Centaures – Tome 1

Centaures – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Jinba
Dessin : Ryo SUMIYOSHI
Scénario : Ryo SUMIYOSHI
Traduction : Jean-Louis DE LA COURONNE
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 180
Date de parution : 17/01/2018

Plus téméraire qu’un cheval, plus fier qu’un homme, le centaure est un être divin, côtoyant les hommes depuis la nuit des temps. Mais en ces périodes de trouble, les humains les ont réduits à l’esclavage, afin de les utiliser comme “armes de guerre”. Pour sauver son fils, le fier et sauvage centaure Matsukaze se laisse capturer par les humains. Il y fait la rencontre de Kohibari, un jeune mâle de son espèce, apprivoisé par les hommes. Ensemble, ils tenteront une folle évasion pour reconquérir la liberté de leur peuple… Illustratrice, mangaka, designer pour les jeux vidéo (notamment sur Monster Hunter), Ryo Sumiyoshi est une artiste multi-médium qui a développé un style très personnel, soutenu par de solides bases en dessin. Le réalisme de la morphologie de ses centaures saura vous en convaincre ! Conçu en cinq tomes, cette série vous propose un premier arc de deux tomes, contituant une histoire complète. Parcourez les plaines et les montagnes en compagnie de ces créatures mythiques !

Lors de l’annonce de Centaures de Ryo SUMIYOSHI par Glénat, il était impossible de ne pas être pris de curiosité pour ce titre qui vient mêler folklore et créatures mystiques. Dans cette série, vous découvrirez un monde cruel et des personnages décidés et volontaires qui feront tout pour se sortir de situations difficiles et atteindre leur but.

Ce manga est vraiment intrigant. Dès les premières pages, il y a quelque chose d’enivrant dans les planches en couleurs stylisées de SUMIYOSHI. Elle mettent en place une atmosphère assez exceptionnelle qui est l’un des véritables points positifs de l’oeuvre. L’auteure soigne son ambiance grâce à un jeu de trames intéressants et à un univers vraiment bien construit.

En quelques pages, elle pose les bases de son scénario qui va définir une société féodale où la place de chaque espèce est fixe. Il semble y avoir une véritable animosité entre humains et centaures. Ce ne sont pas les créatures fantastiques qui ont contribué à sa création mais plutôt les humains quand ils ont décidé de faire d’eux des machines de guerre impitoyables.
Il y a donc un aspect assez intéressant qui est traité dans l’histoire et passe par de nombreuses formes d’esclavagisme (travaux forcés, viols…). Il n’y a aucune restrictions sur les horreurs que l’on nous montre mais c’est toujours fait avec une certaine sensibilité.

La mise en scène reste assez classique. Ne vous attendez pas à des gros twists ou à un mélange de flashbacks/flash-forwards puisque la progression reste très linéaire du début à la fin. Même au niveau du découpage, la dessinatrice ne fait pas de grosses folies et reste dans une structure presque scolaire avec des gros plans lors des affrontements et des cases plus petites lors des scènes plus calmes.

L’association des deux protagonistes est très intéressante dans la mesure où les deux personnages n’ont vraiment rien en commun. Le premier vit comme esclave depuis son enfance (il connaît bien les hommes et leurs coutumes) alors que le second a grandi en liberté et conserve un caractère très sauvage.

Si Matsukaze ne va pas énormément évoluer dans ce premier tome, il va changer la vision des choses de Kohibari. Ce dernier, asservi, ne sait rien du monde qui l’attend au dehors. Il ne sait pas non plus ce que ça fait d’être traqué sans relâche avec les pires intentions possibles. Il ne sait pas non plus se débrouiller seul pour se protéger, trouver de la nourriture… Il se rend vite compte que seul, il ne sait pas survivre, il n’a jamais appris.

Son nouveau compagnon va donc lui servir de père de substitution et lui enseigner comment vivre libre. L’instinct paternel de Matsukaze ressort énormément grâce à Kohibari. Alors qu’il ne l’intéressait absolument pas au début, il va apprendre à le connaître et il va se prendre d’affection pour ce ce centaure mutilé (les humains coupent les bras de ceux dont ils veulent faire des centaures « domestiques »).

Le dessin est un point qui devrait clairement diviser. Ceux qui aiment les styles assez épurés, parfois proche de l’ébauche apprécieront sans aucun doute le trait de SUMIYOSHI. Les plus réfractaires trouveront un côté un peu trop brouillon sur certaines planches qui semblent inachevées, un peu comme ce que Yoshihiro TOGASHI, auteur d’Hunter X Hunter pouvait faire à une époque (et notamment pendant la prépublication de l’arc des fourmis).

Quand la mangaka le veut, c’est plutôt beau même si on peut reprocher des arrière-plans un peu vides parfois. Evidemment, le contexte et les paysages « froids » et enneigés traversés par les deux voyageurs le justifient un peu mais quand même, il y avait de quoi faire un petit peu mieux, surtout lors des passages dans le village humain.

À la traduction, on retrouve Jean-Louis DE LA COURONNE que l’on avait déjà pu voir chez Pika dans le roman tiré du film Your Name. S’il s’était plutôt bien débrouillé sur le format roman, il va devoir encore progresser sur le format manga. Si le rendu final est honnête, on retrouve quelques lourdeurs typiques de l’écrit qui viennent casser la fluidité de certains dialogues mais aussi du vocabulaire très vulgaire assez inattendu qui vient perturber un peu le flux du texte.

N'est pas un guerrier qui veut

Graphisme - 67%
Histoire - 66%
Mise en scène - 75%
Originalité - 72%
Édition - 58%
Dans son genre - 68%

68%

Moitié homme moitié cheval

Centaures est une petite curiosité qu'il est difficile de juger avec un seul tome. Sachant que la série est terminée en 5 tomes et que ses arcs narratifs seront courts, il serait intéressant d'y revenir une fois terminé. En tout cas, pour le moment, rien ne préfigure la perle dont on ne peut pas se passer. Le titre de SUMIYOSHI reste cependant une belle histoire d'un père à la recherche de son fils et d'une amitié naissante avec un étranger.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Un commentaire

  1. L’homme et son besoin d’asservir tout ce qui l’entoure … J’ai bien aimé votre review sur ce manga que je ne connais pas mais que je découvrirai avec plaisir.

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