, quelques jolies pages en couleur au début et une couverture plastifiée. Comme pour tous les titres du catalogue de l’éditeur, la reliure est en dos carré collé, sans sur-jaquette. De l’édition de qualité qui a vite trouvé une place de choix parmi mes titres préférés.

La chose la plus importante dans un récit tranche de vie, ce sont les personnages. Il faut que le lecteur puisse s'identifier à eux, que ce qui leur arrive leur soit familier et que leur situation leur évoque quelque chose de très proche. La tranche de vie, c'est la poésie du quotidien. Peu importe ce qui se passe, on doit se sentir plongé dans ce quotidien. Et c'est le cas, dès les premières cases de Chiisakobé. L'histoire commence par un événement fort pour le héros puisqu'il perd ses parents. De quoi interpeller immédiatement le lecteur puisque cela va tout de suite…

Ce qui est important, c’est l’humanité et la volonté

Graphisme - 95%
Histoire - 75%
Mise en scène - 85%
Originalité - 75%
Edition - 90%
Dans son genre - 95%

86%

Be-bar

Une histoire humaine, planante, un héros un peu décalé, où l'on tombe instantanément amoureux des personnages (surtout de la douce Ritsu). Ce premier volume introductif fait de très belles promesses quant au reste du récit que l'on est impatient de découvrir !

A propos de Robot-M

Robot-M
Il a tellement été chamboulé lorsqu'il est tombé sur Akira un jour en médiathèque, qu'il a décidé d'y travailler. C'est aujourd'hui un médiathécaire herbivore spécialisé en jeux vidéo et dévoreur de mangas.

2 commentaires

  1. Un très grand manga. Un petit bijoux d’élégance grâce à un dessin épuré et un art du détail et du cadrage minutieux. Une superbe série à découvrir sans tarder. A noter que Mochizuki sera également présent en dédicace à la librairie Gibert Joseph de Poitiers le 1er Février à partir de 17h30 pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir venir à Angoulême.

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