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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Cavale vers les Etoiles

Cavale vers les étoiles

Cavale vers les étoiles Éditeur : Casterman
Titre original : Kinu Roku
Dessin : Ryôma NOMURA
Scénario : Ryôma NOMURA
Traduction : Wladimir LABAERE
Prix : 11.95 €
Nombre de pages : 316
Date de parution : 23/08/2017

Deux filles, une armée à leurs trousses, un seul objectif : Mars ! Dans un futur uchronique où les implants cybernétiques font partie du quotidien, la Terre est sous le joug de la couronne britannique. Afin de mater la révolte des colonies établies sur Mars, le pouvoir détourne la génétique martienne pour créer des combattants d’un nouveau genre. Échappée du laboratoire militaire où elle a vu le jour, Kinu nourrit un seul but : aller retrouver les siens sur la planète rouge. Contre elle : toute l’armée de l’empire. Avec elle : Roku, une vendeuse de nouilles qui n’a rien demandé à personne.

Annoncé il y a quelques temps par Casterman avec la présentation de sa jaquette spécialement réalisée pour la publication française, Cavale vers les étoiles de Ryôma NOMURA débarque enfin dans toutes les bonnes librairies et c’est l’occasion pour Manga Mag de le regarder d’un peu plus près.

Dans ce manga qui se lit d’un coup, le dessinateur réussit un tour de force majeur : rendre attachant un personnage qui était complètement insupportable dans les premières pages. Lorsque l’on découvre Kinu, il est vraiment difficile de l’apprécier (à moins d’aimer les petites pestes invincibles). Ce n’est qu’au fil de son voyage que l’on commence à comprendre ses motivations et sa façon d’agir.

Avec son titre parfaitement choisi, Cavale vers les étoiles incarne le road manga à la perfection. On y suit deux êtres très différents qui vont se lier d’amitié pour faire face à l’adversité. Kinu la folle intrépide et Roku la cyborg normale; les muscles et le cerveau.

Les deux compères d’infortune rencontreront de nombreux personnages secondaires loufoques pour les aider dans leur fuite mais aussi des ennemis particulièrement coriaces comme le bataillon du 5e hiver, un groupuscule constitué d’êtres vivants qui n’ont qu’une envie : faire en sorte qu’un nouvel hiver s’abatte sur le monde, rien que ça !

Au fil de l’histoire, on découvre (quand les choses se calment un peu) aussi un univers SF complet qui n’a rien à envier aux meilleures productions du genre. Humanoïdes, créatures étranges, complots… Il y en a vraiment pour tout le monde et si tout n’est pas aussi développé qu’on l’aimerait, il y a assez de contenu pour que l’on ne soit pas déçu, un bon équilibre pour un résultat comme on aimerait en voir un peu plus souvent.

À la lecture, une chose est sûre, ça va vite… très vite ! Les pages se tournent à une vitesse assez hallucinante (merci les scènes de combats ultra-dynamiques) et l’auteur maîtrise son rythme à la perfection. Il n’y a aucun temps mort mais il prend quand même le temps de faire quelques petites pauses avec un peu de « parlotte » pour que son lecteur découvre ce qui se cache derrière l’univers de sa série.

La fin est l’un des rares points négatifs du titre. Même si elle vient effectivement conclure l’histoire de manière concrète, l’auteur est parti dans un trip un peu trop « space » quand on compare avec le reste du volume qui est beaucoup plus terre à terre (dans l’univers imaginé par le mangakabien évidemment).
Il y a un sentiment bizarre qui s’installe chez le lecteur qui se demande : « Pourquoi ? ». Le manga aurait très bien pu se contenter d’une fin semi-ouverte que ça n’aurait dérangé personne. Finir pour finir, est-ce vraiment nécessaire ?

Si le trait part parfois en sucette (certains bouts de corps sont parfois très bizarres), il faut avouer qu’il possède un véritable charme. NOMURA possède un style qui n’est pas sans rappeler celui de HISA (auteur du génialissime Area 51), qui emprunte beaucoup aux aplats de noirs de l’américain Frank MILLER.
Si ce sont les personnages qui ont le beau rôle sur ses planches, il ne met pas de côté les décors pour autant. Kinu et Roku passeront par des égouts, une ville futuristes et autres bâtiments militaires qui seront dessinés avec une minutie toujours maximale.

Pour la mise en page, il est intéressant de remarquer que le dessinateur reste dans une configuration entre 3 et 6 cases et ne va qu’exceptionnellement au dessus ou en dessous. Grâce à cela, il arrive à proposer une lisibilité exemplaire et à aucun moment il n’est nécessaire de revenir sur une case pour comprendre ce qui s’y passe.
Si les mangaka gèrent généralement leur rythme par une réduction/agrandissement de leurs cases, NOMURA n’a pas vraiment besoin d’user de cet artifice.
En fait, son titre fait assez penser à un storyboard de film où chaque plan est là pour montrer une information importante. Du coup, la taille de la case ne varie que si ce qu’il y a à montrer est grand et le nombre ne varie que s’il y a beaucoup de choses à montrer au moment précis décrit par la page.

Ce volume unique de plus de 300 pages réunit les deux tomes de l’édition japonaise. L’éditeur a clairement fait un choix intelligent en réunissant les deux tant le rythme est soutenu.
Au final, ça donne un joli pavé qui garde toute la qualité des ouvrages de chez Casterman : rigidité au top, papier blanc de très bonne qualité et un très bon standard de traduction / lettrage. Même les acheteurs les plus pointilleux ne devraient pas manquer d’être convaincus !

Une Kinu... et ça repart ?

Graphisme - 75%
Histoire - 60%
Mise en scène - 81%
Originalité - 75%
Edition - 80%
Dans son genre - 76%

75%

Space Candy

Cavale vers les étoiles, c'est du road manga complètement déjanté et qui assume complètement son genre. L'auteur s'éclate et ça se voit tant dans le dessin que dans la narration. Ce titre au rythme effréné se lit d'une traite et même si la conclusion est un peu moyenne, elle a le mérite de mettre un point final à l'histoire.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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