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Ashita no Joe – Une vie coup de poing

Ashita no Joe – Une vie coup de poing Éditeur : Glénat
Titre original : Ashita no Joe
Dessin : Tetsuya CHIBA
Scénario : Asao TAKAMORI
Traduction : Akiko INDEI & Pierre FERNANDE
Prix : 10.75 €
Nombre de pages : 368
Date de parution : 27/01/2010

C’est l’histoire d’un mec…

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Joe Yabuki est un enfant de la rue, un orphelin bagarreur qui est régulièrement en conflit avec les autorités. À peine arrive-t-il dans un bidonville que ses frasques éveillent la curiosité et l’intérêt de Danpei, un ancien boxeur devenu alcoolique. Ce dernier, conscient de l’incroyable potentiel du jeune homme, rêve d’en faire le plus grand boxeur de l’histoire. Malheureusement, l’intéressé semble plus que jamais attaché à son indépendance et Danpei comprend qu’il va devoir gagner la confiance de ce jeune chien sauvage…

Au panthéon des mangas “cultes”, Ashita no Joe est une véritable référence, et pour de nombreux mangakas contemporains, l’oeuvre qui leur aura permis de trouver leur vocation. La série aura connu deux adaptations télévisées, l’une en 1970, la seconde en 1984. Le manga remporte au Japon un succès historique avec plus de 16 millions d’exemplaires vendus ! Le roi des classiques s’invite dans l’hexagone, et ça va cogner fort, très fort !

Un héros… différent

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Le pitch de Glénat est pas mal dans la mesure où il donne parfaitement le ton de la série. Ashita no Joe est avant tout l’histoire d’un « chien sauvage » que personne ne peut arrêter. Dès qu’il a goûté à la boxe, Joe ne peut plus s’en passer et comme tout canidé qui se respecte… il en redemande ! Du petit bagarreur de rue taciturne et râleur, il passe au boxeur de classe mondial, plein d’abnégation mais toujours aussi râleur ! C’est un des traits de caractère qui ne change pas chez Joe. Du début à la fin, il se plaindra de ne pas combattre les plus forts (et surtout le champion du monde, Jose Mendoza) plus rapidement.

Ce sale caractère lui vaudra d’ailleurs très souvent le désamour de la presse qui n’hésitera pas à le fustiger après chacune de ses provocations. Cependant, ces périodes de dispute sont courtes puisqu’après chaque combat viendra la réconciliation. Même s’il n’en donne pas l’impression lorsqu’on le voit pour la première fois, Joe est un garçon très travailleur et ira jusqu’à subir les entraînements les plus difficiles pour se hisser au top et aller toujours plus loin. Il n’hésitera pas non plus à mettre sa santé en danger à de nombreuses reprises, sous l’œil paniqué de son entraîneur, le vieux Danpei.

Des personnages secondaires à n’en plus finir

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Dès le départ, on voit que les adversaires de Joe bénéficient d’un traitement de faveur de la part de l’auteur. Son premier véritable adversaire (je ne parle pas des mauvais qu’il affronte alors qu’il n’est pas encore « pro »), Rikiishi va devenir son modèle lorsqu’il le rencontre en prison. Tout part de ce personnage puisque c’est la rage qu’il fait naître en Joe qui le pousse à prendre la boxe sérieusement. Même si cette rivalité se solde par un destin tragique, c’est elle qui sous-tend chaque combat de notre héros, ce qui le fait continuer à boxer. Il recherche cette sensation jusqu’au bout. Mais Rikiishi n’est pas le seul adversaire charismatique de Joe, les suivants le sont aussi.

Que ce soit le champion des poids coq Tiger Ozaki, le glacial Kim Ryuhi ou la bête sauvage Harimao, ils ont tous un petit quelque chose qui fait qu’on s’accroche à eux. Pourtant, c’est surtout Carlos Rivera qui a retenu mon attention. Le combat contre ce dernier était tout simplement époustouflant du début à la fin. Sa rencontre avec Joe était placée sous le signe de la provocation, son combat final le sera aussi. D’ailleurs, il n’échappera pas au destin tragique lui aussi…

Bon après, je ne veux même pas évoquer le cas Mendoza. Comme Martinez dans Ippo, le champion du monde a le droit au traitement qui va avec son rang… Sans parler d’ennemis, même le vieux Danpei est un personnage plutôt bien développé. Que ce soit l’évolution de l’ivrogne au véritable entraîneur, soucieux du bien-être de son boxeur, ou encore la façon dont il conseille son poulain lors des combats… il n’y a rien à redire, le personnage remplit parfaitement son rôle.

Et la boxe dans tout ça ?

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Dans Ashita no Joe, la boxe en elle-même est présente sous toutes ses formes (entraînements, matchs, phases de pertes de poids, …) et elle occupe réellement le devant de la scène.
Contrairement à un titre comme Ippo où l’on trouve de nombreuses scènes de vie quotidienne entre les combats, dans Ashita no Joe, ce type de chapitre est quasi-inexistant. La plupart du temps, les entre-matchs sont des chapitres où l’on voit Joe s’entraîner ou tenter de perdre du poids pour rester dans sa catégorie, parfois même au détriment de sa santé.

