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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Anus Beauté 1

Anus Beauté – Tome 1

Anus Beauté – Tome 1 Éditeur : Kurokawa
Titre original : Kiss my Ass
Dessin : Takeshi OHMI
Scénario : Takeshi OHMI
Traduction : Satoko FUJIMOTO
Prix : 8.9 €
Nombre de pages : 176
Date de parution : 14/04/2016

Mitsuki Yakushiji, 16 ans, a tout pour être heureux. Sauf qu’il traîne avec lui un lourd fardeau : il souffre d’hémorroïdes. Personne n’est au courant, bien sûr, jusqu’à ce qu’une de ses camarades de classe le démasque. Frappée du même mal que lui, Shiori Miura connaît tout de cette maladie et elle est bien décidée à aider Yakushiji à la combattre, même contre son gré?

Un manga traitant des hémorroïdes. Rien que l’idée d’avoir produit un tel titre, et, pour un éditeur comme Kurokawa, de choisir de nous le proposer, est assez singulière.
Mais le label d’Univers Poche n’en est pas resté là, il a poussé le vice jusqu’à renommer son titre Anus Beauté

Anus BeautéTitre qui fait, évidemment, directement référence à celui du film Vénus Beauté (Institut) de Tonie MARSHALL. Délaissant ainsi le déjà très osé Kiss my Ass japonais !
Forcément, avec un titre et un plot pareil, on ne peut qu’être au mieux intrigué, au pire dubitatif.

Très nettement, Takeshi OHMI a choisit de traiter le sujet sur le ton de l’humour et Kurokawa à choisit de l’amplifier. On retrouve ce traitement loufoque un peu partout dans ce manga, du titre au bandeau en passant par certains échanges surréalistes entre les protagonistes.

Il ne semble pas que ce soit pas l’auteur qui souffre de ce mal anal, mais plutôt son éditeur (tantô) qui lui aurait inspiré les douloureuses péripéties de Mitsuki.
Et dans ce cocktail d’humour et d’amour, le mangaka fait preuve d’une redoutable pédagogie en permettant à ses personnages d’expliquer clairement ce qu’est cette maladie, comment et pourquoi elle apparaît, et de quelles façons on peut, si ce n’est la combattre, au moins la rendre supportable. On en apprend beaucoup dans un contexte humoristique très prononcé où le fond n’est pas occulté par la forme.

Par contre, si la première moitié du récit est très didactique, la seconde verse rapidement dans la comédie romantique. Une fois les explications et conseils donnés, le titre reprend une trame beaucoup plus classique, laissant à penser que les prochains volumes seront nettement moins riches en information.

Le trait de Takeshi OHMI est très propre et maîtrisé, rien à redire de ce côté là.
Auteur de titres hentai et ecchi, l’auteur n’a aucun mal à reproduire des arrières-train même si, dans Anus Beauté, le tout reste graphiquement très “chaste”, publication dans le Young King puis dans le Young King Ours de Shonen Gahosha oblige.

La présentation des maux du héros se fait le plus souvent dans une certaine forme de caricature, rendant le dessin ludique, clair, en évitant d’être visuellement rebutant.
Malgré tout, pour une plus grande clarté, le mangaka propose régulièrement des schémas et des plans de coupe limpides, à même de rendre le tout facilement accessible.

L’édition proposée par Kurokawa est particulièrement soignée, la couverture est rehaussée d’un vernis sélectif original représentant la diffusion de la douleur depuis les fesses du personnage, donnant immédiatement le ton du manga.
Le visuel de cette couverture a, d’ailleurs, été changé par rapport à l’édition japonaise. L’illustration choisie par l’éditeur annonce clairement la couleur !

On y retrouve, à l’intérieur, une préface écrite par Marina CARRERE D’ENCAUSSE  (Le Magazine de la SantéAllô Docteurs sur France 5), et les premières pages en couleur.
La traduction des termes et l’adaptation des informations médicales ont fait l’objet d’une vérification par un médecin spécialisé (le docteur François DROUHIN, gastro-entérologue), donnant une certaine légitimité au titre.

La traduction est à l’avenant, propre et véritable drôle, avec des punchlines qui resteront assurément dans les an(n)ales !
Kurokawa a joué le jeu du début à la fin, avec un texte sur le bandeau totalement hallucinant !

Par contre, petit bémol sur le prix. Anus Beauté est proposé à 8,90€, ce qui est assez cher pour un volume de 176 pages, et ce malgré ses pages couleur.

Anus Beauté est un titre tout à fait inattendu, particulièrement chez Kurokawa.
Pour Takeshi OHMI, choisir de réaliser ce titre était déjà original, mais prendre le risque de l’éditer en France, c’est pour le moins assez couillu !
Et il s’avère que le titre fait vraiment très bien le boulot. Il est didactique, clair, nous apprend vraiment des choses, le tout par de biais d’un humour et de situations les plus loufoques possible. Ou comment faire d’un sujet dont on ne parle presque jamais le thème de son récit, sans jamais tomber dans une lourdeur qui serait rédhibitoire.

Un manga traitant des hémorroïdes. Rien que l'idée d'avoir produit un tel titre, et, pour un éditeur comme Kurokawa, de choisir de nous le proposer, est assez singulière. Mais le label d'Univers Poche n'en est pas resté là, il a poussé le vice jusqu'à renommer son titre Anus Beauté... Titre qui fait, évidemment, directement référence à celui du film Vénus Beauté (Institut) de Tonie MARSHALL. Délaissant ainsi le déjà très osé Kiss my Ass japonais ! Forcément, avec un titre et un plot pareil, on ne peut qu'être au mieux intrigué, au pire dubitatif. Très nettement, Takeshi OHMI a choisit de traiter le sujet sur…

Titanoréïne et Daflon pour tou(te)s !

Graphisme - 75%
Histoire - 53%
Mise en scène - 65%
Originalité - 90%
Edition - 80%
Dans son genre - 80%

74%

Prolapsus

Un titre aussi drôle que pédagogique qui traite sérieusement d'un thème, pas simple de prime abord, avec beaucoup d'humour. Anus Beauté ne s'adresse pas qu'à celles et ceux qui souffrent de problèmes hémorroïdaires (et ils semblent nombreux !), mais aussi à tout ceux qui veulent rire un bon coup avec des blagues en dessous de la ceinture.




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

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