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Capitaine Albator Dimension Voyage - Tome 1

Capitaine Albator : Dimension Voyage – Tome 1

Capitaine Albator : Dimension Voyage – Tome 1 Éditeur : Kana
Titre original : Captain Harlock Jigen Kokai
Dessin : Kouiti SHIMABOSHI
Scénario : Leiji MATSUMOTO
Traduction : Frédéric MALET
Prix : 7.45 €
Nombre de pages : 162
Date de parution : 19/02/2016

On le dit hors-la-loi, traître, lâche ayant abandonné la Terre livrée à la corruption et à l’anarchie.
Alors qu’il est sans doute le seul espoir de l’Humanité !

Le danger approche et un seul homme se dresse face à la menace sylvidre : Albator !

« Le voilà ! Albator ! » Depuis des décennies, le capitaine corsaire de l’Arcadia nous accompagne, que cela soit par la voie télévisuelle, cinématographique ou papier. Cependant, cette fois-ci, Leiji MATSUMOTO a cédé sa place au dessin au profit d’un jeune auteur qu’il a pris sous son aile, Kouiti SHIMABOSHI. On était donc curieux de savoir ce qu’allait donner le pirate de l’espace sous un autre trait que celui de MATSUMOTO… Verdict !

Si vous n’êtes pas familier avec l’univers de MATSUMOTO, il y a plusieurs détails que vous risquez de ne pas comprendre du premier coup. En effet, dès le chapitre 1, on voit clairement que celui-ci a, une nouvelle fois, voulu intensifier le lien entre les différentes histoires de ses personnages. Il n’est pas rare que, dans une œuvre de MATSUMOTO, on retrouve des têtes connues, comme dans Cosmoship Yamato par exemple où l’on croisait Albator (même s’il était bien différent de celui qu’on pouvait connaître).

Queen Emeraldas - IntégraleIci, c’est exactement la même chose, sauf que toutes les lignes temporelles sont clairement imbriquées pour mettre en place une véritable continuité. Les personnages ne font plus de simples camées. Emeraldas (de Queen Emeraldas), Tochirô Ôyama (de Gun Frontière) ou encore Tetsurô Hoshino (de Galaxy Express 999) sont inclus dans le récit et partagent un point commun : ils sont liés à l’arme la plus puissante de l’Univers.

Cette imbrication vaut aussi pour les vaisseaux évoqués qu’on retrouve dans d’autres mangas de MATSUMOTO (comme, par exemple, le Mahoroba qu’on retrouve dans Cosmo Super Dreadnaught Mahoroba). Il y a donc une première rupture (positive) avec les oeuvres antérieurs du maître.

L’autre aspect scénaristique qui change par rapport au premier manga Capitaine Albator, c’est bien le ton employé. Auparavant, l’ambiance était plus légère car les personnages étaient assez caricaturaux et grotesques. Dorénavant, le ton se fait beaucoup plus sérieux, plus sombre. La mort d’un personnage est plus pathétique ; les émotions sont plus fortes ; la mise en scène est plus épique que jamais; etc.

Au  niveau des personnages, Albator est le meilleur exemple de ce changement : il est plus renfermé sur lui-même, moins jovial, plus froid, ce qui lui donne maintenant un aspect plus proche de son traitement dans le film d’animation sorti en 2013.

Attention, il n’est pas le seul à avoir beaucoup changé : le petit Tadashi Daiba n’a plus l’apparence d’un adolescent mais celle d’un jeune adulte, sûr de lui et déterminé ; Yattaran est moins balourd que dans la série des années 1970, tout comme beaucoup d’autres membres de l’équipage. Ils peuvent encore être comiques, mais ils sont beaucoup moins ridicules et caricaturaux qu’auparavant, ce qui est positif, car cela montre une évolution dans le traitement.

Néanmoins, le véritable changement, c’est bien le dessin. Il faut admettre qu’aujourd’hui, certaines planches de MATSUMOTO ont l’air beaucoup assez brouillonnes et minimalistes, hormis les décors dans l’espace ou dans les vaisseaux. En revanche, dans cette nouvelle série, même si on reconnaît bien le chara-design de MATSUMOTO, on voit clairement la maîtrise dont fait preuve SHIMABOSHI.

N’y allons pas par quatre chemins : le dessin est magnifique. Les personnages sont très expressifs, très travaillés et détaillés. La couverture du tome reflète parfaitement la qualité dont fait preuve ce jeune mangaka, qui signe ici sa première série. En somme, ceux qui pouvaient être rebutés par le style de MATSUMOTO trouveront un dessin plus approfondi, sans perdre les grandes lignes du manga Capitaine Albator d’origine.

Capitaine Albator le pirate de l'espace - IntégraleC’est peut-être la seule véritable critique qu’on pourrait faire à ce manga : mis à part certains points (comme le chapitre 1 qui nous présente les différents protagonistes via un regard extérieur, ce qui est une très bonne idée scénaristique), cette nouvelle série est peut-être trop proche du manga originel.

On y retrouve la critique de l’oisiveté de la société, de la lâcheté et de la bêtise croissante de celle-ci (avec un traitement plus cynique) face à la menace d’invasion des Sylvidres, la misogynie et la débauche de certains personnages comme le Ministre. Quelqu’un ayant lu le manga de 1977 n’apprendra pas grand chose de nouveau, en somme.

De plus, toujours dans une volonté d’être proche des origines, certains personnages humains ont une apparence qui finit par les rendre moins humains, car SHIMABOSHI les a dessinés comme MATSUMOTO l’aurait fait. Les personnages les plus problématiques sont par exemple le Docteur Zéro et Masu la cuisinière.

Leur crâne est très déformé, mais surtout, leurs yeux sont trop éloignés de leur nez et de leur bouche. Si cela pouvait passer en 1977, il est dommage qu’ils aient toujours un tel aspect, car cela casse avec les autres personnages qui sont davantage réalistes.

Mis à part ce lien très (trop ?) fort avec le manga d’origine, on prend tout de même beaucoup de plaisir à lire de nouveau les aventures de l’équipage de l’Arcadia, luttant contre l’invasion des Sylvidres pour protéger la Terre et c’est en partie grâce au changement de ton puisque le titre est devenu plus mature.

Quant à l’édition, elle est de très bonne qualité : le papier est très agréable au toucher, souple mais pas trop fin. Le dessin en couleur de la première page et la couverture sont très bien mis en valeur, ce qui accentue le soin apporté au titre.
Par contre, le prix pourra peut-être finir par être un peu rédhibitoire pour certains. Pour le moment, le manga est vendu au prix de 5,95€ pour fêter les 20 ans de Kana, ce qui est très acceptable pour une œuvre de cette qualité et de cette taille (162 pages). En revanche, dès janvier 2017, il passera au prix de 7,45€, ce qui pourra sembler un peu excessif.

Vers l'infini et au-delà !

Graphisme - 81%
Histoire - 64%
Mise en scène - 76%
Originalité - 53%
Edition - 69%
Dans son genre - 69%

69%

Résister

Même si le scénario en lui-même est très proche du manga d'origine, on n'a pas non plus un bête copier-coller. Les deux auteurs font une réécriture plus sérieuse de la série mythique, tout en lui faisant garder sa dimension enchanteresse. On attend avec hâte la suite, afin de voir où ils souhaitent nous amener cette fois-ci.




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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