La différence avec Ippo, c’est que la série n’entre pas « directement » dans le vif du sujet. La première partie d’Ashita no Joe nous montre les déboires de Joe, son passé de délinquant, ses errances en prison…
Le background du héros est totalement différent et aide à mieux comprendre la façon de penser du boxeur, la façon dont il appréhende ses matchs et poursuit sa préparation physique. Là où Ippo va souvent utiliser l’humour, Ashita no Joe tient beaucoup plus du drame. Les thèmes sont abordés de manière beaucoup plus sérieuse et les deux héros ont une façon de penser totalement différente. Là où Ippo se prend pour un éternel challenger, Joe part toujours vainqueur et se croit toujours plus fort que son adversaire et tente toujours la provocation.

Pourquoi comparer les deux titres ?
La réponse est toute simple : Ashita no Joe est un titre qui a inspiré un nombre impressionnant de shônen après sa sortie. Les influences se voient partout (Ring ni Kakero aussi est bien inspiré de la série). Même dans Bakuman, le héros Saiko fait souvent référence à la série quand il cherche à reprendre courage et continuer son dur labeur. Que ce soit au niveau de la structure narrative (combat/entraînement /combat/entraînement), au niveau de la gestion des personnages ou même en ce qui concerne le découpage des combats, Ashita no Joe est une véritable référence sur laquelle s’appuient nombre d’oeuvres contemporaines !

La place de la femme dans un univers d’hommes

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Yoko Shiraki, seul personnage féminin important de la série, est aussi seule que détestable. Son rôle dans la série ne m’a inspiré qu’une chose : les femmes n’ont rien à faire dans la vie d’un boxeur et même dans l’univers de la boxe en général. C’est probablement l’un des messages que les auteurs ont voulu faire passer quand on voit l’impuissance de Yoko Shiraki à s’imposer et à faire respecter ses décisions.

Joe la voit plus comme une empêcheuse de tourner en rond qu’autre chose. Leur relation est d’ailleurs assez étonnante. Malgré son entêtement à lui mettre des bâtons dans les roues, on a l’impression que la jeune femme lui voue un intérêt presque sacro-saint. On se doute rapidement qu’il y a quelque chose qui se cache derrière tout ça et on devine même qu’elle ne fait pas forcément ce qu’elle fait par plaisir mais il faudra attendre l’ultime volume pour en avoir le cœur net.

L’ultime duel, apologie du combat dans un shônen

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En atteignant la dernière page, tout ce que je peux dire, c’est que je suis resté bouche-bée. Le combat final commence pourtant assez mal avec un Joe amorphe qui refuse presque le combat tant ses coups sont insipides et ses tactiques indignes d’une lutte pour le titre mondial… Cependant, il trouve un sursaut d’orgueil et se met à se battre avec la rage qui le caractérise.

Peu importe les dégâts infligés par le champion, peu importe les coups qui pleuvent, il finit toujours par se relever (Seiya avait besoin d’Athéna pour se réveiller à l’infini, ben il peut aller se rhabiller ce petit joueur !). Il réussit à faire durer le combat plus de quatre rounds, chose qui n’était jamais arrivé auparavant pour le champion… Joe sait une chose : il ne pourra pas gagner aux poings. Il a pris trop de coups et a subi de trop nombreux downs. L’horloge tourne et rien n’assure qu’il réussira dans son entreprise.

Un must-have pour tout fan de shônen

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La rage de vaincre de Joe, sa ténacité, sa force, il aura tout gardé jusqu’au bout pour nous offrir un final riche en émotions fortes. L’oeuvre résume à elle seule le genre d’une génération. Le shônen a trouvé son classique et je ne remercierai jamais assez Glénat de m’y avoir fait goûter dans une si jolie édition (et d’avoir été jusqu’au bout alors qu’ils auraient pu abandonner à tout moment vu les faibles ventes des titres en collection vintage, quel dommage d’ailleurs…).
En tout cas, il n’y a absolument aucun doute à avoir, Ashita no Joe est une oeuvre culte, réellement indispensable à toute bibliothèque manga qui se respecte.

Vraiment, si vous aimez le manga… courez-y !

C'est l'histoire d'un mec...       Joe Yabuki est un enfant de la rue, un orphelin bagarreur qui est régulièrement en conflit avec les autorités. À peine arrive-t-il dans un bidonville que ses frasques éveillent la curiosité et l'intérêt de Danpei, un ancien boxeur devenu alcoolique. Ce dernier, conscient de l'incroyable potentiel du jeune homme, rêve d'en faire le plus grand boxeur de l'histoire. Malheureusement, l'intéressé semble plus que jamais attaché à son indépendance et Danpei comprend qu'il va devoir gagner la confiance de ce jeune chien sauvage… Au panthéon des mangas “cultes”, Ashita no Joe est une véritable référence,…

Né d'hier et toujours bon aujourd'hui !

Graphisme - 83%
Histoire - 80%
Mise en scène - 91%
Originalité - 78%
Edition - 65%
Dans son genre - 95%

82%

Zwoof !

L'oeuvre résume à elle seule le genre d'une génération : le shônen, a trouvé son classique. Ashita no Joe est une oeuvre culte, réellement indispensable à toute bibliothèque manga qui se respecte. Le sens de la mise en scène des auteurs n'a pas vieilli, les excellents personnages non plus !

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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