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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Après la Pluie 1

Après la pluie – Tome 1

Après la pluie – Tome 1 Éditeur : Kana
Titre original : Koi wa Amaagari no You ni
Dessin : Jun MAYUZUKI
Scénario : Jun MAYUZUKI
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 7.45 €
Nombre de pages : 160
Date de parution : 07/04/2017

Akira, 18 ans, travaille après ses cours dans un Family Restaurant. Elle est secrètement amoureuse du gérant, Masami Kondo, un homme de 45 ans, divorcé, ayant un enfant. Il n’est ni beau ni charismatique, juste un homme ordinaire, un peu fatigué, désillusionné, conscient de sa situation et de son âge qui avance. Face à la poésie du sentiment amoureux qu’éprouve Akira, Masami va prendre conscience de l’importance de vivre ses passions.

Alors qu’une adaptation animée vient d’être annoncéeKana propose le manga Après la pluie, un titre de Jun MAYUZUKI qui vient grossir les rangs du catalogue d’un éditeur qui a le chic pour proposer des titres qui savent surprendre les lecteurs par une qualité particulière. Ici, c’est la façon d’aborder la romance qui va apporter un vent de fraîcheur qui fait beaucoup de bien.

Première chose importante à mentionner, Après la pluie n’est pas un shôjo. La cassure est graphique (on vous en parle un peu plus loin mais aussi narrative).
Tout d’abord, Akira, ce n’est pas votre héroïne de shôjo traditionnelle. Ce n’est pas une fille pétillante qui tombe amoureuse d’un beau garçon populaire. Cette jeune lycéenne (probablement en dernière année puisqu’elle a déjà dix-huit ans quand l’histoire débute) a découvert un peu violemment les désillusions de la vie (un accident lui a coûté sa passion). Elle ne cherche pas la popularité ou à appartenir à un groupe. Elle a ses idées personnelles et elle fait en sorte de ne pas les trahir.

C’est la même chose pour son « idéal » masculin. Loin des canons de la beauté recherchés par les jeunes de son âge, elle semble plus terre à terre et même sans chercher, elle a succombé au charme de son patron (qui a un peu moins de trente ans de plus qu’elle). Ce n’est pas son physique qui a asséné le coup fatal mais plutôt sa façon d’être et ses petites attentions envers ses employés et les clients.

Petit soucis pour Akira, elle n’est pas très expressive ou du moins, elle n’est pas très douée quand il s’agit d’exprimer ses sentiments. Alors qu’elle veut montrer à son boss qu’il a pris la bonne décision, elle va se mettre en colère, quand les serveuses vont le critiquer dans son dos, elle va les réprimander. Cependant, tout ça ne fera pas vraiment avancer les choses et elle en tirera une certaine frustration.

Masami, le fameux patron, ne voit rien et a même du mal à interpréter certaines réactions de la jeune fille. Pour lui, divorcé, il n’imagine même pas qu’une jeune fille de dix-huit ans puisse s’intéresser à lui, ça ne lui traverse pas l’esprit. Il apparait comme un personnage un peu gauche mais attachant de par sa façon de gérer son petit restaurant et sa vie de famille qui a volé en éclats. En bon père, il ne néglige pas son enfant et c’est d’ailleurs l’une des caractéristiques qui va taper dans l’oeil d’Akira.

La fin du volume est intense et annonce un changement que l’on attendait pas forcément avant quelques tomes. Jun MAYUZUKI ne perd pas trop de temps en installation et la situation est très rapidement sous contrôle et ne peine aucunement à avancer. Pour une romance, c’est toujours une bonne nouvelle sachant que quand les auteurs tirent trop longtemps la corde, le lecteur se lasse assez vite.

Le style graphique de la mangaka est d’une finesse digne d’un shôjo même si on sent qu’elle ne cherche pas à complètement adhérer à la charte graphique du genre. Ses personnages ne sont pas s’en rappeler Rumiko TAKAHASHI dans le style et certaines expressions faciales et l’utilisation de paillettes et autres trames ne semble pas être dans les cartons de la mangaka.
Ce qui devrait finir de vous convaincre qu’Après la pluie n’est pas un shôjo, c’est le dessin des yeux. Alors que les codes réclament des yeux énormes et toujours brillants, pétillants. Ici, la dessinatrice fait le choix d’un style plus expressif et plus discret (même si certains gros plans sur le regard d’Akira viennent mettre en avant une capacité d’expression époustouflante).

Au niveau du découpage, MAYUZUKI aime les cases larges et n’hésitent pas à proposer des planches dans lesquelles une case prend la moitié de la page alors que l’autre moitié est occupée par 4 ou 5 plus petites vignettes. L’effet de focus est donc maximale sur une scène ou plutôt l’instant de la scène que l’auteure cherche à mettre en valeur.

L’édition est un peu dans la même veine que les derniers titres de chez Kana avec un papier assez fin (vraiment à la limite du transparent pour le coup) et un ouvrage ultra-souple qui n’est pas spécialement agréable en main, surtout compte tenu du nombre de pages plus réduits que d’habitude (le livre n’est pas plus épais qu’un critérium donc à tenir, ce n’est pas super pratique).

Ce n’est peut-être pas un phénomène que l’on retrouve sur chaque ouvrage mais la jaquette est clairement mal pliée, un défaut caractéristique des titres imprimés chez Grafica Veneta comme on vous l’avait déjà dit dans plusieurs autres chroniques. Il n’y a pas que Kana qui souffre de ces mauvaises pliures…

En fait, on aurait peut-être préféré découvrir le titre dans sa version numérique (disponible sur Izneo, comme la plupart des titres du catalogue de l’éditeur) puisque la plupart des défauts auraient été ainsi gommés. La traduction de Thibaud DESBIEF n’a rien à envier au travail qu’il effectue sur ses autres titres. Le vocabulaire et le ton de chaque phrase sont choisis efficacement pour bien faire passer les sentiments et dans un titre comme celui-ci, c’est bien tout ce qui compte. bien

Arc en ciel d'émotions

Graphisme - 72%
Histoire - 73%
Mise en scène - 83%
Originalité - 68%
Edition - 58%
Dans son genre - 86%

73%

Rainbow

Du 7 avril au 7 juillet (date de sortie du tome 2), l'attente va être longue tant la fin du premier tome vous laissera sur votre fin. Après la pluie est un titre tellement bien construit qu'il se lit d'un coup et impossible d'arrêter sa lecture une fois entamée. Avec ses personnages réalistes et son ambiance qui mêle mélancolie et optimisme, il fait assurément partie des meilleurs seinen de ce début d'année.




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A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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