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Ayanashi – Tome 1

Ayanashi – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Ayanashi
Dessin : Yukihiro KAJIMOTO
Scénario : Yukihiro KAJIMOTO
Traduction : David DELEULE
Prix : 6.9 €
Nombre de pages : 223
Date de parution : 21/03/2018

Pour fuir les monstres qui ont envahi la surface de la Terre, les humains sont contraints de vivre dans des villes souterraines. Deux enfants y rencontrent Holo, un jeune homme solitaire accompagné d’une chouette et se lient peu à peu d’amitié avec lui. Quand une ombre les menace, il dévoile sa véritable identité : il est un ayanashi, chasseur de démons et son unique but est la vengeance…

Alors que Dr Stone vient de sortir en grande pompe chez GlénatAyanashi n’a pas bénéficié d’une communication aussi importante que le titre de Riichiro INAGAKI et BOICHI. Pourtant, le manga dessiné par Yukihiro KAJIMOTO nous propose un univers sombre et développé en quelques dizaines de pages seulement. Attention à ne pas sous estimer ce très bon shônen !

Holo, c’est un héros de shônen assez classique. Il est fort, ténébreux et il a une vengeance à exécuter. Ce dernier vit dans un monde où les monstres détruisent tout sur leur passage et ont poussé les hommes à se retrancher sous terre pour ne pas se faire massacrer. Alors qu’il aurait pu vivre une vie (plus ou moins) « normale » dans les souterrains, une attaque ennemi à mis le jeune homme sur une route différente.
Afin de retrouver le « borgne » responsable de la mort de son frère plus facilement, il est devenu un ayanashi, un chasseur qui a pour but de détruire les monstruosités qui se seraient introduites dans les refuges humains mais aussi à faire un peu de ménage à la surface lorsqu’on lui en donne l’ordre.

Dans ce premier volume, l’auteur se concentre pleinement sur la présentation de l’univers ainsi que sur son protagoniste et c’est d’ailleurs ce qui fait que cette introduction est particulièrement réussie. Le lecteur est mis en situation et le héros commence déjà à être développé. En quelques chapitre, il n’est plus le personnage plat que l’on avait au départ.

Malgré son nom, Holo (« Hollow » signifie creux en anglais) est loin d’être une coquille vide. Si c’est l’impression qu’il donne lorsqu’on le découvre consumé par la vengeance, ses interactions avec divers personnages au fil de l’histoire nous font très vite comprendre que ce n’est pas du tout le cas. Il possède des sentiments qu’il choisit de refouler au maximum pour ne plus revivre les événements tragiques de son enfance.

L’univers est assez classique pour un monde post-apocalyptique. La catastrophe a renforcé les inégalités sociales et les humains vivent difficilement et avec une peur permanente de se faire attaquer par des monstres.
Pour l’instant, ce qui est mis en place n’est qu’un décor. L’auteur le fait bien comprendre puisque ce qui l’intéresse le plus, c’est son personnage principal. Sa vengeance passe au premier plan (Holo pépère souvent qu’il s’en fiche des monstres et de son travail, ce qu’il veut retrouver, c’est le Borgne) et c’est tout.

Si l’histoire n’est pas compliquée, elle est très bien racontée. Tous les éléments se synergisent et participent à la construction d’un récit bien rythmé, intéressant qui saura garder le lecteur en haleine du début à la fin.
En réalité, c’est peut-être le meilleur compliment que l’on peut faire à un titre, ne pas avoir envie de le refermer avant la dernière page pour faire autre chose (regarder un message sur son portable, aller manger une pomme…), ce n’est pas quelque chose dont tous les titres peuvent se targuer. 

Graphiquement, c’est vraiment très joli. Le style de l’auteur est un croisement entre Letter Bee d’ASADA pour les paysages et le monde plongé dans les ténèbres même si ces personnages ont un petit quelque chose qui les rend similaires à ceux de Kachou HASHIMOTO, auteur de Cagaster et d’Arbos Anima.
Pour le découpage, c’est plutôt scolaire même si les variations de taille des cases sont très bien gérées et donnent un dynamisme fou à toutes les scènes d’action. Ça va vite, c’est nerveux et tout est fait pour bien guider le regard du lecteur afin de ne pas le perdre pendant les combats. À ce niveau là, rien à dire, c’est du très beau boulot.

Au niveau de la fabrication, c’est de l’ultra souple sur du format shônen classique de chez Glénat. On retrouve donc un petit format aux pages crèmes qui ne sont pas forcément désagréables pour le coup mais bon, l’impossible de tenir l’ouvrage correctement en main sans le plier n’arrange pas les affaires (comme d’habitude chez l’éditeur).
À la traduction, David DELEULE propose quelque chose d’équilibré. Les phases narratives possèdent un niveau de langue un peu plus élevé que les phases de dialogue pur et on sent bien la différence de style, ce qui aide énormément pour se repérer dans la multitude de bulles que l’on retrouve dans certaines pages.

On part à la chasse ?

Graphisme - 75%
Histoire - 73%
Mise en scène - 76%
Originalité - 61%
Édition - 60%
Dans son genre - 76%

70%

Gibier

Ayanashi est une excellente surprise et c'est peut-être justement grâce à l'absence de "hype" autour du titre. Sans attentes, on prend l'oeuvre pour ce qu'elle est et il est beaucoup plus facile de passer un bon moment. Avec son monde à la Letter Bee et son personnage principal torturé, Ayanashi nous fait la promesse d'une histoire simple mais efficace qui sait nous croquer des personnages attachants. Sachant que le tout est servi par un graphisme à la Cagaster, il n'y a plus beaucoup de raisons d'hésiter !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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