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Arbos Anima 1
Arbos Anima - Tome 1 Fr

Arbos Anima – Tome 1

Arbos Anima – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Arbos Anima
Dessin : Kachou HASHIMOTO
Scénario : Kachou HASHIMOTO
Traduction : Karin RUPP-STANKO
Prix : 6.9 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 07/07/2016

XIXe siècle, au Sud-Est de l’Asie. Noah, chasseur de plantes, possède le don rare de se synchroniser avec la mémoire des végétaux. Accompagné de son garde de corps Rudyard, ex-pirate, il sillonne les continents à la recherche de plantes les plus rares… Mais à cette époque, les marchands cupides et les collectionneurs prêts à tout pour ajouter une nouvelle pièce à leur serre affluent de l’Occident et déciment la flore locale…

Après avoir publié le premier essai solo de Kachou HASHIMOTO, le très convaincant Cagaster (série terminée en 6 tomes pour laquelle la mangaka n’est pas passée par les rouages classiques de l’édition), Glénat revient à la charge en publiant une série qu’elle prépublication actuellement dans le Comic Ryu, un magazine de Tokuma Shoten.

Force est de constater qu’éditeur ou non, l’auteure fait toujours un excellent boulot. Sa blessure au poignet qui l’avait forcée à rentrer plus tôt au Japon alors qu’elle était invitée à Japan Expo en 2014 n’est donc plus qu’un lointain souvenir ; son trait n’a fait que s’améliorer.

HASHIMOTO aime les thèmes universels et après le « vivre ensemble » de Cagaster, elle se lance dans la protection des plantes avec Arbos Anima. Bon, ce n’est pas non plus un manifeste activiste mais on sent quand même que l’auteure cherche à faire passer un message écologique fort.

Noah, le héros, possède un lien très particulier avec les plantes puisqu’il a été enfermé avec elles jusqu’au début de son adolescence. Même s’il les traquent, il le fait de manière respectueuse et rejette toute forme de violence envers les végétaux. Il s’attriste d’ailleurs de voir l’état des orchidées de Sunil, un marchand qui ne pense qu’au profit et pas vraiment au bien-être de ce qu’il vend.

Ce protagoniste, même s’il possède une capacité spéciale et surnaturelle (il peut lire la « mémoire des plantes » et récupérer de nombreuses informations de cette façon), est faible et assez chétif. La faute à son enfermement ? Sûrement mais le fait est qu’il ne peut pas se défendre tout seul.
C’est là qu’interviennent Rudyard et Ève qui sont les deux cautions « combat » de la série. Le premier va servir de garde du corps de luxe (il est très fort et super débrouillard) à Noah et la seconde viendra croiser sa route alors qu’elle est à la recherche de celui qui a brûlé sa forêt (on retrouve la petite touche écolo une fois de plus).

Déjà dans Cagaster, HASHIMOTO savait parfaitement gérer le rythme de ses chapitres (mais aussi de ses tomes) et elle n’a rien perdu de ce talent. Il y a, dans les oeuvres de cette auteure, un style très particulier qui mélange savamment l’action et la narration. La cerise sur le gâteau, c’est qu’elle parvient à le faire sans avoir à trop charger ses planches de texte, il y a un véritable savoir-faire visible dans l’écriture.

Si l’on s’attarde un peu sur ce nouvel univers mis en place par la mangaka, on se rend rapidement compte que l’on est en terrain semi-connu. Noah et ses compagnons évoluent dans une Europe de la révolution industrielle qui fonctionne beaucoup avec les exportations de produits exotiques. Les plantes venues de contrées lointaines faisaient fureur chez les familles aristocratiques de l’époque.

Le développement reste encore limité mais on sent quand même que l’auteure a fait pas mal de recherches, en particulier en ce qui concerne les costumes qui rendent plutôt bien et viennent rappeler au lecteur dans quelle époque il se trouve avec style ; il faut avouer qu’ils s’habillent très classe quand même.

Le dessin est juste sublime. Il semblerait que Kachou HASHIMOTO sache tout faire ! Elle propose aussi bien des planches humoristiques avec une pointe de SD que des combats avec des expressions faciales ultra-réalistes, le tout dans des cases où l’absence de décors n’est pas forcément un point négatif. Avec son utilisation roublarde des trames, on ne ressent jamais cet effet de vide que l’on retrouve souvent dans les shôjo (par exemple).

Niveau édition, rien à redire sur la traduction qui reste fluide et efficace du début à la fin, avec des tournures intelligentes sur certaines bulles qui, on le voit assez facilement, ont du poser un petit challenge à la traductrice.
Par contre, le livre souffre des éternels soucis de souplesse des dernières productions Glénat : ouvrage pliable très facilement, papier légèrement transparent et trop léger. C’est vraiment dommage quand on voit le joli travail effectué sur la couverture et les pages en couleur sur papier glacé du plus bel effet.

Au final, les fans de sa précédente série ne devraient pas être déçus tant on reconnaît la patte d’une mangaka qui a su inventer un nouvel univers aux possibilités étonnantes et de nouveaux personnages toujours aussi attachants.
En tout cas, ce premier tome d’Arbos Anima pose correctement les bases d’une série sur fond d’écologie qui ne laisse augurer que du bon.

L'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs !

Graphisme - 75%
Histoire - 72%
Mise en scène - 74%
Originalité - 78%
Edition - 44%
Dans son genre - 86%

72%

Herbivore

Avec Arbos Anima, HASHIMOTO signe un retour attendu mais surtout un retour gagnant. La mangaka nous livre un premier volume intrigant avec juste ce qu'il faut pour qu'on puisse s'attacher aux personnages et découvrir un univers qui ne nous est pas forcément inconnu.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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