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Batman & the Justice League 1

Batman & The Justice League – Tome 1

Batman & The Justice League – Tome 1 Éditeur : Kana
Titre original : Batman And The Justice League
Dessin : Shiori TESHIROGI
Scénario : Shiori TESHIROGI & DC Comics
Traduction : Rodolphe GICQUEL
Prix : 7.45 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 03/11/2017

Gotham City est la ville avec le plus haut taux de criminalité du pays. Cela n’empêche pas Rui, un jeune japonais, de s’y rendre dans l’espoir de retrouver ses parents disparus. À peine arrivé, il est attaqué par un policier devenu complètement fou. Malgré son talent pour le combat, Rui ne s’en serait pas sorti sans l’intervention de Batman. Le chevalier noir le met en garde… La ville est trop dangereuse pour lui, sans compter que celui qui tire les ficelles n’est autre que le Joker ! Batman devra se faire aider pur faire revenir la paix sur Gotham City…

Si ce n’est pas la seule adaptation du Chevalier Noir par un Japonais (certains se souviennent peut-être du Batmanga de Jiro KUWATA qui proposait une version très « Adam Westienne » du héros, époque oblige), c’est la plus récente avant que l’animé Batman Ninja ne débarque : Batman & The Justice League arrive à point chez Kana pour la sortie du film Justice League en salles.
Si cela peut rassurer (?), Shiori TESHIROGI ne s’en est pas vraiment inspirée pour son manga !

Premier constat, le trait de la mangaka est toujours aussi vif. On retrouve les rondeurs qui avaient fait son succès sur la licence Saint Seiya et on voit tout de suite qu’elle n’a rien perdu de son talent. Cependant, si son trait apparaissait comme une évolution positive comparé à celui de KURUMADA, il fait assez pâle figure quand on le compare à ce qui se fait dans les comics.
Les lecteurs qui connaissent déjà les versions américaines du Batman auront sûrement un peu de mal à s’adapter à cette version qui ne parvient à mettre aucun attribut du héros en valeur. Si l’absence de couleur rendent plus difficiles les jeux de pénombre caractéristiques de la série, ils n’auraient pas été impossibles à gérer grâce aux trames.
Pourtant, l’auteure choisit de ne pas vraiment s’en occuper, ce qui donne au graphisme un côté banal et très formaté qu’il est difficile d’avancer comme élément vendeur de la série.

Autre élément récurrent chez TESHIROGI, l’absence d’arrière-plan n’aide pas non plus à mettre le lecteur dans le bain. Il y a bien quelques illustrations (une double page au début et quelques cases) où on entrevoit la ville de Gotham mais ça reste assez limité pour l’instant. On ne peut que regretter cette maigre place laissée à cet endroit qui est souvent décrit comme sordide et qui est souvent utilisée dans les histoires du Chevalier pour renforcer leur atmosphère angoissante, parfois étouffante.

Ce trait assez banal n’est malheureusement pas compensé par une histoire originale. On retrouve l’histoire d’un orphelin japonais de fortune qui recherche ses parents supposés morts (mais qui ne le sont pas vraiment) et qui débarque à Gotham sans trop savoir ce qui l’attend. Rui n’est pas un homme lambda puisqu’il sait très bien se battre mais disons que ses préparatifs laissent un peu à désirer pour quelqu’un qui se rend dans l’un des endroits les plus dangereux de son monde.

Batman est le seul héros à être utilisé dans ce premier volume. Pour le moment, il reste fidèle à celui qu’on connaît à l’exception de son niveau de palabres. En effet, celui qui est plutôt taciturne d’habitude va beaucoup parler, que ce soit dans les phases « calmes » comme dans les scènes d’action, ce qui fait un peu bizarre au début mais il va falloir s’y faire si on souhaite continuer le titre.
Si Superman n’a pas encore eu le temps d’être développé, on sent que son heure arrive en fin de tome. On imagine que l’auteure, même si elle souhaite garder l’accent sur Batman (dixit le titre du manga), devrait donner une chance à chacun des héros mis en avant dans le film Justice League (et peut-être même quelques uns en plus).

Si l’utilisation des super-héros reste cohérente, on ne peut pas vraiment en dire autant des super-villains. Le Joker qui fait dans le surnaturel, ce n’est pas franchement folichon et ça contredit un peu le style du personnage qui aime la simplicité et les moyens direct pour terroriser son ennemi juré et le reste de la ville. Lex Luthor est là même si son rôle est encore flou. Un peu comme Superman, on imagine qu’il sera un peu plus développé dans le tome suivant.
On s’attend bien sûr à voir d’autres ennemis dans la suite de la série mais ce premier volume reste encore assez avare en informations donc difficile de savoir qui sera impliqué et qui ne le sera pas.

Pour la mise en scène, on ne retrouve pas vraiment l’audace dont avait fait preuve l’auteure sur The Lost Canvas. Ici, on sent qu’elle a un peu peur des réactions américaines et reste dans quelque chose de très scolaire. Ça manque de rythme et surtout, ça ne correspond pas vraiment à ce qu’on attend de TESHIROGI.
Le résultat est donc lisible mais loin d’être enthousiasmant. Pour une histoire de super-héros, on s’attend quand même à quelque chose d’un peu plus dynamique et de moins standard. Au niveau de la forme, on a quelque chose de bien trop simple pour être impressionné. Le récit utilise des ficelles classiques (informations partielles, passé mystérieux du protagoniste, deus ex machina en nombres…) et ça se voit un peu trop, malheureusement.

Le livre est dans la veine des dernières sorties Kana, souple comme c’est pas permis et avec un papier grisâtre dont la qualité n’est pas exceptionnelle mais qui n’est pas forcément transparent non plus, un ouvrage dans « l’air du temps »  donc (comprenez « dont il faut se contenter »)…
La traduction de Rodolphe GICQUEL (qui oeuvre aussi sur le génial Gintama, soit dit en passant) rend une copie plus qu’honnête avec des phrases bien tournées même si certaines structures sont parfois un peu forcées. On imagine que les bulles cassées le force un peu à ce genre de techniques mais tant que la fluidité n’est pas affectée, on peut le pardonner très facilement.

Pas le manga que l'on mérite mais celui qui se trouve entre nos mains

Graphisme - 66%
Histoire - 60%
Mise en scène - 55%
Originalité - 51%
Édition - 55%
Dans son genre - 52%

57%

Comanga ?

Cette vision du Batman apparaît au final comme une lecture sans réelle saveur. Le Chevalier Noir ne l'est pas vraiment, papote beaucoup pour ne rien dire (ce qui n'est pas son genre comme tout le monde le sait) et on ne retrouve pas le côté mystérieux et ténébreux que l'on recherche lorsque l'on parle du personnage de DC Comics. On ne peut qu'espérer que les prochains volumes corrigent le tir parce que pour l'instant, c'est loin d'être convaincant.




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Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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