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Billion Dogs – Tome 1

Billion Dogs – Tome 1 Éditeur : Éditions Akata
Titre original : Billion Dogs
Dessin : Naoki SERISAWA
Scénario : Muneyuki KANESHIRO
Traduction : Tetsuya YANO
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 26/05/2016

Trois milliards de yens, c’est l’incroyable somme d’argent détournée par le maire de la ville d’Ichimatsu. Politicien véreux jusqu’à la moelle, il n’hésite pas à fricoter avec les yakuzas pour financer sa future campagne électorale, avec un seul objectif en tête : devenir premier ministre du Japon. Mais Ichiru, son propre fils, lycéen brillant au futur prometteur, ne l’entend pas de la même oreille… Choqué par la corruption dont fait preuve son père, il décide de retrouver où se cache l’argent sale de ce dernier. Pour cela, il fera appel à un de ses camarades, issu d’un milieu social bien plus défavorisé : Kyôsuke, l’élève fauché lycée. Tandis que l’un évoluera au sein des milieux mafieux, l’autre devra enquêter dans des sphères plus politiques… Mais leur quête pourrait les mener bien plus loin qu’ils n’auraient pu l’imaginer !

Un peu moins mis en avant que Chevalion ou Bloody Délinquant Girl Chainsaw dans la communication, Billion Dogs est assurément la bonne surprise de ce mois de mai chez les Éditions Akata. Le dernier titre en date du dessinateur de Saru Lock (Pika) et des deux Resident Evil (Kurokawa), associé pour l’occasion au scénariste de Jeux d’Enfants (Pika), démarre avec panache.

Billion Dogs, c’est avant tout l’histoire de deux ados, Ichiru et Kyôsuke, qui n’ont pas froid aux yeux. Alors que tout les oppose, ils partagent une amitié plus forte que les conventions sociales. Premier cliché ? Oui, effectivement, il y a dans le lien entre les deux protagonistes, quelque chose de déjà vu un peu mielleux. En témoignent le petit surnom qu’ils se donnent lorsqu’ils se parlent « Mon dog ».

Pourtant, très rapidement, on se rend compte que leur amitié n’est qu’une facette de leurs personnalités respectives. Ichiru est un Light en puissance. Alors que le protagoniste de Death Note avait hérité d’un objet un peu trop puissant pour lui, celui qui nous intéresse aujourd’hui va plutôt tenter d’en obtenir un. Son objectif est clair : l’argent sale que son père a amassé grâce à la pègre.
Il ne compte pas le flamber ou quoi que ce soit, loin de là. Il sait que, pour arriver au pouvoir, il faut un minimum de capital et c’est pour construire son futur qu’il cherche à mettre la pain sur le pactole qui dort quelque part dans son petit coin paumé (enfin, Ichimatsu a quand même l’air d’être une ville de taille moyenne).

Pour Kyôsuke, il y a un petit contraste dans la mesure où, oui, il cherche aussi à obtenir l’argent mais ses raisons sont plus floues. Mis à part son amitié (certains diront bromance) pour Ichiru, on ne sait pas trop ce qui motive le jeune homme à prendre des risques non-négligeables afin de récupérer le pécule. Sortir de sa condition sociale semble être un peu léger mais, pour le moment, il n’y a que très peu de développement le concernant.

Comme tout bon seinen, le scénario a le droit à son lot de rebondissements qui sont assez bien amenés pour surprendre le lecteur et lui donner des petits frissons (surtout avec le père d’Ichiru qui pique des colères pas super innocentes). Alors que les premiers chapitres viennent définir le lien entre les deux membres des Billion Dogs, les auteurs passent très rapidement au coeur de l’histoire et au début de la recherche.
Un peu à la manière d’un jeu de piste, les deux héros amassent les indices, mènent l’enquête et vont devoir faire face à un milieu qui les dépasse. Malgré l’intelligence d’Ichiru et les ressources dont fait preuve Kyôsuke, l’univers des yakuzas est impitoyable et ne fera pas de cadeaux aux deux lycéens qui seront en danger permanent…

Si vous connaissez SERISAWA, il ne sert probablement à rien de vous dire que son trait est tout simplement magnifique. L’auteur possède l’un des traits les plus réalistes qui soit parus en France jusqu’à aujourd’hui. Que ce soit au niveau des expressions des personnages, des mouvements (provoqués ou naturels) ou des arrière-plans, il sait composer et équilibrer ses planches avec un talent certain.
Si vous voulez en être convaincu, regardez un peu la façon dont les plissures du pantalon des lycéens est traitée dans le titre.

Rien à redire concernant l’ouvrage, c’est du sérieux et du solide et ne bouleverse pas les habitudes de l’éditeurs. On a le droit à une couverture carrément sympa et à un papier loin d’être désagréable. Une fois n’est pas coutume, la traduction a eu le droit à un soin tout particulier et le travail d’adaptation effectué permet la mise en place d’une ambiance aux petits oignons.

Concrètement, Billion Dogs fait partie des deux titres à commencer chez Akata en mai avec Bloody Delinquent Girl Chainsaw (Chevalion est un peu plus controversé).
Les deux auteurs se complémentent parfaitement et l’un sait tirer le meilleur de l’autre dans un titre qui fonctionne super bien, quel que soit l’aspect que l’on étudie. C’est beau, bien écrit, intelligemment mis en scène et tout aussi bien traduit. Avec ses personnages intrigants, le duo de mangaka n’a pas fini de nous faire vibrer !

Billion Dollar Babies

Graphisme - 85%
Histoire - 72%
Mise en scène - 71%
Originalité - 68%
Edition - 70%
Dans son genre - 77%

74%

Cash

Billion Dogs commence comme un bon polar avec un enjeu tout de suite identifié, des graphismes sublimes (l'auteur fait dans le détail !) et des personnages qui, même si un peu clichés, savent rentrer dans la tête du lecteur. Un titre à suivre, assurément !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Un commentaire

  1. Ce titre me tentait déjà bien, votre chronique a fini de me convaincre 🙂

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