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Awaken – Tome 1

Awaken – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Okitenemuru
Dessin : Hitori RENDA
Scénario : Hitori RENDA
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 7.65 €
Nombre de pages : 196
Date de parution : 07/07/2016

Un mal étrange frappe le Japon : un parasite inconnu transforme les personnes infectées en monstres difformes assoiffés de sang ! Homme à tête de girafe, fille serpent… Tout est possible. La rumeur veut que le gouvernement cherche à cacher la réalité du danger à tout prix, quitte à faire appel à une brigade privée réunissant scientifiques de génie et professionnels du combat.

Kanata, lycéen peu motivé par les études, était loin de penser qu’il se retrouverait lié à ces incidents tragiques. Mais ses aptitudes hors du commun le placent au centre de toutes les attentions : il est capable de dépasser les capacités visuelles humaines et de voir ce que nul ne peut détecter ! C’est un Awaken, un Éveillé, et qu’il le veuille ou non, le voilà impliqué dans une lutte effrénée contre un ennemi invisible…

ATTENTION : Cette chronique contient des révélations sur l’intrigue. Vous êtes prévenus !

Après avoir illustré la première saison de King’s Game, Hitori RENDA nous revient, toujours chez Ki-oon, avec sa première série en solo : Awaken. Alors qu’il avait su marquer les esprits avec un trait maîtrisé et qui correspondait bien avec le genre du survival game et du gore malsain, on était assez curieux de voir une série dont il serait lui-même le scénariste. 

Awaken - Tome 1 (Planche 4)
© Renda Hitori 2014 / Futabasha Publishers Ltd.

Pour le moment, il y a de bons éléments, mais aussi d’autres plus mauvais qui montrent que RENDA est encore assez novice dans le rôle de scénariste. En effet, on peut sentir qu’il a cherché à s’appuyer sur de vraies données scientifiques pour légitimer son récit, sans toutefois parvenir à vraiment les maîtriser à cause de la trop grande distance qu’il établit entre l’aspect réaliste et l’aspect merveilleux.

Un exemple valant mieux que mille mots, je vais donc me baser sur l’un des premiers liens de ce genre. Après la découverte d’un premier cas « d’animalisation », l’un des scientifiques en charge de l’enquête explique à l’un de ses collègues que dans la nature, il existe des parasites qui modifient l’apparence de leur hôte, tel le Leucochloridium Paradoxum (là, je vous renvoie au tome, qui explique simplement ses effets).
RENDA n’invente rien : ce parasite existe bel et bien, il fait bien ce que l’auteur énonce, et même sa représentation graphique est fidèle à la réalité. En ce sens, le mangaka donne du crédit à son œuvre, en utilisant des faits scientifiques, incroyables mais vrais.

Néanmoins, c’est ce qu’il en fait qui pose problème. L’exemple du Leucochloridium Paradoxum ne sert que d’argument pour légitimer la métamorphose d’un être humain en animal, argument qui a du mal à crédibiliser le propos tant il est éloigné de ce qui se passe dans le récit.
Certes, il y a bien un lien sur le fait qu’un parasite modifie le corps de son hôte, mais c’est tout : le Leucochloridium Paradoxum ne fait que changer la couleur et la grosseur de l’antenne de l’escargot, il ne lui fait pas prendre l’apparence d’un hibou ! D’ailleurs, ici, on ne sait pas encore pourquoi le parasite ferait cela, contrairement au parasite de l’escargot.

Awaken - Tome 1 (Planche 8)
© Renda Hitori 2014 / Futabasha Publishers Ltd.

Un autre aspect pose aussi problème : le don de Kanata (le personnage principal). Celui-ci aurait une acuité visuelle surdéveloppée, ce qui en ferait un « éveillé » (d’où le titre du manga), mais rien n’est expliqué et cela devient assez grotesque quand on prend le temps d’y réfléchir. Il n’a pas juste une vue surhumaine, c’est carrément un x-man : Kanata peut lire, depuis sa salle de classe, des feuilles qui sont sur le toit du lycée !
Là, on a l’impression que RENDA a voulu trop en faire, sans vraiment savoir où il allait. Heureusement, par la suite, on revient vraiment à une certaine cohérence, même si on reste dans le domaine du surnaturel.

D’un autre côté, l’auteur parvient parfois à brouiller les pistes en nous laissant penser que tel personnage est mort ou qu’il est parasité, alors qu’en réalité, ce n’est pas du tout le cas. Le détournement d’attention fonctionne assez bien même si parfois cela retombe comme un soufflé, comme avec l’explication de la disparition de Shizuku qui reste peu crédible.

Malgré tout cela, on peut laisser une chance à RENDA pour s’améliorer, puisqu’il arrive à dégager de bons éléments scénaristiques. On pourra au moins se consoler au niveau graphique, car c’est bien l’un des points forts de l’auteur. On ne peut nier qu’il sait dessiner et mettre en scène avec une certaine efficacité les actions des personnages.

Ces derniers sont d’ailleurs très expressifs, sauf Shiki qui fait figure d’exception mais cela est un parti-pris de l’auteur. Je dois dire aussi que la façon dont Kanata reconnaît les parasités est assez belle au niveau du dessin. Ainsi, on ne peut pas dire que le tome 1 de Awaken soit un échec, ne serait-ce qu’à cause de ses beaux graphismes et de ses premières pages couleurs qui donnent une bonne intensité.

Concernant l’édition offerte par Ki-oon, on a encore affaire à un objet de très bonne facture, grâce à sa couverture qui met bien en valeur l’illustration et surtout la couleur des yeux de Shiki, mais aussi les pages couleurs du début de volume. Le seul petit bémol est que le papier est un peu plus rugueux cette fois, même s’il n’est pas désagréable au toucher.

Brouillon de culture

Graphisme - 75%
Histoire - 51%
Mise en scène - 55%
Originalité - 53%
Edition - 70%
Dans son genre - 58%

60%

Bloody Roar

Malgré les points positifs comme l'appui de faits scientifiques et le trait, ce premier tome a tout de même des faiblesses. On peut néanmoins espérer que la suite sera meilleure, car RENDA possède un potentiel que l'on a déjà pu estimer sur son oeuvre précédente.




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres

Professeur otak’ qui adore fouiller en profondeur l’essence des mangas, afin d’en dégager le bon et le moins bon.

Un commentaire

  1. Faudrait que je relise le tome une deuxième fois, mais il me semble bien que dans l’explication le scientifique prend « pour exemple » le parasite existant, pour donner une idée de ce à quoi ils ont à faire. Pour moi, je ne vois donc pas le problème de ne pas expliquer dès le premier tome ce qui sera peut être une des clés de l’intrigue à savoir : qu’est-ce que ce virus qui transforme les humains en animaux . Du coupo ben je vois pas en quoi c’est un défaut scénaristique.

    Après si il dit « clairement que c’est ce virus » ( celui de l’escargot) qui est responsable des mutations alors je n’ai rien dit ^^

    J’ai l’impression que cette critique reproche au titre de ne pas tout révéler dans le tome 1 … pour ma part j’ai trouvé le titre sympa mais pas ouf donc tout de même d’accord sur le fond.

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